Déclaration faite le 02 décembre 2008 par la sénatrice Catherine Callbeck
L'honorable Catherine S. Callbeck :
Honorables sénateurs, nous avons de graves problèmes de logement au Canada, surtout en ce qui concerne les Canadiens à faible revenu. Toutes les provinces ont du mal à offrir des logements salubres et abordables à ceux qui en ont le plus besoin. Ma province, l'Île-du-Prince-Édouard, ne fait pas exception.
La Société canadienne d'hypothèques et de logement offre des programmes de réparations générales et urgentes, mais leur financement est insuffisant. À l'Île-du-Prince-Édouard, il faut attendre six ou sept ans pour accéder au Programme d'aide à la remise en état des logements propriétaires-occupants, appelé PAREL. Pour profiter du Programme de réparations d'urgence, il faut attendre deux ans.
Imaginez devoir attendre deux ans pour obtenir de l'aide en cas d'urgence. Le toit s'effondre, le chauffage ne marche pas et le système électrique est vieux, défectueux, et il constitue un risque d'incendie. Comment peut-on appeler cela un programme d'urgence s'il faut attendre deux ans pour obtenir de l'aide?
La situation est urgente pour les Canadiens à faible revenu. Cela faisait déjà deux ans que le gouvernement était au pouvoir quand le ministre responsable du logement a rencontré ses homologues provinciaux et territoriaux en avril 2008. Au bout du compte, le communiqué de presse a dit que les ministres :
[...] se sont dits très déçus que le ministre Solberg ne soit pas en mesure de donner de réponse ferme à aucun des problèmes qu'ils ont soulevés.
C'est la dernière fois que le ministre fédéral les a rencontrés.
Pendant la campagne électorale, le ministre sortant a affirmé que les programmes de rénovation de la SCHL seraient renouvelés pour cinq ans. Le gouvernement y a consacré 218 millions de dollars sur cinq ans, ce qui veut dire qu'aucun des programmes ne verra son financement augmenter. Le financement est maintenu à son niveau actuel, ce sera donc du pareil au même pour les Canadiens à faible revenu.
Dans ma province, les gens devront toujours attendre deux ans en cas d'urgence, quand ils ont le plus besoin d'aide. Le gouvernement attendra toujours trois ans avant d'aider les personnes handicapées à vivre confortablement dans leur propre maison. Le gouvernement continuera d'attendre sept ans avant d'apporter les réparations générales qui doivent permettre aux Canadiens à faible revenu de vivre dans un environnement sain et sûr.
Sans fonds supplémentaires, ces délais d'attente ne raccourciront pas. Au contraire, au cours de la période d'incertitude économique que nous traversons, les Canadiens auront besoin du soutien du gouvernement fédéral plus que jamais. Il n'est tout simplement pas acceptable que des Canadiens à faible revenu soient livrés à eux- mêmes, sans l'aide dont ils ont si désespérément besoin.