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Fernand Robichaud

L Nommé au Sénat par le Très honorable Jean Chrétien, le sénateur Fernand Robichaud représente le Nouveau-Brunswick et la division sénatoriale Saint-Louis-de-Kent. Sa nomination remonte au 23 septembre 1997.

Discours et débats

Motion tendant à reconnaître le 25 avril comme la Journée mondiale du paludisme

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Déclaration faite le 28 avril 2009 par le sénateur Yoine Goldstein (retraité)

L'honorable Yoine Goldstein :

Honorables sénateurs, je serai assez bref. Mon honorable collègue a déjà mentionné à peu près tout ce qu'il y avait à dire à ce sujet. Je ne veux pas répéter ses propos. Certaines choses méritent cependant d'être soulignées.

L'Organisation mondiale de la santé rapporte que, en 2006, près d'un million de personnes sont décédées des suites du paludisme. On dénombre des centaines de millions de cas de paludisme. Les gens qui sont infectées, quand elles survivent, deviennent léthargiques, souffrent de fièvres, de maux de tête débilitants, de nausées et de vomissements. Les enfants sont les plus vulnérables. Leur petit corps et leur système immunitaire immature ne peuvent les défendre contre cette infection. Nous avons eu à notre disposition récemment les outils nécessaires pour prévenir ces infections. Nous pourrions nous munir bientôt de médicaments à bas prix pour aider ceux qui sont infectés.

Honorables sénateurs, c'est la nuit que les gens se font piquer par les insectes transmettant le paludisme. Des études fiables indiquent que, lorsque les gens dorment sous une moustiquaire traitée à l'insecticide, on peut réduire dans une proportion de 50 à 95 p. 100 la transmission du paludisme, selon la région et selon qu'on respecte les règles d'utilisation de la moustiquaire. Dans la perspective de la prévention, la solution est simple : en fournissant des moustiquaires à 6 $ chacune, le prix d'une consommation, on arrivera à sauver des vies.

Pour ce qui est du traitement, comme l'a dit le sénateur Jaffer, un partenariat a été formé à l'échelle mondiale pour faciliter l'accès aux thérapies combinées à base d'artémisinine, qui coûtent très cher. Les efforts louables issus de ce partenariat pour aider les gens à obtenir des médicaments pouvant leur sauver la vie méritent d'être soulignés. Pourtant, on arriverait à sauver davantage de vies si les médicaments coûtaient moins cher. Comme je l'ai expliqué la semaine dernière, le projet de loi S-232 a exactement pour but d'améliorer l'accessibilité. Il s'agit d'établir une réglementation ayant pour effet de réduire sensiblement l'obstacle du prix, qui nuit aux efforts pour fournir des médicaments vitaux à ceux dont les vies sont en danger.

Parmi les effets du paludisme, la mort est certainement celui qui retient le plus l'attention, et c'est compréhensible. Toutefois, il ne faut pas oublier les conséquences de la maladie pour ceux qui ont la chance de survivre. Les fortes fièvres, les maux de tête aigus, la nausée constante, les vomissements et l'état léthargique dont souffrent les personnes atteintes de paludisme les empêchent de participer activement à la vie dans leur famille, dans leur milieu et au travail. Les travailleurs ne peuvent pas travailler. Les enfants ne peuvent pas étudier. Les parents ne peuvent pas s'occuper de leur famille.

De solides éléments de preuve établissent que la réduction de l'incidence du paludisme constituerait un stimulant économique et permettrait de tirer de la pauvreté les pays frappés par cette maladie.

L'économiste de renom qui enseigne aussi à l'Université Columbia, M. Jeffrey Sachs, aujourd'hui bien connu du grand public, a étudié les répercussions économiques du paludisme. Il est arrivé à la conclusion que les pertes directes résultant de la maladie, du traitement et des décès prématurés s'élèvent à plus de 12 millions de dollars chaque année en Afrique seulement. L'effet sur la croissance économique est beaucoup plus vaste. Un pour cent du produit national brut de la planète, qui représente un peu plus de 100 milliards de dollar sur une décennie, est le prix du paludisme jusqu'à maintenant. Il est clair que, dans le cas du paludisme, investir pour sauver des vies constitue également un investissement de taille dans le développement économique et social des collectivités des pays frappés par cette maladie.

Les moustiquaires de lit sauvent la vie des enfants et leur permettent de faire des études. Les moustiquaires de lit sauvent la vie des parents et leur permettent de s'occuper de leurs enfants. Ils sauvent les travailleurs et leur permettent de travailler davantage et plus souvent.

Par conséquent, les ressources utiles des gouvernements locaux sont épargnées puisque ces gouvernements n'ont plus à payer les médicaments pour traiter le paludisme. Ces économies se traduisent par le financement d'autres priorités gouvernementales comme le développement des infrastructures, les programmes d'éducation et les autres soins de santé.

Honorables sénateurs, cette année, le Plan d'action mondial contre le paludisme a vu le jour. Les objectifs, les stratégies et les activités font maintenant l'objet d'un large consensus. Tous les partenaires dans la lutte contre le paludisme ont un cadre d'orientation pour assurer l'efficacité de leur collaboration et coordonner leur travail afin de maximiser leurs résultats.

Cette initiative peut mettre fin aux souffrances inutiles causées par le paludisme tout en aidant les Africains à se sortir de la pauvreté.

Le 25 avril 2009 était la Journée mondiale contre le paludisme. Si nous travaillons ensemble, nous pouvons aider les gens dans le besoin et éradiquer cette maladie. Faisons en sorte que le Canada fasse partie du groupe de pays qui apportent la solution. Nous élaborons des politiques et, à ce titre, honorables sénateurs, nous devons nous attaquer à différentes questions avec des ressources limitées. La lutte contre le paludisme ne reçoit pas toute l'attention qu'elle mérite. Compte tenu de toutes les souffrances que cause cette maladie, de la gravité de ses répercussions économiques et du coût infime ainsi que des grands avantages du traitement, les sénateurs reconnaîtront tous que nous devons consacrer davantage de ressources à cette cause. Nous devons faire en sorte que le 25 avril, qui est la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, devienne une métaphore de la manière dont nous devrions aider nos frères humains.

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