Déclaration faite le 02 juin 2009 par la sénatrice Joyce Fairbairn
Le sénateur Fairbairn :
Nous sommes heureux de vous accueillir, madame Simon. C'est un plaisir de vous voir ici. La conversation a été extrêmement intéressante, et il est important pour nous d'entendre ce que vous avez à dire.
C'est à peu près à ce moment de l'année dernière que le Comité sénatorial permanent de l'agriculture et des forêts a visité Iqaluit. Nous avions entrepris une tournée dans tous les coins du pays pour étudier la question de la pauvreté rurale.
Nous avons tenu à Iqaluit des audiences très intéressantes. Je me souviens du fait que des interlocuteurs que j'avais connus auparavant ont parlé des grands efforts qu'ils ont consacrés à l'alphabétisation, à l'apprentissage, aux livres et à toutes les choses que nous tenons pour acquises dans le Sud.
Vous avez beaucoup insisté sur la question de l'apprentissage dans vos collectivités. Avez-vous encore des programmes qui visent à aider tant les enfants que les adultes? Êtes-vous toujours en mesure d'obtenir les livres dont vous avez besoin dans votre région? Est-ce que tout cela avance bien, ou bien y a-t-il autre chose que nous pouvons faire?
Mme Simon : Sénateur, je crois qu'il reste encore beaucoup à faire. Je sais que les projets d'alphabétisation sont très importants. Toutefois, j'estime qu'il est encore plus important d'élaborer des programmes d'études en inuktitut. Nous n'avons pas, dans nos écoles, suffisamment de programmes d'enseignement de notre langue.
Nous avons des programmes allant peut-être jusqu'à la 3e année à Nunavik ainsi qu'au Nunavut. Toutefois, rien de plus n'a été fait pour développer les programmes car, comme l'a dit plus tôt un sénateur, certains parents ont commencé à perdre leur langue. Je crois qu'il s'agissait du navajo. Le sénateur St. Germain a dit que les parents apprennent leur langue en même temps que leurs enfants.
Pour moi, c'est vraiment très important. Nous devons aussi agir ainsi : faire en sorte que les parents retrouvent leur langue en même temps que leurs enfants. Par conséquent, l'élaboration de programmes scolaires est d'une extrême importance. Elle ne remplace pas les programmes d'alphabétisation et d'enseignement aux adultes. Dans la plupart des petites collectivités, ces programmes n'existent pas. Il est cependant très important d'avoir des programmes pouvant être utilisés ailleurs que dans les écoles.
Le sénateur Fairbairn : Comme nous l'avons entendu aujourd'hui, de bien des façons, les choses sont absolument superbes dans le Nord. Quand je pense au dernier jour des audiences du comité à Iqaluit, c'était vraiment splendide, très froid, mais splendide. C'est une région extrêmement importante du pays.
J'espère qu'ici, dans la capitale nationale, nous pourrons mieux vous aider de cette façon, non seulement au moyen d'encouragements, mais dans les efforts qu'il est possible de faire si nous pouvons nous y mettre ensemble. J'espère que nous réfléchirons soigneusement à ce que vous nous avez dit aujourd'hui et que nous nous rendrons compte qu'il reste encore beaucoup à faire dans cette région du Canada.
Elle est très éloignée, mais c'est le cas de presque tout au Canada. Le Nord mérite d'avoir autant, sinon plus, que tout le reste. J'espère que nous pourrons vous donner de quoi aider vos jeunes et leurs parents, parce que c'est efficace pour tous. Merci infiniment d'être venue nous voir ici.
Mme Simon : Merci à vous.