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Joan Fraser

L La sénatrice Joan Fraser est bien connue des Canadiens comme journaliste et commentatrice. Nommé au Sénat par le Très honorable Jean Chrétien, elle représente le Québec et la division sénatoriale De Lorimier.

Discours et débats

Le sénateur Joyal s'adresse à des représentants de collectivités autochtones en comité plénier

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Déclaration faite le 11 juin 2009 par le sénateur Serge Joyal

Le sénateur Joyal :

Je tiens d'abord à dire au chef Daniels que je connais personnellement son père. Il a témoigné en 1980, en compagnie de Georges Erasmus, qui était alors chef de l'Assemblée des Premières Nations. Le représentant de l'Inuit Tapirisat du Canada, le sénateur Charlie Watt, comptait parmi le groupe de témoins qui ont insisté auprès du comité mixte, présidé à l'époque par feu le sénateur Harry Hays et moi, pour que les Métis soient inclus dans le processus.

Vous avez mentionné tout ce que votre mère a dû endurer au pensionnat du fait qu'elle parlait sa propre langue autochtone et vous nous avez rappelé que les jeunes pensionnaires étaient battus lorsqu'ils parlaient leur propre langue autochtone, un élément fondamental de l'identité de chacun.

A-t-on fait des progrès au cours de la dernière année pour rétablir le statut et l'usage des langues autochtones parmi les Premières nations, les Inuits et les Métis? L'identité est enracinée premièrement dans la langue, parce que la langue est le véhicule de la pensée, de la mythologie, de la religion et de la fierté d'appartenir à une culture. Selon vous, compte tenu des efforts de rétablissement et de promotion, a-t-on pu observer des progrès dans l'usage des langues autochtones au sein de vos peuples?

M. Daniels : Je crois que vous avez mentionné Harry Daniels.

Le sénateur Joyal : Oui.

M. Daniels : Ce n'est pas mon père.

Le sénateur Joyal : Avez-vous des liens de parenté avec lui?

M. Daniels : Oui. Mon père est métis. Il a des liens de parenté avec Harry. Nous venons tous de la Saskatchewan. Il y a des Daniels depuis longtemps en Saskatchewan.

Évidemment, ma mère, Lily Daniels, est une aînée très respectée de Regina. Elle pratique et enseigne les danses traditionnelles, les danses de nos femmes, comme la danse à clochettes et la danse du châle d'apparat. Elle a enseigné à de nombreuses jeunes femmes qui sont devenues des citoyennes productives, comme des agentes de la GRC ou des avocates. Elles sont devenues de bonnes personnes parce qu'elles ont intégré leur culture, dont elles sont fières.

Malheureusement, lorsque ma mère a quitté la réserve routière, elle a perdu sa langue. Elle n'avait personne avec qui parler sa langue en ville, alors elle a fini par la perdre. Toutefois, la langue crie est encore bien vivante en Amérique du Nord. Nous en sommes heureux, mais nous devons aller à l'université pour l'apprendre.

Le sénateur Joyal : Monsieur le chef Fontaine, auriez-vous quelque chose à dire sur l'importance des langues autochtones dans le processus de réconciliation touchant les Canadiens de culture autochtone?

M. Fontaine : Merci, sénateur. Tous les peuples de la terre tiennent à leur langue. La langue détermine ce que nous sommes en tant que peuple. C'est le dépositaire de notre histoire. La langue porte nos valeurs, nos enseignements et nos traditions. Elle présente un intérêt fondamental pour tous les peuples de la terre, y compris les premiers peuples d'ici, les peuples autochtones.

L'épisode des pensionnats indiens a eu un effet dévastateur sur la protection de nos langues et de nos cultures. Le sénateur a absolument raison de dire qu'on nous a interdit l'usage de nos langues dans les pensionnats indiens. Cette interdiction a été un moyen efficace de mettre en œuvre la politique qui a donné naissance aux pensionnats indiens, c'est-à-dire d'enlever à l'enfant toutes ses racines indiennes. Ils y sont arrivés en soustrayant les enfants à l'influence de leur famille. Ils ont sorti les enfants de leur milieu pour les en éloigner, comme ce fut le cas de M. Chartier et comme ce fut mon cas. Mon absence a duré dix ans.

On nous décourageait de parler nos langues maternelles. D'aucuns prétendent comme moi qu'il se parle 55 langues autochtones au Canada; d'autres soutiennent qu'il y en a 53. Seulement trois de ces langues autochtones sont toujours vigoureuses : la langue crie, qui est celle de M. Daniels, l'inuktitut, langue de l'honorable sénateur, et l'ojibwa, ma langue à moi. Les 52 autres langues sont dans une situation précaire. Elles sont toujours plus ou moins en voie de disparition. Lorsqu'elles disparaîtront, ce sera à tout jamais, car le Canada est le berceau de ces langues. Elles sont indigènes à notre coin de la planète.

Le gouvernement précédent s'était engagé, il y a nombre d'années, à consacrer 172 millions de dollars à la préservation et au rayonnement de nos langues. Cet engagement a été radié du programme du gouvernement actuel, ce qui fait que nous nous retrouvons avec ce que nous avions auparavant. Évidemment, ce que nous avions auparavant n'était pas suffisant pour assurer la préservation et le rayonnement de nos langues. Par conséquent, nos langues sont en train de disparaître.

Nous réclamons un traitement équitable. Il serait déjà bien tragique de voir disparaître une seule de nos langues autochtones, mais nous sommes confrontés à la disparition progressive de 52 langues autochtones. La catastrophe nous attend. Il faut absolument faire quelque chose pour redresser la situation.

M. Chartier : À l'instar du chef national, j'exprime également notre déception au sujet de la suppression de ce programme, qui aurait été utile. La langue des Métis, le michif, est menacée de disparition, en dépit du fait que nous nous efforçons de la revitaliser depuis 15 ans. Nous avons néanmoins réalisé des progrès minimes. Heureusement, comme la langue crie influence fortement le michif et qu'elle est très utilisée, cela contribue à la conservation du michif.

À titre d'exemple concernant ce que j'ai dit plus tôt au sujet du projet de loi C-31, Kevin Daniels et moi nous connaissons depuis environ 30 ans et il a été l'un des chefs du mouvement des jeunes Métis en Saskatchewan; il s'est fort bien acquitté de cette tâche à l'époque. Grâce au projet de loi C-31, lui et sa mère ainsi que des milliers d'autres Canadiens ont obtenu le statut d'Indiens. D'autres, cependant, ne veulent pas de ce statut parce qu'ils sont plus à l'aise dans le milieu métis et qu'ils veulent conserver la culture métisse, mais la loi ne le leur permet pas.


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