Déclaration faite le 07 mai 2009 par le sénateur Jerahmiel Grafstein (retraité)
L'honorable Jerahmiel S. Grafstein :
Honorables sénateurs, c'est une question importante. J'en ai déjà parlé au leader du gouvernement au Sénat au début de l'année. Je l'ai fait non seulement ici, mais aussi auprès de notre ambassadeur à Washington, lors de la réunion du Groupe interparlementaire Canada-États-Unis. J'en ai aussi parlé au ministre Clement ainsi qu'au ministre Bryant, de l'Ontario, et aux syndicats.
Je m'inquiète parce que le Canada, à mon avis, affronte un véritable raz-de-marée protectionniste venant des États-Unis, y compris du gouvernement. Je ne veux pas critiquer le gouvernement à ce sujet, car je crois qu'il a reçu l'assurance, lors de la très courte visite du président Obama chez nous, qu'il ne favoriserait pas lui- même de telles mesures.
Nous avons peut-être affaire à une situation différente. Au lieu d'écouter les paroles, regardons les mesures législatives. Le 17 février, le président Obama a signé l'American Recovery and Reinvestment Act de 2009, qui contient une disposition selon laquelle la totalité du fer, de l'acier et des biens manufacturés utilisés dans le projet — c'est un projet d'infrastructure de quelque 90 milliards de dollars — doit être produite aux États-Unis. La loi prévoit certaines exceptions.
Mais il y a quelque chose de plus dangereux : le Water Quality Investment Act, que la Chambre des représentants a déjà adopté, affecte 13,4 milliards de dollars sur cinq ans à une chose qui nous tient beaucoup à cœur, l'amélioration de l'eau potable aux États- Unis. L'article 608 du projet de loi contient la même disposition d'achat aux États-Unis que la loi précédente.
J'ai bien l'impression qu'il y a aux États-Unis une intensification des mesures protectionnistes qui aura des répercussions directes sur les emplois au Canada et qui portera gravement atteinte à l'esprit de l'ALENA. Je ne vous en dirai pas beaucoup plus, mais, l'une après l'autre, les industries soulèvent la question chez les Manufacturiers et Exportateurs du Canada en demandant que le gouvernement et le secteur privé multiplient leurs efforts de lobbying auprès du Congrès, des organisations américaines affiliées et de Washington.
Nous ne pouvons pas grand-chose, de ce côté-ci. Nous pouvons nous occuper du Congrès, ce que nous avons bien l'intention de faire. Nous aurons une rencontre avec des membres du Congrès à Québec la semaine prochaine. Bien sûr, cette question figure à notre ordre du jour. Le Groupe interparlementaire Canada-États-Unis fera tous les efforts nécessaires pour intensifier les pressions.
Le gouvernement a-t-il de son côté intensifié ses efforts auprès du gouvernement et du Congrès? De quelle façon pouvons-nous y contribuer?
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