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Catherine Callbeck

L La sénatrice Catherine S. Callbeck a été la première femme au Canada à être élu premier ministre provincial. Elle a été nommée une des 100 plus puissantes femmes canadiennes en 2006. Nommé au Sénat le 23 septembre 1997, elle représente la province de l’Île-du-Prince-Édouard.

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L'évolution de l'éducation en français au Nouveau-Brunswick—Interpellation

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Déclaration faite le 15 mai 2012 par la sénatrice Rose-Marie Losier-Cool (retraitée)

L'honorable Rose-Marie Losier-Cool :

Honorables sénateurs, vous vous rappelez l'historique que je vous ai présenté en janvier de l'évolution de l'éducation en français au Nouveau-Brunswick. Aujourd'hui, je veux vous parler des défis et, avec fierté, des succès qui caractérisent le milieu de l'éducation francophone dans ma province.

À l'heure actuelle, le secteur francophone de l'éducation primaire et secondaire au Nouveau-Brunswick relève de la moitié francophone du ministère de l'Éducation en vertu de l'article 4 de la Loi sur l'éducation de 1997. Ce secteur francophone couvre cinq des 14 districts scolaires actuels de la province. À compter de l'été 2012, les compressions budgétaires du gouvernement diminueront de moitié le nombre de ces districts, soit trois francophones et quatre anglophones.

Les programmes du secteur francophone du ministère sont élaborés en toute indépendance. Dans chaque district, il existe des conseils d'éducation de district qui sont composés de personnes élues publiquement à l'échelle locale. Chaque conseil est responsable d'établir l'orientation et les priorités du district scolaire et de décider du mode de fonctionnement du district et des écoles dans le district.

Jusqu'en 1999, la scolarité était obligatoire au Nouveau- Brunswick pour tous les jeunes âgés de six à 16 ans. Depuis 1999, pour contrer le décrochage scolaire, la scolarité est désormais obligatoire jusqu'à 18 ans, et je suis fière de vous annoncer que plus de 90 p. 100 des jeunes élèves de ma province poursuivent maintenant leurs études secondaires après l'âge de 16 ans et décrochent leur diplôme. Ce diplôme est un prérequis pour toute éducation postsecondaire, qu'elle soit collégiale ou universitaire.

Pour sa part, le ministère de l'Éducation postsecondaire, Formation et Travail est responsable de la formation professionnelle et de l'éducation postsecondaire au Nouveau- Brunswick : ce ministère chapeaute donc les 11 campus du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick, dont cinq francophones, et les trois campus de la seule francophone des huit universités de ma province, l'Université de Moncton. Ce ministère est aussi responsable de deux collèges techniques spécialisés et non communautaires, dont un en foresterie qui dispose d'un campus francophone à Bathurst.

Au Nouveau-Brunswick, 42,8 p. 100 des habitants parlent français, et le français est la langue maternelle de 31 p. 100 des Néo-Brunswickois. La majorité de la population habite dans le sud, où vivent surtout des anglophones. Les francophones vivent à 54 p. 100 dans le nord et le nord-est de la province, 33 p. 100 dans le sud- est, et 13 p. 100 dans le reste du Nouveau-Brunswick.

À cause du vieillissement de la population, le nombre d'étudiants a diminué de 14 p. 100 de 2001 à 2009. Au défi démographique s'ajoute un autre défi, de nature géographique. Le nord de la province, surtout francophone, y compris mon coin de pays, la péninsule acadienne, se dépeuple progressivement au profit des trois grandes villes du sud et du sud-est que sont l'agglomération Moncton-Dieppe, la capitale, Fredericton, et Saint-Jean.

La combinaison de ces deux défis crée une situation intrigante : il commence à y avoir trop d'écoles qui se vident dans le nord, et il commence à manquer d'écoles francophones dans le sud. C'est ainsi que le district scolaire francophone de la péninsule acadienne étudié la fermeture d'écoles qui ne sont plus assez fréquentées, alors que, dans le sud de la province, il manque de place dans les écoles.

Une combinaison des défis que sont le vieillissement, la migration et l'assimilation linguistique est sûrement à l'origine de la baisse des inscriptions des élèves francophones dans les écoles francophones. De 2000 à 2007, cette diminution a été de 16 p. 100 dans les classes primaires et secondaires régulières.

La baisse du nombre d'élèves au primaire et au secondaire et la migration des francophones vers le sud commencent à se répercuter sur le nombre d'inscriptions à l'université, puisque l'Université de Moncton et ses campus régionaux rapportent cette année encore une baisse des inscriptions.

En parlant des étudiants, n'oublions pas leur endettement croissant, les études universitaires dans ma province coûtant le plus cher au Canada, et la dette des finissants de ma province étant la plus haute du pays. Les étudiants du collège communautaire ne sont pas en reste, alors que leurs frais de scolarité, à compter de cet automne, vont augmenter.

De plus en plus de voix s'élèvent au Nouveau-Brunswick pour débattre de la pertinence d'une infrastructure scolaire, collégiale et universitaire étendue pour notre petite population d'environ 753 000 habitants. C'est ainsi que tant le Collège communautaire que l'Université de Moncton ont entrepris de mieux cibler quels programmes seraient offerts à quels campus, et que le collège et l'université étudient le partage de locaux et de ressources entre leurs campus respectifs là où la chose est possible.

Il est indéniable que le Nouveau-Brunswick vit encore des défis dans le secteur de l'éducation en français, mais il connaît aussi de beaux succès.

Existe-t-il ailleurs au Canada une province ou un territoire qui, comme le Nouveau-Brunswick, inscrit automatiquement l'enseignement obligatoire de l'autre langue officielle pour tous les élèves du réseau scolaire?

Je crois depuis très longtemps que chaque Canadienne et chaque Canadien devraient parler les deux langues officielles de notre pays, afin de s'ouvrir deux fois plus de portes pour son avenir, et de vivre deux fois plus de culture. Si le reste du Canada imitait l'exemple du Nouveau-Brunswick, nous aurions une population ouverte sur le reste du pays et sur le monde.

Les grandes distances qui séparent plusieurs des communautés de ma province ont poussé à une certaine innovation en matière éducative, comme les cours que le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick dispense en ligne aux étudiants inscrits à plusieurs de ses programmes, en bibliothéconomie, bureautique, ou secrétariat médical. Par ailleurs, je me permets de vous rappeler avec fierté le très haut taux de placement professionnel pour les diplômés du CCNB, 87 p. 100 d'entre eux occupant un emploi après leurs études.

Le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick innove à un autre chapitre, soit celui des partenariats internationaux. Depuis plusieurs années — je vous en ai déjà parlé en décembre 2006 —, le CCNB entretient des relations étroites avec plusieurs pays développés et en développement, y compris dans la Francophonie. Ces ententes permettent au CCNB de former des étudiants de ces pays dans certaines disciplines, soit dans leur propre pays, soit au Nouveau-Brunswick. À titre d’exemple, le CCNB a, depuis 2003, conclu un partenariat avec l’Institut supérieur des technologies et du design industriel de Douala, au Cameroun, qui a permis à 455 Camerounais d’être formés par le CCNB chez eux, au Cameroun.

Aux niveaux primaire et secondaire, il est désormais question d'accorder aux conseils scolaires et aux communautés francophones de ma province plus de pouvoirs dans la gestion de nos écoles. Un comité bipartite va proposer des modifications à la Loi sur l'éducation qui respecteraient davantage la Charte canadienne des droits et libertés et la jurisprudence récente en matière d'éducation en milieu minoritaire.

Je termine maintenant sur une note un peu plus personnelle. Je veux vous laisser sur les noms de quelques grands Acadiens et Acadiennes de ma province qui sont le fleuron des élèves issus de notre éducation en français : l'ancien juge à la Cour suprême Michel Bastarache, la chanteuse bien connue Édith Butler, l'artiste multidisciplinaire et ancien lieutenant-gouverneur Herménégilde Chiasson, le nouveau directeur général de l'information de Radio- Canada, Michel Cormier, l'avocat spécialisé en droits linguistiques Michel Doucet, le boxeur Yvon Durelle, l'ancien gouverneur général, le très honorable Roméo LeBlanc, le tout premier gagnant de Star Académie, Wilfred LeBouthillier, le PDG d'Assomption Vie, Denis Losier, l'auteure de réputation internationale et seule Prix Goncourt Antonine Maillet, mon ancien premier ministre provincial et notre ancien collègue au Sénat, l'honorable Louis-J. Robichaud, et, pour ne pas l'oublier, un réputé chanteur, le beau et séduisant Roch Voisine.

Il est toujours risqué de nommer des gens. J'espère être pardonnée si j'en ai oublié.

L'honorable Hugh Segal : Honorables sénateurs, je soumets respectueusement à l'honorable sénateur Losier-Cool le nom de Donald Savoie, le grand écrivain sur l'administration publique du Canada et grand chef académique à l'Université de Moncton. Je soulève ce point, car je suis certain qu'elle ne veut pas l'oublier.

Le sénateur Losier-Cool : Je remercie le sénateur Segal de soulever ce point. Je sais que Donald Savoie me l'aurait reproché!

Sachez que notre Acadie du Nouveau-Brunswick et son réseau d'éducation en français ont produit et continuent de produire de nombreux beaux succès. Je prendrai ma retraite du Sénat prochainement. Au cours des 17 années que j'ai passées ici, dans cette auguste Chambre parmi vous, j'ai toujours accordé beaucoup d'importance au dossier de l'éducation en français en milieu minoritaire. J'espère que d'autres représentants de l'Acadie du Nouveau-Brunswick poursuivront mes efforts après mon départ. De mon côté, je n'ai pas le choix, je continuerai de me battre pour ce dossier, comme simple citoyenne.

En conclusion, honorables sénateurs, je souhaite longue vie à l'éducation en français dans ma province. Longue vie à notre Acadie dont je suis si fière. Je vous le dis et je vous le chante : « Viens voir l'Acadie! L'Acadie du Canada! »

Déclarations récentes des sénateurs libéraux

Projet de loi sur le contrôle par les premières nations de leurs systèmes d'éducation

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L'écart entre les riches et les pauvres

10 avr., 2014 | Par le sénateur Céline Hervieux-Payette | Qu'entend faire le gouvernement pour tirer les enseignements de la crise financière, réduire les inégalités de la richesse et s'inspirer d'autres juridictions qui ont commencé à mettre la pédale douce sur des rémunérations qui n'ont rien à voir avec la productivité des gens qui reçoivent le salaire moyen d'un Canadien en une demi-journée?

La transmission télévisée des travaux du Sénat

10 avr., 2014 | Par le sénateur Grant Mitchell | Quelle est l'opinion du leader à ce sujet?

Un régime national d'assurance-médicaments

10 avr., 2014 | Par le sénateur Art Eggleton | Cette recommandation a reçu l'appui unanime du Sénat; j'en déduis donc, sénateur, que vous serez tout à fait disposé à la faire valoir auprès du gouvernement.

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10 avr., 2014 | Par le sénateur James Cowan | Ma question est donc la suivante : le gouvernement fera-t-il du programme national d'assurance-médicaments une priorité?
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