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La sénatrice Dyck s'adresse à des représentants de collectivités autochtones en comité plénier

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Déclaration faite le 11 juin 2009 par la sénatrice Lillian Eva Dyck

Le sénateur Dyck :

Je vous souhaite la bienvenue. C'est un grand plaisir de vous avoir parmi nous aujourd'hui.

Je ne vous poserai pas de questions sur les projets de loi, sur d'autres mesures législatives ou encore sur l'article 35 ou l'article 74 des diverses lois. Des lois telles que la Loi sur les Indiens reflètent les croyances et les valeurs de notre société. Si la Loi sur les Indiens a été promulguée c'est que, à l'époque, la société croyait que les Indiens étaient inférieurs. C'était de la discrimination. On tentait de nous changer. Les choses ont changé et il est bon de voir le progrès.

Monsieur Fontaine, vous parliez du nombre d'étudiants des Premières nations et des Métis qui obtiennent leur diplôme et qui poursuivent des études supérieures.

J'aimerais vous parler de deux situations qui me dérangent. Voici la première : il y a deux mois, à Vancouver, j'ai participé à une réunion du Conseil des ressources humaines autochtones. Il y avait là 100 Autochtones soigneusement choisis, tous détenteurs d'un diplôme d'études postsecondaires. En leur parlant personnellement, on s'apercevait que bon nombre d'entre eux faisaient encore face à de la discrimination. Comme on me le disait il y a 30, 40 ou 50 ans, on leur dit aujourd'hui : « Tu as réussi. Tu es une femme. Tu es un Autochtone. Tu fais partie de la minorité visible. » Encore aujourd'hui, certains de nos jeunes sont confrontés à ces préjugés culturels bien ancrés au sein de la société. Cela est dérangeant car, comme vous l'avez signalé, monsieur Fontaine, la population des collectivités autochtone, métisse et des Premières nations est jeune. Nous la voyons grandir. Il est important que ces jeunes aient les meilleures possibilités qui puissent s'offrir à eux et qu'ils soient appuyés de toutes les façons possible.

Deuxièmement, dans le journal local de Saskatoon, on lisait — et c'est vrai — qu'un couple avait donné un demi-million de dollars au collège de nursing de l'université, mais en déclarant : « Nous ne voulons pas qu'une seule bourse soit accordée à un étudiant autochtone parce que les Autochtones ont déjà tout. » Comment pouvons-nous combattre ce genre d'attitude? Que pouvons-nous faire? Quel type de programmes faut-il? Que peut faire le gouvernement pour faire changer la façon de penser de la société? Je crois que la majorité des Canadiens sont des gens bien, mais il y a des groupes de gens carrément racistes. Il y a des groupes de gens qui sont racistes en raison de leur ignorance, parce qu'ils ne connaissent pas notre histoire. Quelle sont, à votre avis, les solutions?

M. Fontaine : Il n'y a pas de réponse facile à cette question très complexe.

Il est triste d'entendre de telles histoires au sujet de nos jeunes. Peut-être que certaines de ces personnes racistes ne sont pas toutes jeunes, mais notre peuple est victime de discrimination et cela, depuis longtemps. Une partie du problème vient d'une discrimination dans le financement, c'est-à-dire dans la façon dont nos gouvernements financent les études de nos jeunes.

Je ne peux pas affirmer que mes chiffres sont absolument exacts, mais nous savons — et je l'ai déclaré plus tôt et j'espère que les sénateurs m'ont entendu — que nous devons composer avec un plafond de 2 p. 100 depuis 1996. Ce plafond n'a pas été imposé par un seul gouvernement. Il existe depuis maintenant 13 ans et il a causé toutes sortes de problèmes.

Quant à savoir ce qu'il faut faire, il y a deux mesures à prendre immédiatement. Tout d'abord, un cours sur les cultures autochtones devrait être obligatoire au secondaire. Un tel cours devrait être obligatoire avant d'obtenir un diplôme d'études secondaires. Deuxièmement, un tel cours devrait aussi être obligatoire au premier cycle des études universitaires.

Nous avons proposé au Conseil des ministres de l'Éducation du Canada d'introduire de tels cours dans toutes les universités et écoles secondaires. Cela aiderait beaucoup à répandre les connaissances sur la véritable histoire du Canada, y compris sur la place que les peuples autochtones occupent dans cette histoire. Il est indéniable qu'une connaissance élémentaire permettrait de bien mieux comprendre notre peuple. Cela éviterait d'entendre des histoires comme celle que vous venez de nous rapporter. C'est la même chose avec le mythe selon lequel nous recevons 10 milliards de dollars par année. Ce n'est tout simplement pas vrai. Ce sont 5,1 milliards de dollars qui parviennent dans nos collectivités.

Le reste est absorbé par les transferts provinciaux et territoriaux et les coûts de la fonction publique. Il y a environ 10 000 fonctionnaires qui assurent la prestation des programmes et des services à la population. Nous devrions dissiper ces mythes et c'est dans cette enceinte que cela devrait se produire.

À mon avis, le plus important véhicule du genre de transformation dont parle le sénateur, c'est la Commission de vérité et de réconciliation. Elle concerne la vraie histoire du Canada, l'écriture du chapitre manquant qui concerne justement notre peuple. La Commission de vérité et de réconciliation, c'est aussi l'expérience des pensionnats, mais bien plus encore que seulement l'expérience. C'est aussi une question d'attitudes. Comme le premier ministre l'a déclaré l'année dernière, le 11 juin, les attitudes qui ont donné lieu à l'expérience des pensionnats n'ont plus leur place dans ce pays.

La Commission de vérité et de réconciliation sera maintenue pendant cinq ans encore et nous aurons tous la possibilité de nous y exprimer. Le processus de la Commission de vérité et de réconciliation prend la forme d'une conversation non seulement avec les survivants, mais aussi avec tous les Canadiens. C'est une histoire qui concerne le Canada et tous devraient saisir cette occasion. Il important que nous contribuions tous à la commission, de façon à ce qu'elle obtienne tout le succès nécessaire. Je pense que la Commission de vérité et de réconciliation est le plus important véhicule dont nous disposons pour régler le problème dont nous venons de parler dans cette enceinte.


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