Déclaration faite le 28 mai 2009 par la sénatrice Lorna Milne (retraitée)
L'honorable Lorna Milne :
Honorables sénateurs, il y a quelques semaines, j'ai eu l'occasion de consacrer une matinée à la découverte du Centre d'excellence en découverte et en développement de bioproduits de l'Université de Guelph. Ce nouveau centre de formation, de recherche et de rayonnement est merveilleux. J'ai été stupéfaite de découvrir tout ce que les nanotechnologies permettent de fabriquer à partir de substances végétales et de déchets extrêmement peu coûteux.
Pour les sénateurs qui ne le sauraient pas, comme moi jusqu'alors, « nano » signifie « extrêmement petit », de l'ordre du milliardième de mètre. Un cheveu a un diamètre de 50 000 nanomètres. L'épaisseur d'une feuille de papier est d'environ 100 000 nanomètres. La nanoscience porte sur des particules et des brins dont la largeur varie entre 0,1 et 100 nanomètres. À cette échelle, des substances ordinaires acquièrent de nouvelles propriétés inattendues, et peuvent être utilisées de nombreuses façons non conventionnelles pour, par exemple, fabriquer des nouveaux plastiques et d'autres matériaux de l'ère spatiale sans recourir à la pétrochimie. Ces nouveaux matériaux sont appelés nanomatériaux.
On m'a montré des échantillons de nanobioplastiques entièrement produits à partir de substances végétales qui permettent de fabriquer des pièces automobiles ultralégères et plus résistantes que des pièces en acier. Des biomatériaux tels que de l'huile de soja ou des tiges de maïs ou de chanvre peuvent être utilisés pour produire tous les objets que nous fabriquons aujourd'hui en matières plastiques traditionnelles. Il est également possible de produire des matériaux de construction plus légers et plus solides que les matériaux conventionnels à partir de déchets tels que de la lignine, des céréales à distiller, et même du fumier de vache. Il est aussi possible de produire, à partir d'une combinaison d'éléments tels que des sacs plastiques usagés et du papier recyclé, des matériaux hybrides qui sont d'aussi bonne qualité, voire de meilleure qualité, que les plastiques pétrochimiques dont ils sont tirés, et qui, de plus, sont entièrement biodégradables. Il est ainsi possible de produire, à partir de produits naturels, tout un éventail de produits allant des panneaux de construction, aux tapis et aux meubles, en passant par les matériaux d'emballage, les lubrifiants et les peintures. Cette visite fut pour moi une véritable révélation.
M. Amar Mohanty, qui dirige ce projet, et son épouse, Mme Manju Misra, ont réussi, grâce à leur réputation et à leur expertise, à convaincre certains des meilleurs spécialistes postdoctoraux mondiaux en nanotechnologie et en biorecherche de se joindre à cet excitant nouveau projet. Les retombées économiques de ces nanotechnologies pourraient atteindre, à l'échelle mondiale, 1 billion de dollars au cours des 20 prochaines années et les entreprises de ce secteur devront embaucher près de deux millions de nanotechniciens. Il s'agit de la voie écologique de l'avenir.
L'ouverture de ce centre, à l'Université de Guelph, a été rendue possible en partie grâce à une bourse de 3 millions de dollars de la province de l'Ontario, qui a permis à l'université de créer une « Chaire en excellence du premier ministre » et d'attirer ainsi les meilleurs chercheurs du monde dans ce tout nouveau laboratoire qui fait ainsi du Canada l'un des chefs de file mondiaux en matière de nanotechnologies. La Fondation canadienne pour l'innovation a, quant à elle, contribué au développement du centre, qui a ouvert ses portes en octobre l'an dernier.
Investir dans des domaines de recherche tels que les nanotechnologies est indispensable pour réduire notre dépendance envers les ressources non renouvelables et contribuer à un meilleur avenir commun. Les gouvernements doivent absolument subventionner ce type de recherche.