Discours et débats

L'importation par l'Union européenne de produits de la chasse au phoque commerciale - Interpellation

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Déclaration faite le 07 mai 2009 par le sénateur William Rompkey (retraité)

L'honorable Bill Rompkey :

Honorables sénateurs, certaines de ces observations ne peuvent rester sans réponse.

Premièrement, le sénateur Harb affirme que la chasse n'a pas été bonne cette année. L'industrie automobile et l'industrie forestière sont en difficulté. Je ne sais pas si le sénateur Harb s'en rend compte, mais nous sommes en pleine récession.

Il y a environ 10 ou 12 ans, l'essence coûtait un dollar le litre au Labrador. Je ne sais pas combien elle coûte à l'heure actuelle. Je sais que, ici, elle se vend 83 cents le litre. Cependant, il ne se faut pas se leurrer, les gens ne sortent pas à cause de ce que ça coûte. Les Canadiens n'investissent pas parce que cela ne rapporte pas. Il en est de même pour l'industrie automobile, l'industrie forestière ou n'importe quelle industrie au Canada. Voilà pourquoi on ne chasse pas le phoque cette année, pourquoi on ne pêche pas cette année. Nous sommes en pleine récession. J'aurais cru que tout le monde l'aurait compris.

L'honorable sénateur affirme que la chasse au phoque est une industrie moribonde. Je suis au Parlement depuis près de 37 ans et j'entends cette rengaine depuis 37 ans. Or, cette industrie n'est pas encore morte et, si je m'en mêle, elle ne mourra pas. Les gens de ma région font la même chose depuis des siècles. La mer est leur gagne- pain. Ma région possède les côtes les plus longues du Canada et ses habitants tirent leur subsistance de la mer. C'est ce qu'ils font et c'est la seule chose qu'ils souhaitent faire.

Honorables sénateurs, nous ne voulons pas la charité, nous ne voulons pas avoir de programmes gouvernementaux et nous ne voulons pas de subventions. Gardez vos subventions. Ne demandez pas au gouvernement de nous accorder des subventions parce que nous n'en voulons pas. Tout ce que nous voulons, c'est de pouvoir vivre et gagner notre vie. C'est ce que nous faisons dans le Nord et plus au Sud.

Le sénateur Harb dit que la chasse au phoque génère un maigre revenu de seulement 1 100 $ par personne. S'il prenait le temps de descendre sur la côte Est et de voir comment les pêcheurs s'organisent, il comprendrait que le revenu de la chasse au phoque constitue un investissement pour la prochaine étape de la saison. Les activités halieutiques se font en plusieurs étapes. La première, c'est la chasse au phoque, et le revenu qu'elle génère est investi dans la pêche au capelan et au hareng; le revenu de cette étape est ensuite investi dans la pêche à la morue, au homard ou au flétan, et le revenu de cette étape est investi dans la suivante. Voilà comment cela fonctionne. On ne vit pas grâce à 1 100 $ par année. Un pêcheur n'a pas besoin de grand-chose. Il construit sa maison et cultive son jardin. Il n'a pas besoin de beaucoup d'argent liquide. Tout ce dont il a besoin, c'est de l'argent pour investir dans la prochaine étape de la saison.

Honorables sénateurs, il a été prouvé qu'il s'agit de la chasse la moins cruelle au monde. Nous la faisons ouvertement. C'est un abattoir ouvert. Vous cachez les porcs que vous tuez, vous cachez les poulets que vous tuez et vous cachez les oies que vous étranglez pour le foie gras. Nous le faisons ouvertement. N'importe qui peut venir et nous regarder.

Je me souviens de certaines personnes qui sont venues voir la chasse. Le sénateur Ryan, des États-Unis, est venu et a emmené avec lui une vedette féminine de la télévision, dont le nom m'échappe pour l'instant. Avec elle, il est venu à St. Anthony à bord de son jet. Il a emmené aussi son avocat et son relationniste. Puis, il est allé à Jonestown et s'est fait tuer après cela. Les gens ont accès librement aux lieux de chasse. Nous ne les empêchons pas d'y aller. Nous les accueillons chez nous pour qu'ils puissent voir nos méthodes de chasse.

Le sénateur Harb dit que nous devrions être gentils avec l'Union européenne et que nous devons faire du commerce avec elle, car les pays européens sont de merveilleux partenaires commerciaux. Ce n'est pas ce que l'expérience nous a permis de constater. Savez-vous qui a exterminé la morue? C'est l'Union européenne.

Mais c'est nous qui sommes coupables. Nous acceptons notre part des responsabilités dans la disparition de la morue, mais ne vous y trompez pas : hors de la limite de 200 milles, il y a des gens qui pêchent, et nous avons parlé de cette question aujourd'hui. Qui sont ces gens? Ce sont des gens de l'Union européenne : des Espagnols et des Portugais. Ils ont pillé cette ressource. Ils sont coupables.

L'Union européenne doit être tenue responsable de la disparition de la morue. S'il restait de la morue, nous pourrions encore vivre de cette pêche et nous ne serions pas en train d'envoyer des gens travailler à Fort McMurray. Les gens ne partiraient pas pour Fort McMurray, Toronto ou Hamilton. Ils resteraient chez eux et gagneraient leur vie grâce à la mer. Mais les gens ont dû partir. Pourquoi? À cause de la disparition de la morue. Qui a exterminé la morue? L'Union européenne doit accepter sa responsabilité dans cette disparition.

C'est la simple vérité, honorables sénateurs. Il ne faut pas cesser la chasse. Je peux me tromper, mais je crois que c'est le Parlement européen qui a recommandé que l'Union européenne prenne ces mesures. Je crois avoir entendu le sénateur Harb dire que l'Union européenne avait pris une mesure. Je ne le crois pas. Je crois que c'est le Parlement européen qui est en cause. Ceux d'entre nous qui sont allés en Europe savent que le Parlement européen est une assemblée à laquelle se présentent les gens qui ne parviennent pas à se faire élire dans leur pays. En outre, les partis ont leur liste et ils disent aux candidats qu'ils peuvent se présenter dans leur pays, mais seulement à l'assemblée de l'Union européenne. C'est une organisation fantoche. Ces gens font tout ce qu'ils peuvent pour être réélus. Tous les moyens sont bons, et cette mesure en est un. Par conséquent, continuez, madame Gail Shea, nous sommes avec vous.

Des voix : Bravo!

Une voix : Bravo!

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