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George Furey

L Un éducateur et avocat qui est très engagé dans sa communauté, le sénateur George Furey est l'un des citoyens les plus en vue de Terre-Neuve et du Labrador. Nommé au Sénat par le Très honorable Jean Chrétien, il représente Terre-Neuve-et-Labrador.

Discours et débats

L'eau embouteillée dans les édifices fédéraux

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Déclaration faite le 05 mai 2009 par le sénateur Grant Mitchell

L'honorable Grant Mitchell:

Honorables sénateurs, j'attire l'attention des sénateurs sur une initiative environnementale qui serait relativement facile à mettre en œuvre et qui ferait épargner une somme d'argent substantielle au gouvernement fédéral et, par le fait même, aux contribuables.

Cette initiative n'aura pas d'effets environnementaux spectaculaires, mais elle aura des effets sensibles. À part cet avantage environnemental, elle permettra au gouvernement fédéral de faire preuve de leadership en montrant aux Canadiens que chacun de nous peut faire beaucoup de choses qui ne modifieront pas sensiblement son mode de vie, comme on le dit trop souvent. En fait, nous pouvons encourager les Canadiens à faire de petites choses qui, multipliées sur une grande échelle, peuvent collectivement influencer notre environnement, les changements climatiques, la politique et les problèmes de notre pays.

Le gouvernement n'a pas fait preuve d'un grand leadership sur le plan environnemental. En réalité, il a juste démontré qu'il manque de détermination et d'enthousiasme. On a l'impression que les idées et les objectifs ne sont annoncés que pour susciter le sentiment, parmi les Canadiens, que le gouvernement se soucie de la situation et qu'il est disposé à agir. Nous avons eu trois ministres de l'Environnement en trois ans. De toute évidence, un tel roulement aurait mis fin au leadership que n'importe lequel d'entre eux aurait pu manifester, mais qu'il ou elle a clairement été incapable de montrer. Le gouvernement est passé par au moins trois étapes différentes, sinon quatre, d'annonces environnementales. J'ai failli dire politiques environnementales, mais je ne peux pas honnêtement le faire, même si les trois ministres ont réussi à saper toutes les initiatives de lutte contre les changements climatiques du gouvernement libéral précédent. C'est probablement leur seul politique concrète.

Le gouvernement a bien déposé au Parlement un projet de loi sur la qualité de l'air, mais les cibles qu'il établissait pour 2050 n'étaient pas du tout fondées sur des données scientifiques pouvant aboutir à des conclusions réelles sur ce qu'il convient de faire pour réduire les émissions de carbone au Canada et dans le monde. Le gouvernement a ensuite essayé d'établir une plus forte présence dans le domaine de la lutte contre les changements climatiques en publiant son rapport Prendre le virage. Toutefois, au cours de l'année qui s'est écoulée depuis, il ne semble avoir absolument rien fait à part définir — ni clairement ni rigoureusement — des cibles pour 2020. Ces cibles, basées sur des réductions par rapport au niveau des émissions de 2006, sont encore une fois sans rapport avec les données scientifiques concernant les réductions nécessaires des émissions.

Plus récemment, le gouvernement a annoncé une initiative de plafond et d'échange d'émissions applicable aux centrales au charbon du Canada. Il semble curieux de s'intéresser à un secteur particulier alors que de nombreuses industries sont en cause. Compte tenu des maigres réalisations du gouvernement, je crois que la plupart des Canadiens ne croient pas vraiment que des mesures concrètes seront prises. Il me semble que les Canadiens se rendront compte que ce système de plafond et d'échange n'est rien d'autre qu'un exercice de relations publiques destiné à empêcher les gens de penser ou de conclure que le gouvernement fédéral conservateur ne veut rien faire du tout pour combattre les changements climatiques.

L'initiative que je propose dans le cadre de cette interpellation concerne l'eau en bouteilles de plastique. Cette initiative environnementale peut sembler mineure. J'aimerais que l'eau embouteillée cesse d'être consommée partout au Canada, sauf aux endroits qui manquent clairement d'eau potable. Aux fins de ce débat, j'exclus les opérations militaires menées à des endroits — comme Afghanistan, par exemple — où l'eau embouteillée est mise à la disposition du personnel militaire afin de prévenir la déshydratation.

La consommation généralisée d'eau embouteillée engendre des problèmes environnementaux importants, que certains qualifient même de profonds. Je voudrais présenter aux honorables sénateurs quelques statistiques sur les répercussions environnementales des bouteilles en plastique contenant l'eau que boivent beaucoup de Canadiens.

Nous consommons au Canada un milliard de bouteilles d'eau chaque année. Or il faut trois litres d'eau pour produire une seule bouteille de plastique pouvant contenir en moyenne un litre d'eau.

L'énergie dépensée pour produire ces bouteilles est vraiment surprenante. La quantité de pétrole nécessaire pour faire une bouteille est égale à un tiers de sa contenance. Cette consommation d'énergie est aggravée par le fait que l'eau n'est pas acheminée au moyen de canalisations déjà enfouies dans le sol, qui ne nécessitent pas beaucoup d'énergie pour remplir leur fonction. Non, cette eau est livrée par des camions qui ne font qu'augmenter les émissions de carbone.

En additionnant tout cela, on se rend compte que la production du milliard de bouteilles de plastique nécessaires à la consommation d'eau des Canadiens impose d'utiliser 1,5 million de barils de pétrole par an. C'est à peu près la production quotidienne, c'est-à-dire un trois cent soixante-cinquième de la production annuelle totale, provenant de nos sables bitumineux. On peut également dire que 1,5 million de barils de pétrole représentent l'équivalent de la consommation de pétrole de tout le Canada en une demi-journée. L'énergie annuelle nécessaire à la production des bouteilles est donc égale à la moitié du pétrole utilisé au Canada dans une seule journée. Elle est donc loin d'être négligeable.

Ces chiffres prennent encore plus de relief si on considère notre objectif de Kyoto : si nous devons réduire nos émissions de carbone de 250 millions de tonnes par an, la production des bouteilles de plastique représente 5 p. 100 de cet objectif. Il suffirait donc de trouver 20 autres initiatives comme celle-ci pour nous permettre d'atteindre nos objectifs de Kyoto. Pensez-y, honorables sénateurs. Les détracteurs de Kyoto croient qu'il est impossible d'atteindre des objectifs appréciables de lutte contre les changements climatiques et que, même si c'était possible, cela entraînerait la ruine de notre économie. Mais ce n'est pas le cas. Le défi consiste à amener les Canadiens à faire preuve de ce genre de créativité, d'engagement et d'enthousiasme, qui leur ont permis d'avoir tant de réalisations dans le passé et qui peuvent leur permettre aujourd'hui de réduire de façon sensible les émissions de carbone beaucoup plus facilement et beaucoup plus rapidement que les gens ne l'imaginent.

Il y a ceux qui affirment que le recyclage atténue considérablement l'impact de ces bouteilles de plastique sur la consommation d'énergie et sur l'environnement. Encore une fois, ce n'est pas le cas. Entre 40 et 80 p. 100 — le chiffre exact est difficile à déterminer — des bouteilles produites et utilisées ne sont pas recyclées. Cela représente environ 800 millions de bouteilles par an — puisque les Canadiens en consomment un milliard — qui vont dans les décharges. Je ne connais pas beaucoup d'endroits au Canada qui aient suffisamment d'espace pour des décharges. De toute façon, il serait peu sage de vouloir en créer davantage. La consommation d'eau en bouteilles de plastique met particulièrement en évidence le gaspillage d'énergie.

Même si nous pouvions recycler toutes ces bouteilles, leur production est 2 000 fois plus énergivore que l'eau du robinet. L'eau des systèmes publics du Canada compte parmi les eaux les plus sûres de la planète. Il n'y a absolument aucune raison de remplacer l'eau du robinet par de l'eau embouteillée, que ce soit du point de vue de l'environnement, du pétrole, de l'énergie, du recyclage et de la santé.

Certains croient que l'eau en bouteille est meilleure pour la santé. Peu de gens savent que l'eau municipale peut être testée jusqu'à 13 000 fois par jour. Elle est testée continuellement.

Par opposition, l'eau en bouteille n'est bien souvent pas testée du tout. Les entreprises ne sont tenues que de respecter les programmes de tests volontaires. Depuis 2008, seulement 6 p. 100 de toutes les usines de mise en bouteille d'eau ont été inspectées par le gouvernement fédéral.

Ceux qui veulent de l'eau pure devraient boire de l'eau du robinet, car c'est la seule dont l'innocuité soit assurée. Il y a évidemment des exceptions à certains endroits, comme à Walkerton, mais de manière générale, l'eau publique du Canada est exceptionnellement pure et n'a rien à envier à l'eau embouteillée. En fait, pour avoir l'esprit tranquille, il faudrait éviter l'eau en bouteille.

Honorables sénateurs, certaines administrations éclairées ont décidé d'agir. Quarante municipalités canadiennes ont déjà imposé des restrictions sur l'eau en bouteille. La Fédération canadienne des municipalités a adopté une résolution exhortant ses 1 775 membres à éliminer progressivement la vente et l'achat d'eau en bouteille.

Fait intéressant, l'Université de Winnipeg — et je salue mes collègues manitobains — est devenue la première université canadienne à interdire la vente d'eau embouteillée sur son campus.

Le premier avantage notable de l'élimination de l'eau en bouteille est l'impact énergétique et environnemental. D'importantes institutions canadiennes font déjà preuve de leadership pour éliminer l'eau embouteillée.

En plus de l'avantage environnemental, qu'est-ce que cela signifierait pour le gouvernement fédéral sur le plan des dépenses? C'est une question très intéressante. Le même gouvernement qui veut priver le Northern Studies Centre de Churchill de 80 000 $ en subventions d'exploitation a versé 15 millions de dollars depuis cinq ans à des ministères fédéraux. Approximativement 2,6 millions de dollars ont été dépensés par le ministère de la Défense nationale. Les chiffres ne précisent pas si cette somme a été dépensée pour l'achat d'eau embouteillée pour les militaires en Afghanistan. Je reconnais que, en Afghanistan, il faut utiliser de l'eau embouteillée. Comme il ne s'agit pas d'une somme très élevée comparativement à la quantité d'eau que j'ai vu les gens boire, j'imagine que c'est probablement une dépense additionnelle. Cependant, même si le coût de l'eau embouteillée achetée pour l'Afghanistan est inclus dans ces 15 millions de dollars, si on le déduit, on se retrouvera quand même face au fait que ce gouvernement intransigeant en matière de dépenses consacre 12,4 millions de dollars sur cinq ans pour acheter de l'eau embouteillée absolument inutile.

On aurait pu croire que l'utilisation d'eau embouteillée susciterait certaines critiques de la part du ministère de l'Environnement. Or, il est intéressant de noter que, au cours des cinq dernières années, ce ministère a lui-même dépensé annuellement entre 110 000 $ et 150 000 $ pour acheter de l'eau embouteillée. Au total, il a dépensé entre 600 000 $ et 650 000 $ pour de l'eau.

Songez un peu au nombre de stations de recherche qu'on aurait pu financer à hauteur de 80 000 $ annuellement. Faites le calcul. S'il fallait établir des priorités, favoriserions-nous le financement de la recherche ou l'achat d'eau embouteillée inutile?

Je signale que le ministère du premier ministre, en l'occurrence le Bureau du Conseil privé, dépense chaque année plus de 30 000 $ pour des contrats de livraison d'eau embouteillée.

<Son Honneur la Présidente intérimaire : C'est à regret que j'informe le sénateur que les 15 minutes dont il disposait sont écoulées. Demande-t-il une prolongation?

Le sénateur Mitchell : Oui, s'il vous plait.

Le sénateur Comeau : Pas plus de cinq minutes.

Le sénateur Mitchell : Je vais donc droit au but.

Les sénateurs se demandent peut-être comment ces dépenses peuvent être si élevées. C'est parce qu'un litre d'eau embouteillée coûte plus cher qu'un litre d'essence. C'est difficile à croire, mais c'est vrai.

La présente interpellation demande au gouvernement fédéral de prendre des mesures environnementales tellement simples que je ne peux pas croire, et je ne veux pas penser, que le gouvernement n'agira pas immédiatement. Le gouvernement pourrait dire aux contribuables qu'il économisera 12,4 millions de dollars par année et qu'il réduira considérablement la pollution, le bilan carbone du Canada et les pressions que subissent actuellement les sites d'enfouissement un peu partout au pays.

Premièrement, nous demandons un examen des données publiées récemment par le gouvernement fédéral lui-même pour déterminer si, aux endroits où des ministères et d'autres organismes fédéraux ont fourni de l'eau embouteillée, on avait aussi accès à l'eau potable des robinets. Je soupçonne que ce sera le cas à 99,999 p. 100 des endroits.

Deuxièmement, nous voulons que les politiques d'approvisionnement de la Cité parlementaire excluent progressivement l'achat d'eau embouteillée pour les endroits où l'eau du robinet peut être consommée. Je serais étonné qu'il y ait un seul endroit dans la Cité parlementaire où il n'y a pas d'eau du robinet propre à la consommation.

Troisièmement, nous devrions améliorer l'accès à l'eau du robinet et aux fontaines publiques aux endroits où cet accès n'est pas suffisant, dans les immeubles fédéraux.

J'exhorte les sénateurs à réfléchir à cette interpellation.

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