Déclaration faite le 02 avril 2009 par le sénateur Yoine Goldstein (retraité)
L'honorable Yoine Goldstein :
Honorables sénateurs, ce 7 avril manquera le 15e anniversaire du génocide au Rwanda. Normalement, nous aurions le privilège d'avoir avec nous et d'entendre le sénateur Dallaire, qui a été témoin de ce plan diabolique et qui a lutté avec acharnement pour y faire obstacle. Malheureusement, il a eu un accident. Je suis heureux de dire aux sénateurs qu'il se rétablit bien et que j'ai le privilège de prendre la parole à sa place.
J'aimerais prendre un instant pour souligner cet événement tragique, pour rendre hommage aux victimes des souffrances et de la détresse indicibles du génocide en se les remémorant, et pour rappeler ce que nous avons fait et ce que nous pouvons faire de plus pour apprendre tout ce que nous pouvons et de faire tout notre possible pour empêcher que pareil génocide ne survienne de nouveau.
Les sénateurs se rappelleront que, le 7 avril 1994, le matin qui a suivi le jour où l'avion du président du Rwanda, Juvenal Habyarimana, s'est écrasé après avoir été abattu par des tirs de roquettes, les événements se sont mis en branle et, en 100 jours, ont entraîné l'assassinat systématique de près d'un million d'Hutus modérés et de Tutsis.
À la suite du génocide rwandais, le monde s'est uni pour chanter à l'unisson qu'il ne faudrait jamais permettre un nouveau génocide. Les sénateurs savent que ce plaidoyer a été répété à maintes reprises, et que les génocides se sont répétés à maintes reprises.
Le Canada, bien qu'il ne puisse prétendre que son dossier est sans tache, joue à cet égard un rôle de chef de file à l'échelle mondiale. Il a joué un rôle déterminant dans la création de la Cour pénale internationale, qui travaille à mettre fin à l'impunité pour les responsables d'actes de génocide et d'autres crimes contre l'humanité.
On parle aussi de la responsabilité de protéger, selon laquelle un État souverain ne peut se cacher derrière la notion de souveraineté pour tuer ses citoyens, et tous les États ont la responsabilité de protéger les leurs et d'intervenir lorsque d'autres États ne protègent pas leurs propres citoyens.
Si la responsabilité de protéger a remporté l'appui général, c'est en grande partie grâce aux efforts déployés par le Canada, ce dont nous pouvons être fiers à juste titre. La responsabilité de protéger a relevé de nombreux défis, surtout celui du génocide en cours au Darfour, et beaucoup de personnes admirables, y compris certains de mes honorables collègues ainsi que des sénateurs, continuent de travailler pour lui apporter la légitimité et l'appui dont elle a besoin pour obtenir des résultats. Elle devrait être appuyée et défendue activement.
Cela m'amène à mon dernier sujet. Nous commémorons les 15 ans qui se sont écoulés depuis le génocide au Rwanda, mais nous devrions aussi garder à l'esprit que, depuis sept ans, il y a un génocide au Darfour et que la situation va probablement empirer.
Je tiens à dire mon admiration à tous les survivants qui trouvent, je ne sais où, le courage de vivre en quête de paix.