Déclaration faite le 29 septembre 2009 par le sénateur Marie-P. Poulin (Charette)
L'honorable Marie-P. Poulin :
Honorables sénateurs, ceux d'entre nous qui sont d'un certain âge se rappellent ces jours où le français et l'anglais étaient deux solitudes. C'était l'époque où l'égalité des deux langues n'était pas évidente.
Aujourd'hui, les brèches entre ces deux langues sont colmatées grâce à une action tournée vers un avenir engagé. Oui, des dirigeants soucieux ont fait en sorte que l'histoire et la culture du Canada que nous connaissons soient le reflet d'un passé véhiculé par la langue.
Cette année, nous soulignons le 40e anniversaire de cette action, la Loi sur les langues officielles.
De grands progrès ont été réalisés au cours des années écoulées depuis l'adoption de cette loi, le 7 septembre 1969, qui désignait le français et l'anglais comme les deux langues officielles du Canada.
Dès les années 1940, 1950 et 1960, mes parents, les regrettés Alphonse et Lucille Charrette, ont été à l'avant-garde du combat francophone en Ontario pour la promotion du bilinguisme et l'accès à des services de langue française. Voilà pourquoi je suis si fière d'être en mesure de voir le jour où les efforts des premiers défenseurs des droits des minorités ont porté fruit.
Pour ma part, suivant leur exemple, j'ai eu le privilège de jouer un rôle capital dans l'établissement d'une station régionale pour le réseau de la Société Radio-Canada dans le Nord de l'Ontario en 1978. La technologie a donné à la minorité francophone un accès à des services de radiodiffusion et de télédiffusion dans sa propre langue.
Cette décision aurait-elle été possible sans la Loi sur les langues officielles?
Honorables sénateurs, les avantages de cet événement majeur sont évidents ici, au Sénat, et dans les quelque 200 institutions fédérales assujetties à la Loi sur les langues officielles. Nous devons, toutefois, demeurer vigilants malgré les progrès réalisés au chapitre de l'égalité de statut et de l'utilisation des deux langues. Dans son rapport sur le rendement de 2008-2009, le Commissariat aux langues officielles indique que beaucoup d'institutions tardent encore à satisfaire adéquatement à l'ensemble de leurs obligations linguistiques.
Alors que nous célébrons le 40e anniversaire de la Loi sur les langues officielles, nous devons nous assurer, en tant que parlementaires du Sénat du Canada et par l'intermédiaire de notre comité permanent, du respect de la lettre mais aussi de l'esprit de cette loi. Nous devons aussi célébrer le fait que cette loi a fait la renommée du Canada à l'échelle internationale.
Comme John Erskine, président de l'Association canadienne des professeurs de langues secondes, l'a dit plus tôt au cours du mois :
La Loi sur les langues officielles permet au Canada de se distinguer de tout autre pays puisqu'elle a façonné la société et les institutions canadiennes. Dans les sondages pancanadiens, les jeunes appuient avec enthousiasme l'importance d'un Canada bilingue; d'ailleurs, les recherches sur le langage confirment que le bilinguisme a des avantages scolaires, sociaux et sociétaux.