Déclaration faite le 06 mars 2008 par la sénatrice Lillian Eva Dyck
L'honorable Lillian Eva Dyck :
Honorables sénateurs, le 8 mars est la Journée internationale de la femme. J'attire votre attention sur le fait que la formation et l'embauche d'un plus grand nombre de femmes pourraient combler en partie les graves pénuries de personnel dans les métiers spécialisés et les technologies, les sciences physiques et le génie, ainsi que dans les facultés de nos universités canadiennes.
Honorables sénateurs, comme vous le savez, le Canada manque de travailleurs spécialisés, et c'est un problème critique. On estime que, au cours des deux prochaines décennies, 40 p. 100 des nouveaux emplois seront créés dans les métiers spécialisés et les technologies. Les femmes représentaient seulement 3 p. 100 des travailleurs de la construction et 7 p. 100 des gens de métier en 2001. De la même façon, seulement 11 p. 100 des ingénieurs étaient des femmes, et seulement 30 p. 100 des membres du personnel enseignant dans les universités étaient de sexe féminin. Il est clair qu'une participation accrue des femmes dans ces domaines pourrait combler en partie les pénuries actuelles et atténuer la gravité des pénuries que le départ à la retraite de la génération du baby-boom risque de créer.
La Canadian Coalition of Women in Engineering, Science, Trades and Technology, CCWESTT, a établi des partenariats afin d'accroître la formation et l'emploi des femmes dans les métiers et les technologies. Actuellement, CCWESTT met l'accent sur l'élaboration d'outils visant à aider les employeurs dans quatre secteurs à recruter des femmes et à les garder. Ces secteurs sont le pétrole et le gaz, la construction et les métiers, les établissements d'enseignement postsecondaire et la technologie de l'information. Ce sont les secteurs où l'on observe à la fois une grave pénurie de personnel spécialisé et une sous-utilisation marquée des femmes.
Honorables sénateurs, depuis plusieurs années maintenant, les étudiantes sont plus nombreuses que les étudiants dans les programmes de premier cycle dans les universités canadiennes, mais les hommes demeurent beaucoup plus nombreux que les femmes en génie, en informatique et en physique. Les femmes ne sont toutefois pas plus nombreuses que les hommes au sein du personnel enseignant dans les universités canadiennes. En 2001, seulement 30 p. 100 des membres du corps professoral à temps plein étaient des femmes, seulement 10 p. 100 du corps professoral en génie étaient des femmes et seulement 13 p. 100 du corps professoral en mathématiques et en sciences physiques étaient des femmes. On prévoit que les départs à la retraite des professeurs qui font partie de la génération du baby-boom vont créer des pénuries au sein du corps professoral dans un avenir rapproché. Il est évident que le fait d'augmenter la participation des femmes au niveau du doctorat et de s'assurer qu'elles continuent leur carrière dans le corps professoral, particulièrement en génie et en sciences physiques contribuera, à combler les écarts prévus au sein de celui-ci.
Parmi ses projets d'avenir, la Canadian Coalition of Women in Engineering, Science, Trades and Technology entend créer un centre canadien pour les femmes travaillant dans les domaines des sciences, du génie, des métiers et de la technologie. Le centre recueillerait de l'information sur les pratiques exemplaires concernant le recrutement, la rétention et la promotion des femmes dans ces domaines. La coalition, par le biais du projet WinSETT pour les femmes en sciences, génie, métiers et technologie, s'attaque à deux problèmes nationaux d'importance cruciale : premièrement, la pénurie de main-d'œuvre qualifiée dans les secteurs des métiers et de la technologie et deuxièmement, les pénuries prévues de chercheurs et de professeurs d'université qualifiés.