Déclaration faite le 28 juin 2012 par la sénatrice Maria Chaput
L'honorable Maria Chaput :
Honorables sénateurs, ma question s'adresse au leader du gouvernement au Sénat.
Le 12 juin 2012, j'ai posé une question au sujet de la Maison-Riel à Winnipeg, lieu historique métis étroitement associé à l'histoire de Louis Riel, et sur l'abolition des services d'interprétation personnalisés par Parcs Canada. Madame le leader m'a alors répondu que le lieu historique national de la Maison-Riel ne fermait pas, mais passait plutôt à l'interprétation au moyen de nouvelles technologies.
Pour une communauté minoritaire, qu'elle soit métisse ou francophone, perdre des services en français a un impact beaucoup plus grand que cela ne l'aurait sur la majorité. C'est très sérieux pour ces minorités de perdre un service d'interprètes accueillant et pouvant s'exprimer en tout temps dans les deux langues officielles du Canada. Le caractère historique de cette maison amplifie les impacts négatifs de cette décision, car c'est la maisonnette en rondins où Louis Riel est né, le 22 octobre 1844.
C'est dans cette maison qu'à l'âge de cinq ans, Louis Riel a été initié à la politique à cause des actions de son père. C'est dans cette maison qu'a vu le jour en 1868 le Comité national des Métis. Louis Riel a été chef provisoire du Manitoba pendant des mois avec le consentement explicite du vice-premier ministre du Canada. Grâce aux efforts de Louis Riel, le gouvernement fédéral a finalement concédé, en mars 1870, un statut provincial au Manitoba, avec le principe de la séparation des écoles et la mise à part de terres pour les Métis. L'Acte du Manitoba est entré officiellement en vigueur le 15 juillet 1870. Pour nous, Louis Riel est le fondateur de notre province, le Manitoba.
Ma question est la suivante : est-ce trop demander que de s'attendre à ce que Parcs Canada continue d'appuyer financièrement le seul lieu historique national qui offre sur place, durant l'été, à Winnipeg, des services d'interprétation en personne par l'entremise d'étudiants et ce, dans nos deux langues officielles?
Est-ce trop demander à Parcs Canada de reconnaître les particularités de ce lieu historique métis unique à l'histoire métisse et manitobaine?
Est-ce trop demander que Parcs Canada revienne sur sa décision, qu'il ne traite plus ce site comme les autres sites, et qu'il reconnaisse son caractère unique dans notre histoire?
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