Déclaration faite le 03 décembre 2008 par la sénatrice Lorna Milne (retraitée)
L'honorable Lorna Milne :
Honorables sénateurs, je suis heureuse de vous rappeler que nous soulignons aujourd'hui la septième Journée internationale des personnes handicapées des Nations Unies. Le thème de cette année est « Dignité et justice pour tous », un thème que les Nations Unies utilisent aussi pour souligner le 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme.
Depuis leur création, les Nations Unies ont reconnu que les droits égaux et inaliénables de tous les membres de la grande famille humaine constituent le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde. Ces principes, ainsi que ceux d'égalité et de non- discrimination, guident le travail des Nations Unies depuis 60 ans. Ils sont inscrits dans divers instruments tels que la Charte des Nations Unies et la Déclaration universelle des droits de l'homme, ainsi que dans des traités comme les Pactes internationaux relatifs aux droits de l'homme ainsi que la Convention sur les droits des personnes handicapées.
Honorables sénateurs, approximativement 10 p. 100 de la population mondiale est atteinte d'un handicap, et il y a un lien étroit entre l'invalidité et la pauvreté. En effet, dans les pays en développement, 80 à 90 p. 100 des personnes handicapées en âge de travailler sont sous-employées. Dans les pays industrialisés, on estime que ce nombre se situe entre 50 et 70 p. 100.
On prive régulièrement ces personnes de leurs droits en matière d'éducation et de santé. D'après l'UNESCO, 90 p. 100 des enfants handicapés dans les pays en développement ne vont pas à l'école.
Les Canadiens handicapés ont de nombreux obstacles à surmonter afin de pouvoir devenir des membres productifs de notre société. Malheureusement, il y a encore des occasions où nos gouvernements eux-mêmes leur mettent des bâtons dans les roues.
Il existe plus de 5 000 organisations associées à la Canadian Abilities Foundation qui ont pour mission d'aider les personnes handicapées à surmonter ces obstacles. Ces organisations, comme Les Amputés de guerre du Canada, la Société canadienne de l'arthrite et la Société canadienne de la sclérose latérale amyotrophique, fournissent aux Canadiens qui sont aux prises avec des difficultés physiques ou mentales l'appui dont ils ont besoin pour mener des vies saines et actives.
En 2006, beaucoup de Canadiens handicapés pensaient que le Parti conservateur leur fournirait une aide supplémentaire quand il a pris l'engagement, par écrit, de présenter un projet de loi pour promouvoir l'accès raisonnable de ces personnes aux soins de santé, à l'équipement médical, à l'éducation, à l'emploi, aux transports et au logement.
Malheureusement, honorables sénateurs, ce projet de loi n'a pas été présenté. Je suis déçue de souligner que cet engagement ne figure pas dans le document distribué pendant la plus récente campagne et intitulé Un Canada fort et libre : Le plan de Stephen Harper pour les Canadiens.
Honorables sénateurs, en ce jour où nous célébrons les droits égaux et inaliénables de tous les membres de la famille humaine, il convient de rappeler au premier ministre que les Canadiens handicapés ne sont peut-être pas les plus forts, mais qu'ils sont parmi les plus courageux. Ces Canadiens méritent la loi que le Parti conservateur leur a promise en 2006.
Il faut reconnaître les difficultés auxquelles sont confrontés les Canadiens handicapés plutôt que de les passer sous silence. J'encourage tous les sénateurs à demander au premier ministre de réexaminer la question et de respecter cette importante promesse qu'il a faite aux Canadiens.