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Roméo Dallaire

L’honorable lieutenant général Roméo A. Dallaire, O.C., C.M.M., G.O.Q., C.S.M., C.D., L.O.M. (É. U.) (ret.), B.ès S., LL.D. (hon.), D.Sc.Mil (hon.), D.U., Le lieutenant-général (retraité) et sénateur Roméo Dallaire a reçu l'Ordre du Canada en 2002 en reconnaissance de ses efforts au cours de la Mission des Nations Unies pour le Rwanda. Il a été nommé au Sénat le 24 mars 2005.

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Les banques alimentaires—Interpellation

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Déclaration faite le 10 mai 2012 par le sénateur Wilfred Moore

L'honorable Wilfred P. Moore :

Honorables sénateurs, c'est pour moi un privilège de prendre la parole en cette enceinte au sujet de Banques alimentaires Canada et de la Semaine de sensibilisation à la faim, qui est, bien entendu, célébrée cette semaine. J'aimerais remercier toutes les personnes qui ont participé à cette initiative à l'échelle du pays, y compris à l'autre endroit et au Sénat. J'aimerais également souligner les efforts du sénateur Mockler, qui a prononcé un excellent discours la semaine dernière et qui a soutenu cette cause de façon remarquable. Le jour de jeûne que nous avons observé hier visait à nous donner ne serait-ce qu'une petite idée de ce que vivent bon nombre de nos concitoyens. Honorables sénateurs, il est temps que nous fassions tout notre possible pour que le besoin de recourir aux banques alimentaires diminue au sein de la population canadienne.

Les banques alimentaires ont vu le jour au cours des années 1980 en réponse au problème croissant de la faim qui s'est manifesté pendant cette période de ralentissement économique. La nécessité de créer un organisme de bienfaisance national témoigne de l'ampleur et de la portée du problème qui existait alors et qui s'est amplifié depuis.

Banques alimentaires Canada a fait un travail exemplaire en tentant de nourrir ceux qui ne peuvent acheter de la nourriture. Le travail que les banques alimentaires accomplissent tous les jours au Canada dépend des bénévoles, qui donnent temps et argent pour remplir un mandat qui n'a pas sa raison d'être dans l'un des pays les plus riches de la planète.

Le Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie a mené une étude sur la pauvreté au Canada. Notre Comité des banques a même étudié l'endettement des particuliers au Canada. Ces études nous ont appris qu'il existe un problème croissant et qu'il est possible de l'éviter. Elles nous ont également rappelé que beaucoup de Canadiens se trouvent tout juste à la limite de ne pas avoir les ressources nécessaires pour se nourrir. Le danger très réel de perdre un emploi ou d'éprouver des problèmes de santé peut suffire à dépasser ce point de bascule. Nous avons créé au Canada une situation dans laquelle les moins bien nantis d'entre nous sont contraints de faire des choix brutaux dans leur existence quotidienne. Il manque énormément de logements abordables au Canada. À cause de cela, des gens doivent choisir entre payer le loyer ou payer les factures ou encore acheter de quoi manger. C'est un choix injuste dans un pays aussi riche que le nôtre. Les Canadiens ne devraient pas avoir à choisir d'un jour à l'autre s'ils vont manger, se chauffer ou se loger. Nous savons tous que le problème existe; nous le voyons tous les jours en allant au travail, en écoutant les informations, dans la correspondance que nous recevons dans nos bureaux ou grâce aux organismes de bienfaisance qui organisent des activités pour attirer notre attention sur ce qui se passe dans nos collectivités.

C'est ce que le sénateur Robichaud a souligné, en fait, lorsqu'il a parlé de nécessité de s'attaquer à ces problèmes dans sa province, le Nouveau-Brunswick.

Des études mettent en évidence le fait qu'une alimentation déficiente peut occasionner plusieurs problèmes chez les enfants et les aînés. Commencer une journée à l'école le ventre creux, cela n'est pas favorable au développement du cerveau par l'acquisition de connaissances. Les aînés qui ont travaillé très fort toute leur vie et devraient se résoudre à demander de l'aide, mais sont trop fiers pour s'adresser à une banque alimentaire, méritent un bien meilleur sort.

Sénateurs, 1,1 million d'enfants vivent dans la pauvreté au Canada et ont toujours faim. On estime que, réagissant à ce problème, plus de 3 000 groupes offrent des programmes locaux d'alimentation pour les enfants. Show Kids You Care est l'un de ces groupes. Il s'agit d'une organisation nationale qui offre des petits déjeuners, des collations et des repas de midi dans 150 villes et localités. Elle compte 460 programmes et sert 130 000 enfants chaque semaine. Il est étonnant que pareille organisation existe. Cela montre que des simples citoyens refusent de voir des enfants souffrir de la faim. Ces chiffres sont renversants, et ils sont à la hausse. Le petit déjeuner et le repas du soir ne font pas que nourrir le corps; ils sont aussi un moment privilégié pour la famille. De nos jours, bien des gens travaillent si fort pour arriver à joindre les deux bouts qu'il ne reste plus beaucoup de temps pour la famille. Ces moments passés ensemble au dîner ou au petit déjeuner sont souvent les seuls moments de calme pour que les familles se réunissent.

Il est triste de se dire que 1,1 million d'enfants et leurs parents sont privés de cela au Canada.

Dans ma province, la Nouvelle-Écosse, par exemple, nous avons appris dans le rapport Bilan-Faim de l'an dernier que 22 000 personnes ont fréquenté les banques alimentaires, dont 32 p. 100 étaient des enfants. Que penser de la stigmatisation sociale que ressentent ces adultes et ces enfants qui doivent recourir à cette source pour pouvoir se nourrir?

Sénateurs, le dixième de ceux qui fréquentent les banques alimentaires au Canada sont des membres des Premières nations, des Métis ou des Inuits. C'est une honte nationale. Ce n'est pas digne d'un pays qui prétend s'occuper de ses citoyens.

Banques alimentaires Canada a fourni des statistiques et les a présentées au Parlement et aux Canadiens pour faire savoir à tous que, malgré les efforts des banques alimentaires et de leur légion de bénévoles, le nombre de ceux qui ont besoin d'aide augmente, et qu'il est très difficile de suffire à la tâche.

Nous ne devons pas oublier que les banques alimentaires sont supposées être un moyen provisoire de régler un problème soluble.

Il suffit de considérer les recommandations de Banques alimentaires Canada pour constater que nous, qui formons l'une des sociétés les plus riches de la planète, n'avons plus besoin des banques alimentaires pour nourrir un segment aussi important de notre population. Ces recommandations sont les suivantes : d'abord, augmenter le soutien fédéral et provincial à la création de subventions au logement abordable; deuxièmement, au niveau provincial, concevoir un régime de soutien du revenu de dernier recours pour aider les plus vulnérables à devenir autonomes; troisièmement, augmenter le Supplément de revenu garanti pour faire en sorte qu'aucun aîné ne soit réduit à la pauvreté; quatrièmement, améliorer l'assurance-emploi pour mieux soutenir les travailleurs âgés qui sont mis à pied pour de bon et mieux tenir compte des Canadiens qui sont aux prises avec des formes atypiques de chômage; cinquièmement, accorder la priorité, au niveau fédéral, à la nécessité d'améliorer de façon radicale la situation des travailleurs défavorisés sur le marché du travail; sixièmement, investir dans l'enseignement précoce et la garde d'enfants afin de créer un système qui soit abordable, accessible et de haute qualité; septièmement, au niveau fédéral, maintenir l'augmentation annuelle de 3 p. 100 du Transfert canadien en matière de programmes sociaux aux gouvernements provinciaux.

Honorables sénateurs, Banques alimentaires Canada a accompli un travail admirable dans tout le pays depuis sa création, pendant les années 1980, mais il est temps que nous écoutions ce que cet organisme a à nous dire. Il est temps que nous, législateurs, fassions tout ce que nous pouvons pour atténuer les problèmes qui provoquent ce recours si fréquent aux banques alimentaires. Il se peut que nous ayons toujours besoin d'offrir de l'aide par l'entremise des banques alimentaires, mais nous devons veiller à ce que nos concitoyens aient les moyens de subvenir à leurs propres besoins et à ce que le contexte soit favorable pour le faire.

J'espère que, comme parlementaires, nous surmonterons les divergences de vues entre nos partis, travaillerons ensemble et arriverons à la conclusion que la faim n'est pas un enjeu partisan et qu'il faudra un effort dénué de tout esprit de parti pour parvenir à la vaincre.

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