Déclaration faite le 06 octobre 2009 par le sénateur Roméo Dallaire
L'honorable Roméo Antonius Dallaire :
Honorables sénateurs, il y a 15 ans, l'Organisation des Nations Unies a créé un le Tribunal pénal international, qui avait pour mandat de juger les génocidaires du Rwanda. Depuis ce temps, plusieurs accusés ont été traduits en justice. L'objectif était de réduire, par l'exemple, l'impunité dans un monde où des gouvernements ou des groupes non gouvernementaux non structurés abusent massivement des droits des individus.
L'objectif n'était pas uniquement de ramasser les pots cassés et d'atténuer l'impunité, mais de prévenir les circonstances dans lesquelles on retrouve un chaos humanitaire au-delà de tout ce qui peut être imaginé par l'être humain.
La semaine dernière, le Groupe parlementaire multipartite pour la prévention du génocide et autres crimes contre l'humanité a tenu un forum pour appuyer un rapport examinant comment nous pouvons prévenir les échecs catastrophiques de l'humanité. Le rapport, intitulé Mobiliser la volonté d'intervenir : Leadership et action pour la prévention des atrocités de masse, a été préparé par l'Institut montréalais d'études sur le génocide et les droits de la personne. Le rapport faisait un examen des recommandations concernant notre pays — une puissance intermédiaire de premier plan — et sa capacité de participer à la prévention. Le but ultime est d'opérationnaliser le concept de la responsabilité de protéger, concept créé par le Canada, dans les cas où des violations massives des droits de la personne sont perpétrées par un pays. En tant que puissance intermédiaire de premier plan, nous avons la responsabilité, de concert avec d'autres pays, d'intervenir et de mettre fin à ces violations par tous les moyens, et non uniquement par des moyens militaires. Le rapport a reçu un certain appui politique, mais ne jouit pas encore d'une pleine reconnaissance.
Une évaluation intéressante a été préparée par Tom Flanagan. Je cite :
[...] ce ne sont pas des idéalistes à l'eau de rose obsédés par le pouvoir discret. Ils savent que, dans un monde brutal, l'usage de la force est souvent nécessaire. Ils veulent marier la notion libérale d'intervention humanitaire et la conception conservatrice de l'intérêt national.
J'ajouterai un dernier commentaire montrant l'appui des parlementaires qui participent aux travaux du groupe interparlementaire et de ceux qui continueront d'y participer. Dans un courriel, le sénateur Hugh Segal a dit ceci :
Cette question va bien au-delà de l'esprit partisan. C'est une occasion de réfléchir ensemble aux préparatifs nécessaires pour que les gouvernements puissent agir de façon compétente et avoir à leur disposition des outils efficaces qui peuvent empêcher les tragédies et atrocités qui coûtent la vie à des milliers de personnes et souillent la réputation de toute l'humanité.
Honorables sénateurs, nous avons des outils pour empêcher la destruction massive de vies humaines. Il nous incombe d'assumer...