Déclaration faite le 25 mars 2009 par le sénateur Marie-P. Poulin (Charette)
L'honorable Marie-P. Poulin :
Honorables sénateurs, c'est aujourd'hui une bien triste journée pour le secteur de la radiodiffusion publique et pour tous les Canadiens et les Canadiennes, d'un bout à l'autre du pays. En effet, nous avons appris, à 12 h 45, que quelque 800 employés de la Société Radio- Canada/CBC seront mis à pied en raison d'une baisse des revenus publicitaires.
Cette réduction de l'effectif constitue une tache noire sur notre responsabilité d'intendance du radiodiffuseur public depuis la création de la société d'État en 1936. En tant qu'ancienne réalisatrice à CBC/Radio-Canada et ancienne vice-présidente de la société, je me préoccupe de la capacité sans cesse diminuée de la société à exercer son mandat aux termes de la Loi canadienne sur la radiodiffusion. L'une des nombreuses conséquences de cette capacité diminuée est une dépendance accrue aux revenus publicitaires.
Cette diminution, cette dépendance est non seulement une intrusion dans le secteur des radiodiffuseurs privés en leur livrant concurrence pour les revenus publicitaires, mais aussi une violation du principe fondamental qui est à la base même de la radiodiffusion publique dans tous les pays.
Honorables sénateurs, CBC/Radio-Canada mérite un financement constant et stable pour pouvoir remplir ses obligations comme radiodiffuseur public offrant un service public dans les deux langues officielles et dans plusieurs langues autochtones à la radio, à la télévision et sur Internet. Chaque collectivité du pays — qu'on parle de Gaspé, de Dieppe, du Grand Toronto, de Winnipeg ou de Richmond, en Colombie-Britannique — mérite de pouvoir syntoniser les radiodiffuseurs nationaux, dans les deux langues officielles, et d'être vue et entendue.
Honorables sénateurs, en qualité de membres de la Chambre qui effectue un second examen objectif, nous devons prendre position ensemble dans l'intérêt supérieur des Canadiens et de chaque région du pays.