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Maria Chaput

L Experte-conseil, directeur, directrice adjointe, directrice général, auteur, et bénévole sont quelques-uns des rôles et des responsabilités occupés par la sénatrice Maria Chaput au cours de sa carrière. Nommé au Sénat le 12 décembre, 2002, elle est la première franco-manitobaine femme à siéger au Sénat.

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Le sénateur Serge Joyal parle avec Mary Simon, présidente nationale de l’Inuit Tapiriit Kanatami

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Déclaration faite le 02 juin 2009 par le sénateur Serge Joyal

Le sénateur Joyal :

Je vous souhaite la bienvenue, madame Simon. En écoutant votre exposé liminaire, je me suis dit que le Sénat avait eu raison de vous inviter, après un an de progrès et, je dois ajouter, d'absence de progrès. Voilà pourquoi vous avez été invitée aujourd'hui, pour souligner les réussites et dire où il y aurait lieu de concentrer nos efforts en priorité.

Je voudrais aborder avec vous la question des langues autochtones. Le 12 juin, l'an dernier, lorsque vous avez pris la parole au Sénat, vous avez dit ceci :

[...] fonder ce nouveau rapport avec nous sur le respect de ce que nous sommes, de nos traditions, de notre histoire, de notre langue et de notre culture.

Aujourd'hui, vous avez dit que la récupération de votre langue fait partie de la réconciliation.

Un projet de loi, le S-237, est inscrit au programme du Sénat, à la rubrique des autres projets de loi. Il s'intitule Loi visant la promotion des langues autochtones du Canada ainsi que la reconnaissance et le respect des droits linguistiques autochtones.

Pourriez-vous nous expliquer pourquoi, à votre avis, ce devrait être une priorité pour le gouvernement et le Parlement du Canada de légiférer pour reconnaître les langues autochtones et leur valeur?

Mme Simon : Merci beaucoup, sénateur Joyal. Notre culture et nos langues autochtones sont à la base même de notre existence en tant que peuple. Perdre sa langue, c'est perdre sa culture dans une grande mesure. Notre langue, l'inuktitut, est liée de près à notre entourage, à notre environnement et aux ressources du monde vivant dont nous avons dépendu durant des milliers d'années. C'est une langue très descriptive et, sans elle, j'estime que nous perdrions une bonne partie de notre identité. La langue est le cœur même de ce que nous sommes.

Elle doit être protégée puisque nous sommes en train de la perdre. Nous pouvons encore l'utiliser dans certaines régions, mais dans d'autres, elle est pratiquement disparue. On constate un véritable déclin de l'utilisation de la langue inuite. À moins d'obtenir de l'aide sous forme de mesures de protection et d'investissements, nous craignons de perdre notre langue à long terme. Selon les statistiques, nous ne constituons pas un groupe important.

Nous sommes déterminés à veiller à ne pas perdre notre langue. Cependant, au fil des décennies, nous constatons un effritement important. Nous n'obtenons aucun financement pour la langue inuite et pour son maintien. Dans un discours que je prononçais récemment, j'invitais le gouvernement du Canada à investir dans notre langue au moins autant que dans la langue française. Les investissements consentis pour la collectivité francophone au Nunavut ne se comparent même pas au peu que l'on fait pour la langue inuite, l'inuktitut. Nous incitons fortement le gouvernement à se pencher très sérieusement sur cette question.

Je sais que la loi établie par le gouvernement du Nunavut constitue un grand pas, mais il nous faut davantage. Nous avons besoin du gouvernement du Canada pour progresser dans ce domaine.

Le sénateur Joyal : Êtes-vous d'accord d'une façon générale avec les objectifs et les principes énoncés dans le projet de loi qui reconnaît les langues autochtones?

Mme Simon : Je n'ai pas lu chacun des articles. Je consulte du regard mes deux collègues inuits et je comprends qu'ils disent tous les deux que ce genre de projet de loi est tout à fait souhaitable.

Le sénateur Joyal : Vous avez mentionné dans votre déclaration — je change de sujet — que les Inuits du Nunatsiavut ne sont pas inclus dans l'entente qui a été conclue entre le Canada et les divers leaders autochtones.

Pourriez-vous nous expliquer pourquoi, selon vous, il est important que ce groupe d'Inuits soit inclus aux fins de réconciliation et d'indemnisation, au même titre que tous les autres Autochtones au Canada?

Mme Simon : Les étudiants qui ont fréquenté ces écoles ont subi les mêmes souffrances que ceux qui sont allés dans des pensionnats. Les sacrifices que les parents ont faits en se faisant enlever leurs enfants pour qu'ils aillent à l'école, où l'on a tenté de leur faire perdre leur culture et leur langue, sont les mêmes que pour les autres victimes des pensionnats.

En fait, je pense qu'au Labrador le préjudice causé à la langue a été important. À mon avis, ces Inuits devraient légitimement être inclus dans les efforts que nous faisons pour corriger le tort qui a été causé. Ils devraient être inclus dans le processus de réconciliation entre les peuples de notre pays. S'ils ne sont pas inclus dans la convention de règlement, ils n'auront pas du tout le sentiment de faire partie du processus. C'est pour cette raison que j'ai pris la parole en leur nom.

Le sénateur Joyal : Quelle est la raison principale pour laquelle ils sont exclus?

Mme Simon : Selon ce que je comprends, sénateur, certaines de ces écoles ont été construites avant que Terre-Neuve ne se joigne à la Confédération, de sorte que le gouvernement du Canada n'avait pas la responsabilité de ces institutions. L'autre raison que l'on m'a donnée, c'est que ces écoles étaient appelées « écoles fédérales de jour » et non pensionnats. En réalité, c'étaient des pensionnats. Même dans mon propre territoire, certaines institutions étaient appelées « écoles fédérales de jour », mais elles étaient en fait des pensionnats.

Le sénateur Joyal : Ces Inuits n'ont d'autre choix que de poursuivre le gouvernement s'ils veulent obtenir indemnisation et réparation. C'est la seule option qui s'offre à eux s'ils ne sont pas inclus dans l'entente générale qui a été approuvée par tous les autres Inuits autochtones.

Mme Simon : C'est une décision qu'ils vont prendre à titre de région. Mon rôle, en tant que leader national, consiste à essayer de trouver un terrain d'entente entre le gouvernement du Canada et le peuple du Nunatsiavut. J'espère que nos discussions avec divers ministres nous permettront de régler cette question sans devoir recourir aux tribunaux. Cette décision ne m'appartient pas. C'est la région qui doit la prendre.


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