Déclaration faite le 01 octobre 2009 par la sénatrice Joan Cook (retraité)
L'honorable Joan Cook :
Honorables sénateurs, j'ai l'impression que la marée a le temps de monter avant que je ne termine tout ce que j'ai à dire. Ceux d'entre vous qui viennent de localités côtières savent ce que je veux dire.
Honorables sénateurs, je tiens tout d'abord à remercier mes amis et collègues de leurs propos bienveillants.
Aujourd'hui, l'heure est au souvenir. Et je me souviens de la superbe initiation au Sénat que m'a donnée le leader de l'époque, le sénateur Sharon Carstairs. Sharon, vous m'avez donné des bases solides qui m'ont permis de participer à fond aux travaux du Sénat. Je suis fière de vous considérer comme une amie. Merci. J'ajoute, Sharon, que la coutume du gâteau se maintiendra.
Au sénateur Comeau, mon premier président au Comité des pêches, je dois dire qu'il m'a fait entrer de plain-pied dans les rôles et responsabilités de ce comité. Merci. Je dois avouer que, au départ, les acronymes nombreux, comme CI, CIT et TAC, étaient un mystère que je n'arrivais pas à percer seule. J'ai dû en fin de compte faire appel aux lumières du greffier.
Sur un ton plus léger, je me rappelle que, au cours d'une séance du comité consacrée à l'étude de l'aquaculture, le sénateur Comeau a annoncé que le comité consulterait d'autres pays, comme la Nouvelle-Zélande, que je voulais visiter depuis toujours. C'est ce que nous avons fait, grâce au miracle des téléconférences, à la salle 257 de l'édifice de l'Est, à côté de mon bureau, tard le soir à cause du décalage horaire. Il y a un secret que je voudrais révéler aux sénateurs : il arrivait souvent que le sénateur Comeau me raccompagne à la maison. C'était un président frugal, doté d'un grand sens pratique. Ensemble, nous avons fait un travail de première qualité.
Sénateur Cowan, les whips sont des êtres vraiment particuliers. Mon premier siège au Sénat venait d'être libéré par mon excellent ami et mentor, le regretté William J. Petten, de Terre-Neuve-et- Labrador, que nous appelions Bill. Mon amie Monique se trouve elle aussi à la tribune aujourd'hui. Le sénateur Petten a été whip pendant de longues années, comme le sénateur Cowan l'a dit.
Votre Honneur, honorables sénateurs, c'est aujourd'hui la fin d'un parcours incroyable pour moi, un parcours qui a commencé le jour de la Saint-Patrick, en 1998. C'est ce jour-là que j'ai prêté serment comme membre du Sénat du Canada représentant Terre- Neuve-et-Labrador. Aujourd'hui, je prends congé après 11 ans et demi. Certains diront que j'ai eu la chance des Irlandais. Pendant cette période, j'ai relevé des défis que je n'aurais jamais pu envisager, et des possibilités réservées à bien peu de gens m'ont été offertes.
Honorables sénateurs, je voudrais parler surtout des comités du Sénat. J'estime que c'est là que les sénateurs apportent une contribution inestimable au tissu de la société canadienne et surtout aux minorités. Je vais vous relater certaines de mes expériences.
D'abord, le Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie, sous la gouverne du sénateur Michael Kirby, aujourd'hui à la retraite, a déposé deux rapports marquants auxquels le gouvernement en place alors a donné suite partiellement.
Le premier rapport, La santé des Canadiens — Le rôle du gouvernement fédéral, a porté notamment sur les délais d'attente dans les services de santé. Aujourd'hui, le problème a été admis, et un système est en place.
Le deuxième rapport s'intitulait DE L'OMBRE À LA LUMIÈRE — La transformation des services concernant la santé mentale, la maladie mentale et la toxicomanie au Canada. Il est devenu évident, d'après le premier rapport, que la santé mentale et la maladie mentale étaient une priorité. Grâce à la persévérance et au dévouement du comité, la légitimité du problème a été reconnue comme il se devait. Le comité a recommandé la création d'une commission fédérale qui serait chargée de ce dossier. Aujourd'hui, cette commission existe. Encore une fois, le gouvernement a écouté et a agi.
Ce fut un privilège pour moi de faire partie du Sous-comité sur la santé des populations qui, sous la direction du sénateur Wilbert Keon, avait pour mandat d'étudier les divers facteurs et situations, appelés collectivement les déterminants sociaux de la santé, qui contribuent à la santé de la population canadienne. Le rapport a été déposé au Sénat en juin 2009, et nous attendons impatiemment la réponse du gouvernement. Pour encourager les sénateurs à lire ce rapport, je dirais que la recommandation 10 revêt un intérêt particulier pour moi parce qu'elle traite de ma province, Terre- Neuve-et-Labrador.
Hier, grâce à la direction compétente de l'actuel président du Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie, le sénateur Art Eggleton, j'ai reçu un cadeau d'anniversaire anticipé. Le projet de loi C-32, qu'on appelle le projet de loi sur le tabac, a été adopté sans amendement. Je vous en remercie.
Le Comité des pêches, présidé par le sénateur Comeau, a été le premier où j'ai siégé. Le comité a évolué, passant par toute une série de règles et de règlements, par l'Organisation des pêches de l'Atlantique Nord-Ouest, par un thème axé sur l'alimentation et enfin par un changement de nom à pêches et océans. Aujourd'hui, sous la présidence du sénateur Bill Rompkey, c'est la souveraineté dans l'Arctique et le rôle de la Garde côtière canadienne qui forment le thème central du comité. Ses membres sont récemment rentrés d'une visite de 10 jours dans le Nord canadien et en Alaska, où ils cherchaient à se renseigner sur le changement climatique, la souveraineté et la sécurité. Je crois que le Sénat a la responsabilité sociale de chercher à améliorer la vie des 29 000 Canadiens qui vivent au Nunavut et dont 83 p. 100 se déclarent Inuits. Ces gens sont confrontés aux problèmes du changement climatique et du dégel du passage du Nord-Ouest. Le rapport de cette étude devrait paraître d'ici la fin de l'année.
Mon troisième comité, celui de la régie interne, des budgets et de l'administration, qui est dirigé par le sénateur George Furey, est
venu plus tard. Je dois admettre que la courbe d'apprentissage a été plutôt raide. Cela a été l'occasion de me renseigner directement sur tous les aspects de cette grande institution. C'est au sein de ce comité que j'ai vraiment appris à écouter et à percevoir et que j'ai acquis du sens pratique. Être membre de ce comité a été important pour moi. C'est là que les sénateurs et l'administration s'entendent sur différentes questions touchant les politiques des deux entités.
Honorables sénateurs, je ne vous ai donné qu'un bref aperçu de ce que font les comités du Sénat. Je crois vraiment que le travail de ces extraordinaires comités fait la force et la vision de cette institution.
J'avais également participé à un autre élément essentiel de l'œuvre du Sénat, l'examen des mesures législatives. Je n'oublierai jamais les séances qui se prolongeaient au-delà de minuit lorsqu'il fallait débattre des projets de loi controversés.
Honorables sénateurs, pendant la période que j'ai passée au Sénat, j'ai pu assister à son adaptation. Des réformes des structures pourraient être nécessaires dans certains domaines, à mesure que l'institution évolue naturellement, mais je crois que la structure des comités sénatoriaux est forte et efficace. Grâce à ses comités, le Sénat influence la vie des Canadiens.
Pour aborder une question personnelle, je voudrais remercier les membres du personnel, qui assurent le fonctionnement harmonieux de cette assemblée. Vous savez tous qui vous êtes. Même si vous œuvrez à l'insu du public, vous faites un travail de toute première qualité.
Je tiens également à remercier mes collaboratrices, Julie et Leslie, qui ont fait preuve de la patience de Job et de la sagesse de Salomon pour m'aider à m'acquitter de mes fonctions.
À mes collègues présents et passés, je voudrais dire que j'ai servi avec dévouement en ayant pour seul but de faire de mon mieux. Je vous remercie de m'avoir appuyée et de m'avoir donné l'occasion de vous connaître et de collaborer avec vous.
Honorables sénateurs, mes filles Jean et Diane sont présentes à la tribune.
Il y a 11 ans, Diane était ici avec ses deux jeunes garçons, Matthew et Joshua. Aujourd'hui, je suis fière de dire que ces beaux jeunes hommes sont en quatrième année d'université.
Jean était venue toute seule ce jour-là. Aujourd'hui, elle est accompagnée de John, Luke et Mara, qui enrichissent notre vie chaque jour un peu plus.
Ainsi donc, jeunes gens et jeunes filles, grand-maman Joan rentre à la maison pour profiter des joies de la vie avec vous et affronter ce qu'elle aura à nous offrir tous les jours. Nous sentirons le vent caresser notre visage et humerons l'air marin en attendant le défi qui, j'en suis sûre, nous attendra au prochain tournant.
Collègues, la vie est un voyage. On dit qu'il faut se soucier davantage du parcours que de la destination et que la joie consiste plus à entreprendre une chose qu'à la terminer.
Des voix : Bravo!