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George Furey

L Un éducateur et avocat qui est très engagé dans sa communauté, le sénateur George Furey est l'un des citoyens les plus en vue de Terre-Neuve et du Labrador. Nommé au Sénat par le Très honorable Jean Chrétien, il représente Terre-Neuve-et-Labrador.

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L'honorable Yoine Goldstein

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Déclaration faite le 07 mai 2009 par le sénateur Yoine Goldstein (retraité)

L'honorable Yoine Goldstein :

Honorables sénateurs, amis, collègues, mais surtout amis, le livre de la Bible, Qohelet, dit l'Ecclésiaste, contient une parole chargée de sens pour moi en ce moment : « Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux. » Et voilà que le temps est venu pour moi de prendre congé de cette grande et noble institution et de vous, mes amis, car vous êtes tous mes amis.

Mon départ m'apporte un peu de tristesse, mais surtout beaucoup de joie puisque je sais que, dévoués et merveilleux comme vous l'êtes tous, vous allez poursuivre le travail qui consiste à faire de notre Canada le meilleur pays possible. C'est ce que nous recherchons tous, peu importe de quel côté nous sommes.

Honorables sénateurs, j'ai de nombreuses raisons d'être reconnaissant. Mes parents ont cherché refuge au Canada avant la Seconde Guerre mondiale. Sans ce pays, ils auraient probablement été réduits en fumée, avec mes frères et sœurs et moi, entre 1939 et 1945.

Je suis reconnaissant d'avoir grandi dans ce pays, d'avoir pu profiter de tout ce qu'il a à offrir : une excellente éducation, des possibilités sans bornes de pratiquer le droit, et la liberté de dire, de faire et de penser tout ce que je voulais dire, faire et penser, tant que je ne causais aucun tort à autrui. Si on s'arrête pour y penser, le Canada est l'un des très rares pays sur cette planète qui nous donne ce privilège.

Je suis reconnaissant de l'occasion qui m'a été donnée au cours des dernières années de servir de mon mieux mon pays, par l'intermédiaire de cette institution que je dois maintenant quitter, et de siéger aux côtés des plus grands esprits et des cœurs les plus chaleureux que notre pays ait à offrir.

Et, bien entendu, je suis reconnaissant de partir alors que je suis encore en station verticale.

J'ai beaucoup appris pendant mon séjour ici. Michel-Ange, alors qu'il en était à sa 87e année de vie, a déclaré : « Ancora imparo », j'apprends encore; il convient donc sûrement que je sois aussi encore en train d'apprendre, moi qui en suis à ma 75e année.

J'ai appris, honorables sénateurs, en voyageant et en écoutant vos discours — car j'ai participé assidûment aux travaux de cette assemblée —, que le Canada est un pays magnifique. Lucy Maud Montgomery l'a dit de bien belle façon, mieux que je ne le pourrais, dans Anne, la maison aux pignons verts :

Si je sors et que j'apprends à connaître les arbres et les fleurs, le verger et le ruisseau, je ne pourrai pas m'empêcher de les aimer.

Le Canada n'est pas qu'un beau paysage; c'est un pays qui a une âme, une âme qui transparaît dans la Charte des droits et libertés et son application. Une âme dont témoignent l'assurance-maladie et le bilinguisme qui nous caractérisent. Son âme est évidente dans le ton civil que nous adoptons dans nos discussions et nos débats. Elle est manifeste — et je trouve cela particulièrement frappant — dans le fait qu'au moment de la défaite du camp du OUI au Québec lors du référendum par moins 1 p. 100 des voix en 1995, il n'y a pas eu d'émeutes. Elle est présente dans le filet de sécurité économique offert aux moins fortunés, aussi imparfait soit-il. Cette âme est incarnée aussi dans la volonté et l'intention sincère de tous les partis politiques d'améliorer le Canada, voire d'en faire le meilleur pays possible.

Je vous suis reconnaissant, à vous, collègues et amis, d'avoir fait preuve de patience à l'égard de mon impatience occasionnelle et de m'avoir tant enseigné, chacun d'entre vous, puisque vous avez tous tant à offrir. J'ai été enchanté — tout en me sentant très humble — de voir les positions raisonnées que vous avez adoptées, les causes que vous avez épousées, la sincérité avec laquelle vous avez exécuté votre travail et le don de soi que le travail ici exige parfois et que chacun de vous consent sans hésitation.

Je suis reconnaissant de l'occasion que j'ai eue de travailler dans cette Chambre avec un groupe de parlementaires brillants, humains, sincères et dévoués. Je suis reconnaissant des amis que je me suis faits ici.

Il est de rigueur apparemment pour un sénateur d'exprimer sa vision du projet de réforme du Sénat avant de partir. Je vais vous épargner cette vision et me contenter d'aborder deux aspects de la réforme. Premièrement, que le Sénat soit nommé n'est pas un défaut. Tous nos juges sont nommés, et non élus. Ils occupent leur charge jusqu'à l'âge de 75 ans. Cela vous dit quelque chose? Et nous avons la meilleure magistrature du monde; elle sert même de modèle aux autres pays. Les juges viennent de partout dans le monde pour apprendre à être des juges admirables et indépendants. Un Sénat nommé n'est donc pas en soi une mauvaise chose.

Deuxièmement, avant de demander à la population canadienne de se prononcer sur le type de Sénat qu'elle souhaite, je crois qu'il est essentiel qu'elle comprenne le Sénat que nous avons. Avant de la sonder, nous avons l'obligation de nous assurer qu'elle comprenne les travaux de cette institution, son rôle, son histoire et son importance. Malheureusement, ce n'est pas le cas pour l'instant.

Nous, au Sénat, sommes extrêmement chanceux d'avoir le personnel et les ressources que nous avons : les greffiers, le personnel de la Bibliothèque, les attachés de recherche, les traducteurs, le personnel de sécurité, les éditeurs du hansard, les personnes qui préparent le Quorum pour nous en pleine nuit pour que nous l'ayons tôt le matin, les gens du Bureau et tous ceux qui travaillent ici avec autant d'assiduité et de sincérité afin d'assurer le fonctionnement de cette institution.

Malheureusement, toutes ces personnes restent souvent anonymes; elles n'en sont pas moins importantes, en plus d'être essentielles au fonctionnement de l'institution, et je les remercie chacune non seulement pour leur travail, mais aussi pour l'excellence de leur travail.

J'ai été comblé dans mon propre bureau. Les attachés de recherche que j'avais au départ, Paul Thomas et Marion Laurence, étaient des personnes charmantes, enthousiastes et brillantes. Je puis en dire autant de mes attachés de recherche actuels, Marek Krasula et Étienne Grandmaître-Saint-Pierre. Je les remercie de leur engagement, de leur enthousiasme et de leurs éclairs de génie.

Je tiens à remercier tout particulièrement Kathleen Ippersiel, mon adjointe exécutive. Elle est très organisée, ce que je ne suis pas, elle est dévouée, efficace, créative et très tolérante à l'égard de mes mauvaises habitudes. Bref, elle est sans contredit la meilleure adjointe exécutive qu'on puisse jamais espérer avoir.

Il y a une expression en hébreu que je veux employer. Elle explique pourquoi quelqu'un est mentionné en dernier dans les remerciements. En hébreu, l'expression « Acharon, Acharon Chaviv » signifie « le dernier est le plus cher ». Le dernier est ma bien-aimée. Au début, Elaine avait certaines réticences à me voir arriver ici. Elle a dû renoncer à une entreprise florissante où elle s'investissait corps et âme, et j'ai dû quitter un cabinet d'avocats lucratif, ce qui signifiait un changement dans notre situation financière. Néanmoins, elle m'a non seulement encouragé, mais elle l'a fait de tout cœur et avec ardeur. Elle m'a accompagné tout au long de ce parcours, ma compagne biblique. Elle a créé son propre cercle de très bonnes amies à Ottawa, s'est intégrée sans effort, et a présidé et continuera de présider le groupe des conjoints des parlementaires et ex-parlementaires libéraux, qui a été rebaptisé « Le Club ». Au lieu que ce soit elle qui me suive à Ottawa de temps en temps, ce sera moi qui la suivrai à Ottawa de temps en temps, et c'est très bien ainsi.

Elaine, nous terminons donc une étape dans notre parcours ensemble — une belle étape, mais il reste que ce n'était qu'une étape — et nous amorçons maintenant la prochaine. Je te remercie d'être ce que tu es.

Reste avec moi, car le meilleur est à venir.

Des voix : Bravo!

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