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Nick Sibbeston

L Nommé au Sénat par le Très honorable Jean Chrétien, le sénateur Nick Sibbeston représente les Territoires du Nord-Ouest et la division sénatoriale Territoires du Nord-Ouest. Sa nomination remonte au 2 septembre 1999.

Discours et débats

L'étude sur l'éducation et la garde des jeunes enfants

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Déclaration faite le 28 mai 2009 par le sénateur Art Eggleton

L'honorable Art Eggleton:

Honorables sénateurs, je suis très heureux de prendre aujourd'hui la parole au sujet du rapport intitulé Éducation et garde des jeunes enfants : Prochaines étapes, qui a été déposé au Sénat le 28 avril 2009 après avoir été appuyé par les membres du comité des deux côtés du Sénat.

Les sénateurs savent que ce rapport découle d'une étude réalisée par l'OCDE en 2006, une étude qui plaçait le Canada au dernier rang sur 14 sur le plan des dépenses liées à l'éducation et la garde des jeunes enfants.

Dans un plus récent rapport de l'UNICEF, le Canada s'est encore classé au dernier rang parmi 25 pays industrialisés en ce qui concerne les services d'éducation et de garde des jeunes enfants. Le Sénat était d'avis que ce bilan n'était tout simplement pas à la hauteur. Par conséquent, en février de l'an dernier, le Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie, que je préside, a été chargé de deux tâches. La première était de se pencher sur la situation des services d'éducation et de garde des jeunes enfants au Canada. La deuxième était d'étudier, en vue d'en faire rapport, l'énoncé suivant contenu dans le rapport de l'OCDE :

[...] il faudra investir des efforts et des fonds importants dans ce secteur pour créer un système universel correspondant aux besoins d'une économie de plein emploi, respectant l'égalité entre les sexes et proposant une nouvelle compréhension de la façon dont les jeunes enfants se développent et apprennent.

Je tiens à remercier tous les membres et le personnel de notre comité pour leur excellent travail et les nombreuses heures qu'ils ont consacré à ces questions. Je veux surtout remercier notre ancienne collègue Marilyn Trenholme Counsell, qui est présente aujourd'hui à la tribune, dont la passion et l'énergie ont été les forces motrices de nos efforts.

Dans le cadre de ses audiences, le comité a recueilli les témoignages de fournisseurs de services de garde et de défenseurs de ces services venant de partout au pays, de fonctionnaires de Ressources humaines et Développement social Canada et d'experts tant canadiens qu'étrangers en matière de développement de la petite enfance. Nous avons également mené une étude approfondie des rapports de l'OCDE concernant le Canada ainsi que plusieurs autres pays dont les programmes d'éducation et de garde des jeunes enfants sont plus développés que les nôtres.

Nous avons conclu que, même si l'on prétend saisir l'importance de l'éducation et de la garde des jeunes enfants et qu'on en salue les intentions, on tire de l'arrière, on n'offre pas aux enfants et à leur familles ce à quoi ils sont en droit de s'attendre et on compromet l'avenir.

Je ne me propose pas de donner lecture de notre rapport, un document de plus de 200 pages, mais plutôt de donner un bref aperçu de certaines des principales conclusions et questions d'intérêt.

Les travaux de l'OCDE se sont révélés fort utiles pour mettre en lumière comment s'y prennent les pays qui sont des modèles de réussite en matière d'éducation et de garde des jeunes enfants et les secteurs dans lesquels le Canada pourrait faire mieux. Dans les meilleurs modèles, les programmes d'éducation préscolaire s'inscrivent dans un éventail complet de programmes d'éducation, au lieu d'être considérés comme des entités distinctes. Je le répète, car ce que je veux faire valoir aujourd'hui repose sur ce constat : dans les meilleurs modèles, les programmes d'éducation préscolaire s'inscrivent dans un éventail complet de programmes d'éducation, au lieu d'être considérés comme des entités distinctes.

Par exemple, de nombreux pays prévoient au moins deux ans de préscolarisation avant le début de la scolarité obligatoire, pour que les enfants soient prêts à amorcer leur apprentissage à leur arrivée à l'école, car les enfants qui arrivent à l'école prêts à amorcer leur apprentissage deviennent des adultes préparés à réussir.

Reconnaissant l'énorme importance de la préscolarisation et de son incidence plus tard dans la vie, l'OCDE recommande une approche systématique et intégrée de l'éducation et de la garde des jeunes enfants, comprenant l'établissement d'un cadre stratégique coordonné relevant d'un ministère responsable.

Les pratiques exemplaires favorisent l'accès universel, reconnaissant que la qualité de l'éducation préscolaire est trop souvent tributaire du revenu des parents. Par exemple, aux États- Unis, 45 p. 100 seulement des enfants de 3 à 5 ans venant de milieux défavorisés sont inscrits à des programmes d'éducation préscolaire par rapport à 75 p. 100 des enfants des familles plus nanties. Au Canada, 20 p. 100 seulement des familles monoparentales et 5 p. 100 des groupes défavorisés sont couverts.

L'OCDE signale que les pays ayant de bonnes politiques d'éducation préscolaire font d'importants investissements dans les services et l'infrastructure, dans la formation du personnel et l'assurance de la qualité. Ainsi, l'Australie a un système national d'agrément qui évalue les expériences d'apprentissage des enfants et les relations entre enfants, parents et carrières ainsi que le genre et la qualité des programmes offerts dans les garderies du pays.

Enfin, les meilleurs programmes permettent de recueillir systématiquement des données, de contrôler les progrès et de mesurer les résultats. Les renseignements obtenus aident à s'assurer que des progrès sont réalisés, que l'accès est élargi et que des pratiques exemplaires sont adoptées.

Honorables sénateurs, notre comité a été très impressionné par les témoignages qu'il a entendus au sujet des effets de l'éducation préscolaire en garderie sur le développement des jeunes enfants.

« Laissez-moi un enfant jusqu'à sept ans, et je vous donnerai un homme », dit le dicton jésuite. L'un des messages les plus cohérents et les plus convaincants que nous ont transmis les experts concerne l'importance critique de l'éducation préscolaire dans le développement des enfants jusqu'à l'âge adulte. En fait, nous récoltons chez l'adulte ce que nous avons semé chez l'enfant.

Cela est vrai dans tous les domaines, du développement du cerveau à la santé et au comportement social. Par exemple, le Dr Fraser Mustard a signalé que le développement du cerveau dans les premières années de la vie établit les voies neurologiques qui influencent la santé, l'apprentissage et le comportement dans la vie.

Le pouvoir remarquable d'une éducation préscolaire et d'une garde d'enfants de qualité améliore les scores de lecture et de mathématiques, fait monter le quotient intellectuel et accroît les taux de succès scolaire. L'éducation préscolaire compte parmi les meilleurs investissements que la société peut faire. Comme l'a dit récemment la Dre Kellie Leitch, conseillère en santé des enfants et des jeunes auprès du ministre de la Santé, chaque dollar investi dans l'éducation préscolaire rapporte entre 3 $ et 18 $ plus tard dans la vie.

Ces chiffres sont impressionnants. Ils comprennent toutes les sources, y compris les recettes fiscales supplémentaires attribuables à un salaire plus élevé ainsi que les économies réalisées sur la sécurité sociale, la santé et la justice. C'est un rendement extraordinaire sur l'investissement pour les contribuables. C'est de l'argent placé dans notre avenir.

De ce point de vue, l'éducation préscolaire et la garde d'enfants vont beaucoup plus loin que le transfert de la responsabilité des soins des parents à quelqu'un d'autre. Il s'agit de modeler notre avenir en investissant dans nos enfants. La qualité des soins reçus entre la naissance et l'âge de huit ans a des effets décisifs sur l'apprentissage et la santé. Une aide et des soins appropriés dans cette période critique du développement de l'enfant favorisent grandement une vie productive et satisfaisante.

À l'heure actuelle, nous avons un important déséquilibre. Une étude américaine révèle que le développement du cerveau se fait à 85 p. 100 entre la naissance et l'âge de trois ans. Pourtant, nous ne consacrons que 4 p. 100 de nos dépenses d'éducation à cette période critique.

Au Canada, nous comprenons l'importance d'une garde d'enfants de qualité, mais nous n'avons pas suffisamment de garderies. Nous reconnaissons le rôle de l'éducation préscolaire dans la préparation des enfants à l'école et au développement intellectuel, mais nous en tenons compte en dehors de la politique globale d'éducation.

En fait, tout en considérant l'éducation comme un droit, nous traitons la garde d'enfants comme un problème privé. Nous avons ainsi établi un fossé artificiel entre les années critiques qui précèdent l'âge scolaire et le développement global de l'enfant. Le résultat, c'est que, trop souvent, les enfants arrivent à l'école sans être préparés à apprendre.

Honorables sénateurs, je sais qu'il y a toute une gamme de points de vue sur la meilleure façon de mettre en œuvre des programmes d'éducation préscolaire et de garde d'enfants. Je crois cependant que nous pouvons tous convenir d'une chose : les parents sont les premiers et les plus importants fournisseurs d'éducation préscolaire pour leurs enfants. Rien ne peut remplacer l'influence parentale. Dans une situation idéale, chaque enfant aurait un parent qui s'occuperait de lui à temps plein à la maison pendant ces premières années critiques.

Toutefois, à titre de décideurs responsables, nous devons accepter le monde tel qu'il est, et non tel qu'il était par le passé ou tel que nous l'aurions voulu. La réalité, c'est que, dans 70 p. 100 des familles d'aujourd'hui, les deux parents travaillent, par rapport à 30 p. 100 dans les années 1970.

De plus, dans notre société mobile, peu de gens ont des membres de la famille vivant à proximité qui peuvent leur donner un coup de main. Quel est le résultat? Les parents s'attendent à ce que leur collectivité et leurs gouvernements contribuent davantage en leur fournissant une éducation préscolaire et une garde d'enfants de qualité.

Honorables sénateurs, les parents travaillent fort pour joindre les deux bouts. Ils ont des heures de travail astreignantes. Ils élèvent leurs enfants de leur mieux, mais il arrive trop souvent qu'ils ne disposent pas de l'appui et des choix dont ils ont besoin. Pour beaucoup de familles, une garde d'enfants de qualité est inabordable ou inexistante.

Nous savons aussi que, dans un monde idéal, chaque enfant a des parents qui ont les compétences nécessaires pour assumer leurs responsabilités. Encore une fois, la réalité est souvent différente.

Notre comité a entendu des témoignages éloquents sur l'importance des 24 premiers mois de la vie sur le développement du cerveau et la préparation des enfants à la vie adulte ainsi que sur l'importance des compétences parentales.

La plupart de nos provinces accordent une forme ou une autre de formation et d'appui aux parents, mais le plus souvent, les compétences parentales, la préparation à l'école, la garde d'enfants, l'éducation préscolaire et l'école maternelle sont considérées séparément. Tout est compartimenté et l'ensemble manque de coordination.

De même, d'excellentes recherches sont faites un peu partout dans le pays, mais les résultats ne sont pas réunis dans une synthèse nationale portant sur l'éducation préscolaire. Dans certains cas, nous ne savons pas si nous faisons des progrès parce que nous ne disposons pas des données nécessaires pour procéder à des évaluations sérieuses. Le manque d'information n'est pas une question théorique. Il a des conséquences réelles sur l'élaboration de la politique au Canada. Comme le dit très succinctement le Dr Mustard, « pas de données, pas de problème, pas de politique ».

Au niveau fédéral, nous avons un certain nombre d'initiatives visant à aider les familles, surtout dans le cadre du régime fiscal. La prestation universelle pour la garde d'enfants est certes utile, mais elle est loin de couvrir le coût d'une éducation préscolaire et d'une garde d'enfants ou de qualité à l'extérieur de la maison. De plus, le crédit d'impôt pour enfants n'étant pas remboursable, il n'aide pas les parents à faible revenu qui ne paient pas d'impôts. Nous devons repenser l'aide directe aux parents dans le cadre de transferts financés par le gouvernement fédéral afin de nous assurer que des fonds sont versés aux familles qui en ont besoin.

Dans les secteurs où le gouvernement fédéral a une responsabilité directe, comme par exemple en ce qui a trait aux enfants autochtones, le bilan n'est pas encourageant. Les cas de mortalité infantile, de naissance prématurée, de troubles causés par l'alcoolisation fœtale, de troubles de comportement, de déficiences cognitives et de retard dans l'apprentissage de la langue sont tous plus fréquents au sein des collectivités autochtones.

Il va de soi que tous les ordres de gouvernement doivent faire beaucoup plus pour donner à l'éducation et à la garde des jeunes enfants l'importance et la visibilité qu'elles méritent. Il faut prendre un engagement politique à l'égard des politiques qui façonnent le développement d'un enfant et qui reflètent les priorités d'un pays.

Notre comité a formulé quatre recommandations précises afin de transformer les bonnes intentions en politiques concrètes.

Premièrement, nommer un ministre d'État à l'Enfance et à la Jeunesse. Nous avons un ministre d'État responsable des aînés. Pourquoi n'en n'aurions-nous pas un qui serait responsable des jeunes? Une telle nomination enverrait non seulement un signal clair portant que le Canada est conscient de l'importance des jeunes pour notre avenir, mais permettrait aussi de promouvoir la prestation de services de qualité en matière d'apprentissage, de garde des jeunes enfants et de soutien parental, ainsi que la recherche sur le développement humain.

La deuxième recommandation était que l'on crée un conseil consultatif national sur l'enfance chargé de conseiller le ministre d'État. Il faut faire appel aux meilleures compétences dans le pays. Il faut que des parents, des spécialistes du développement de l'enfant, des chefs autochtones, des leaders de collectivités et des parlementaires proposent des idées et fournissent une rétroaction.

La troisième recommandation était que l'on tienne une série de réunions pour les ministres fédéraux, provinciaux et territoriaux responsables de l'enfance et de la jeunesse, qui commenceraient dans l'année suivant la publication du rapport, pour établir un cadre pancanadien de politiques et de programmes destinés aux enfants et à leur famille, et pour constituer un conseil fédéral-provincial- territorial de ministres responsables de l'apprentissage et de la garde des jeunes enfants et du soutien parental. Il ne fait aucun doute que la responsabilité provinciale, jumelée à la responsabilité fédérale, exige une grande collaboration.

Un tel cadre reconnaîtrait et respecterait le fait que, même si le leadership fédéral est essentiel, ce sont les gouvernements provinciaux qui réglementent l'éducation préscolaire et qui prennent les décisions en matière de financement. Il faut donner aux gouvernements provinciaux la souplesse nécessaire pour répondre aux priorités locales.

La quatrième recommandation porte sur la création d'un système de collecte de données, d'évaluation et de recherche afin de pouvoir mesurer les progrès accomplis. Il faut voir comment nous nous débrouillons. Comme on le mentionne dans le rapport de l'OCDE :

Un secrétariat fédéral pourrait étayer [...] le travail des provinces en matière d'éducation et de garde des jeunes enfants, créer des passerelles entre les systèmes d'accréditation et de formation de tout le pays, élaborer des normes pancanadiennes et encourager la collecte de données commune. Un ministère fédéral spécialisé pourrait également devenir le chef de file dans le secteur de la recherche et de la formation publique.

Honorables sénateurs, les gouvernements antérieurs ont réagi aux besoins des familles de leurs époques respectives, par exemple en instaurant un programme d'allocations familiales en 1945 ou encore en créant la déduction pour frais de garde d'enfants en 1971 et la Prestation fiscale canadienne pour enfants en 1997. Il est actuellement temps de réagir aux besoins de notre époque. Nous devons réagir à la réalité des familles à deux revenus et aux familles monoparentales. Nous devons réagir à l'inégalité d'accès, aux différences entre les chances des riches et des pauvres, entre les Autochtones et les non-Autochtones. Nous devons réagir au caractère variable de la qualité. Nous devons préparer nos enfants à affronter la concurrence dans une économie menée par les idées, l'ingéniosité et l'imagination, une économie où nos enfants devront faire face à la concurrence d'enfants hautement scolarisés du monde entier.

Honorables sénateurs, pourquoi ne pas offrir une éducation préscolaire à nos enfants? Pourquoi ne pas libérer le potentiel propre à chaque enfant? Pourquoi ne pas nommer un ministre chargé de réaliser ces objectifs? Pourquoi ne pas devenir un pays dont les ressources consacrées aux enfants seraient équivalentes à toutes les belles paroles au sujet des enfants? Pourquoi le gouvernement du Canada ne deviendrait-il pas un champion des familles au XXIe siècle?


Déclarations récentes des sénateurs libéraux

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10 avr., 2014 | Par le sénateur Art Eggleton | Cette recommandation a reçu l'appui unanime du Sénat; j'en déduis donc, sénateur, que vous serez tout à fait disposé à la faire valoir auprès du gouvernement.

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10 avr., 2014 | Par le sénateur James Cowan | Ma question est donc la suivante : le gouvernement fera-t-il du programme national d'assurance-médicaments une priorité?
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