Déclaration faite le 02 décembre 2008 par la sénatrice Lillian Eva Dyck
L'honorable Lillian Eva Dyck :
Honorables sénateurs, aujourd'hui, nous honorons la mémoire d'une belle femme autochtone, Daleen Kay Bosse (Muskego), qui a disparu de Saskatoon, en Saskatchewan, le 18 mai 2004. Daleen était membre de la nation crie d'Onion Lake et allait à l'université de la Saskatchewan. Elle faisait des études pour devenir enseignante au moment de sa disparition.
Après sa disparition, ses parents, Herb et Pauline Muskego, ont organisé la Marche pour les sœurs disparues en l'honneur de leur fille disparue.
Cet été, j'ai assisté à la quatrième et dernière Marche pour les sœurs disparues d'Onion Lake pour sensibiliser les gens à la disparition de Daleen et pour attirer l'attention sur les 500 cas et plus non résolus de femmes autochtones disparues ou assassinées au Canada.
La Marche pour les sœurs disparues a aidé Herb et Pauline Muskego à surmonter la douleur causée par la perte de leur fille Daleen. Malheureusement, en août 2008, ses restes ont été trouvés à 10 milles au nord de Saskatoon, près de Martensville, en Saskatchewan. L'auteur du crime a été accusé de meurtre au premier degré et d'outrage contre un cadavre humain.
Au Canada, les femmes des Premières nations sont fortement surreprésentées dans les cas de femmes portées disparues. À l'heure actuelle, on compte plus de 500 cas non résolus en attente d'enquête et de règlement. Ces cas de disparition de femmes requièrent une intervention immédiate et la coopération des corps de police et des forces publiques du Canada pour les résoudre et empêcher la disparition et le décès de femmes autochtones.
Honorables sénateurs, les Canadiens doivent savoir que plus de 500 cas de disparition de femmes des Premières nations n'ont pas encore été résolus. Les gouvernements et les autorités du Canada doivent mettre en place des protocoles et des mécanismes efficaces pour protéger les femmes autochtones de la violence motivée par le racisme et le sexisme, à défaut de quoi d'autres femmes autochtones seront portées disparues.
Pendant des décennies, on n'a pas suffisamment réagi lorsque des filles autochtones étaient portées disparues au Canada. La mentalité qui dit que « c'est juste une Indienne » doit changer. Les femmes autochtones ne sont ni des produits de consommation ni des détritus. Nous sommes des êtres humains, qui donnent la vie et qui méritent respect et dignité.
Honorables sénateurs, nous devons accorder de la valeur à nos femmes, à nos grands-mères, à nos sœurs et à nos mères. Nous le devons à Daleen, à nos filles et à nos petites-filles.