Déclaration faite le 08 octobre 2009 par le sénateur Fernand Robichaud
L'honorable Fernand Robichaud :
Honorables sénateurs, je veux poursuivre mes propos sur l'état difficile dans lequel se trouvent les communautés de pêcheurs de homard, à la suite d'une saison de pêche désastreuse, en ce qui concerne les prix payés aux pêcheurs.
Tous les secteurs de l'économie ont été gravement affectés depuis le début de la présente récession. Certains secteurs de l'économie ont reçu plus d'aide que d'autres. Il faut aussi se rappeler que tous les travailleurs sont affectés, y compris les pêcheurs. Dans le cas des pêcheurs de homard, il faut comprendre qu'ils sont particulièrement vulnérables parce qu'ils pêchent une denrée qui est considérée comme un produit de luxe et qui est achetée dans les grands marchés mondiaux comme Boston, New York ou Paris. L'ampleur de la présente récession influence évidemment le marché du homard.
Honorables sénateurs, quelles ont été les conséquences de la récession sur la dernière saison de la pêche au homard? La réponse est simple : les débarquements de homard ne trouvent pas preneurs au rythme habituel. La demande est en baisse et les prix connaissent une chute dramatique, au point où des pêcheurs de ma région du détroit de Northumberland n'ont obtenu que 2,75 $ la livre pour le homard traité en usine et 3,25 $ pour le plus gros que l'on vend sur le marché. C'est d'autant plus troublant si l'on considère qu'en 2004, selon le président de l'UPM, une étude du ministère des Pêches et des Océans fixait à 4 $ la livre le prix minimal pour qu'une entreprise de pêche au homard survive.
Honorables sénateurs, depuis que nous avons reçu, au Comité sénatorial permanent des pêches et des océans, des représentants de l'industrie, en mai dernier, la ministre des Pêches et des Océans a annoncé 10 millions de dollars pour améliorer la commercialisation, 50 millions de dollars pour aider l'industrie à long terme et 15 millions de dollars pour aider les pêcheurs à faible revenu. Les représentants des pêcheurs ont accueilli ces mesures avec une certaine tiédeur, quoique, dans l'ensemble, ils y ont vu un premier pas dans la bonne direction.
Il y a trois semaines, le 22 septembre dernier, la ministre faisait connaître les critères d'admissibilité au programme de 15 millions de dollars pour les pêcheurs à faible revenu. Chaque pêcheur devrait recevoir 5 000 $, à condition d'avoir rapporté un revenu de 50 000 $ ou moins et que ce revenu représente une baisse de 25 p. 100 par rapport à l'année précédente.
Certains pêcheurs de la côte atlantique affirment qu'ils ne seront pas admissibles parce qu'ils ont un revenu supérieur à 50 000 $, mais en raison des coûts d'exploitation très élevés, leur revenu net demeure très faible. Il faut se rappeler qu'au cours des dernières années, les hausses du prix du carburant et du poisson d'appât ont augmenté considérablement les frais d'exploitation des pêcheurs.
Quant au fonds de 50 millions de dollars pour la durabilité de l'industrie, les pêcheurs estiment qu'il faudrait le quintupler. Ce qu'il faut faire, et notre comité le recommande, c'est introduire, en collaboration avec l'industrie et les représentants des pêcheurs, un programme de rachat de permis afin de rationnaliser l'effort de pêche du homard.
Notre rapport recommande aussi d'apporter des changements immédiats dans « le calcul de l'admissibilité des pêcheurs en fonction de leurs revenus de 2008 » et un « prolongement de cinq semaines de la durée des prestations versées par l'assurance-emploi ».
Finalement, le Comité permanent des pêches et des océans recommande que le ministre responsable entreprenne des discussions avec les organismes de pêcheurs de la côte Est et les autorités provinciales pour établir un plan d'aide à court terme pour l'industrie de la pêche au homard.
Honorables sénateurs, l'aide apportée jusqu'à maintenant n'est qu'un début pour régler les problèmes auxquels les pêcheurs sont confrontés. Il faut que le gouvernement aide davantage les pêcheurs qui sont engouffrés dans cette crise économique sans précédent.
Je vous invite donc, honorables sénateurs, à vous prononcer sur la motion d'adoption de ce rapport du sénateur Rompkey, afin que la ministre des Pêches et des Océans soit saisie des recommandations et qu'elle nous fasse connaître sa réponse, ainsi qu'à la communauté des pêcheurs de homard.
Je vous rappelle, honorables sénateurs, que ce rapport a fait l'unanimité au Comité sénatorial permanent des pêches et des océans.