Déclaration faite le 03 mars 2009 par le sénateur Jerahmiel Grafstein (retraité)
L'honorable Jerahmiel S. Grafstein :
Honorables sénateurs, le Groupe interparlementaire Canada-États-Unis a envoyé la semaine dernière à Washington une délégation de tous les partis chargée de défendre activement les intérêts du Canada sur certaines questions précises. Nous avons rencontré 38 gouverneurs, 15 sénateurs et 25 représentants au Congrès, ainsi que leur personnel. Nous avons aussi rencontré des universitaires et des spécialistes des relations entre le Canada et les États-Unis.
Nous avons assisté à l'assemblée annuelle de l'association nationale des gouverneurs, participé à la réunion de la région économique du Nord-Ouest du Pacifique, la PNWER, organisée par le Woodrow Wilson Center's Canada Institute. Enfin, nous nous sommes rendus au Capitole. Nous avons aussi assisté à des réunions organisées par l'ambassade canadienne à Washington, notamment avec l'association pour la protection de l'eau des Grands Lacs.
J'ai dirigé une équipe dans ses efforts de lobbying, et le sénateur Johnson a dirigé l'autre avec habileté. Nous nous sommes concentrés sur cinq éléments : les frontières sans cesse plus étanches et les délais aux passages frontaliers, surtout que cela risque d'avoir une incidence sur la Colombie-Britannique et les Jeux olympiques de l'an prochain; les dispositions protectionnistes d'achat aux États-Unis dans les différents États qui recevront la plus grande partie du financement de l'infrastructure prévu dans le cadre du train de mesures fédéral pour la relance de l'économie; les frictions qui se produisent de nouveau dans le commerce du bois d'oeuvre; les appellations contrôlées de produits agricoles; enfin, des mesures dont on parle peu pour le moment, soit des modifications anticipées à la réglementation qui vont toucher les importantes installations hydroélectriques du Canada et, bien sûr, l'exploitation des sables bitumineux.
Certains d'entre nous ont assisté à des réunions des gouverneurs sur l'infrastructure et à des audiences des comités du Congrès sur l'énergie, les changements climatiques et le secteur financier. Ce fut très instructif parce que cela nous a permis de mieux comprendre la pensée actuelle de Washington.
Honorables sénateurs l'ambiance à Washington en ce qui a trait aux questions économiques était frénétique et enfiévrée, assombrie par la dette du pays qui augmente dangereusement. Celle-ci dépassera les 11 billions de dollars et devrait doubler au cours des prochaines années avec des frais d'intérêts qui s'élèveront à près d'un demi-billion dans un avenir rapproché.
Il fallait absolument faire part des préoccupations du Canada aux décideurs américains. Nous leur avons répété à maintes reprises que le Canada est le plus grand partenaire commercial de 35 États américains et que le bloc commercial Canada-États.-Unis. est le plus gros au monde avec des échanges évalués à près d'un demi-billion de dollars par an.
Nous leur avons rappelé le rôle important du Canada au sein de l'OTAN, notamment que nous faisons nettement plus que notre part en Afghanistan.
Évidemment, la crise économique mondiale monopolise l'attention à Washington. Il nous incombe, en tant que parlementaires canadiens, de faire en sorte que les intérêts du Canada soient pris en compte et respectés, et qu'il ne leur soit pas porté atteinte involontairement ou indirectement alors que les États- Unis tentent de surmonter les terribles problèmes économiques sans précédent auxquels le pays, la population et les marchés sont confrontés.
Le Groupe interparlementaire Canada-États-Unis poursuivra ses efforts au cours des prochaines semaines et des prochains mois grâce à des rencontres plus fréquentes avec nos homologues à Washington.
Je veux remercier tous les membres de la délégation multipartite qui ont travaillé assidument la semaine dernière à Washington afin de faire valoir les intérêts économiques vitaux du Canada, qui sont également des intérêts vitaux pour les États-Unis.