Déclaration faite le 02 juin 2009 par la sénatrice Lucie Pépin (retraité)
L'honorable Lucie Pépin :
Honorables sénateurs, depuis 1987, le 28 mai est reconnu et célébré dans le monde entier à titre de Journée internationale d'action pour la santé des femmes. C'est une excellente occasion de faire le point.
Les besoins des femmes en santé sont différents. Le sexe doit être une variable critique dans les politiques en santé.
Malheureusement, dans plusieurs pays, les femmes sont encore les dernières à être servies, ce qui se traduit par un accès inégal aux soins sanitaires et par des millions de décès qui sont généralement attribuables à des hémorragies, des infections et des avortements non médicalisés. Dans nos efforts pour aider les pays en développement à relever leurs défis, il nous faut insister davantage sur le mérite d'avoir des mères en santé.
Au Canada, il faut reconnaître qu'aujourd'hui, une meilleure attention est portée aux problèmes de santé spécifiques des femmes.
Les soins de santé de la reproduction ont considérablement évolué. Les produits de contraception sont beaucoup plus accessibles et les techniques de reproduction sont à la portée des femmes.
Tout n'est cependant pas rose. Le statu quo sur l'avortement est constamment perturbé. L'accès à l'interruption de grossesse est encore limité au Nouveau-Brunswick et inexistant à l'Île-du-Prince-Édouard.
Les femmes autochtones canadiennes ne profitent pas des mêmes progrès que les autres Canadiennes. Elles enfantent à un âge précoce. Il est nécessaire de prêter davantage attention à la santé et aux droits sexuels et génésiques des jeunes femmes autochtones, surtout si elles vivent dans les régions rurales ou nordiques. Comme toutes les autres Canadiennes, les femmes autochtones ont aussi droit à la santé.
Contrairement aux apparences, nous n'avons pas encore atteint la pleine maîtrise en soins maternels. Selon la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada, le Canada est en proie à une crise en matière de soins obstétricaux qui aura des répercussions sur les Canadiennes qui donneront naissance à l'avenir.
On manque de personnel. Les mères et les bébés des petites villes, des villages et des régions rurales manquent de services obstétricaux d'urgence. Pourtant, toute Canadienne, quel que soit son milieu de vie, devrait pouvoir accoucher en toute sécurité près de chez elle.
Je joins ma voix à celle de la SOGC et de ses partenaires, qui réclament l'élaboration d'une initiative pancanadienne reliée à la naissance. Cette initiative permettrait aux mères et aux enfants de recevoir les soins dont ils ont besoin.
J'aimerais saluer le formidable travail du réseau des centres de santé et d'excellence à travers le pays, qui soutiennent la prestation de services de santé appropriés et efficaces aux femmes canadiennes.
Je voudrais aussi saluer le travail des équipes derrière le site Internet womenshealthmatters.ca et son site sœur, femmesensante.ca. Grâce à la foule d'informations qu'on y retrouve, ces sites web et tous les projets similaires fournissent aux femmes les connaissances nécessaires pour demeurer en bonne santé. Je suis heureuse de profiter de cette tribune pour leur dire bravo et un gros merci.