Déclaration faite le 18 novembre 2009 par le sénateur Roméo Dallaire
L'honorable Roméo Antonius Dallaire :
Honorables sénateurs, le 20 novembre est la Journée nationale de l'enfant. Cette date marquera également le 20e anniversaire de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant, qui a été adoptée le 20 novembre 1989.
Il s'agit d'une merveilleuse occasion de reconnaître la valeur des enfants au Canada et dans le monde entier et de les célébrer. Il est aussi temps de faire le point sur ce que nous avons réalisé au cours des 20 dernières années et de regarder vers l'avenir pour voir comment nous pouvons améliorer nos efforts visant à protéger et à promouvoir les droits de tous les enfants.
La Convention relative aux droits de l'enfant a changé notre façon de voir les enfants et notre manière de parler d'eux. Elle nous a sensibilisés aux problèmes auxquels les enfants et les jeunes sont confrontés dans notre monde très complexe. Elle nous a rendus beaucoup plus conscients de nos obligations à leur égard.
Les quatre principes de base de la convention sont les suivantes : la non-discrimination — le respect, et non la tolérance —, l'intérêt supérieur de l'enfant, le droit de survivre et de se développer — pas comme des instruments de guerre — et le respect des opinions d'un enfant — son droit d'expression et de participation. Ces principes ont contribué à nous guider au cours des 20 dernières années et la convention joue un rôle crucial dans la transition qui s'opère actuellement vers une approche à l'égard des enfants et des jeunes qui est fondée sur leurs droits.
Par exemple, en 2006, le rapport du secrétaire général des Nations Unies sur la violence contre les enfants est devenu la première tentative de documenter la violence faite aux enfants dans le monde et les mesures qui sont prises pour y mettre fin. Le rapport conclut que, même si certains enfants sont particulièrement vulnérables, la violence peut toucher des enfants de tous les milieux géographiques, culturels, socioéconomiques et même familiaux.
Le rapport du secrétaire général conclut aussi que :
Aucune violence à l'encontre des enfants ne peut se justifier; toute violence à l'encontre des enfants peut être prévenue.
La première étape consiste à cerner nos manquements à l'égard des droits des enfants. Il est encourageant de constater que, au cours des 20 dernières années, nous sommes devenus plus enclins à parler franchement de la façon dont nous traitons les enfants et à nous attaquer directement aux problèmes au lieu de les ignorer. Le Protocole facultatif à la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant, qui a été signé en 2000 et qui stipule qu'aucun enfant de moins de 18 ans ne devrait être formé ou utilisé comme instrument de guerre, est certainement un parfait exemple des progrès que nous avons réalisés en ce qui a trait à la protection des enfants et de leurs droits contre les abus des adultes.
En tant que législateurs et parlementaires, nous devons nous rappeler une chose. Nous avons la responsabilité toute particulière d'écouter les enfants et de tenir compte de leurs opinions et de leurs préoccupations quand nous prenons des décisions et quand nous élaborons des politiques et des mesures législatives qui ont des répercussions sur leur vie. Nous devons les encourager à participer à la vie publique, à devenir des activistes ainsi qu'à manifester leur présence et à prouver leurs capacités. Nous devons les aider à acquérir la confiance et les compétences nécessaires pour pouvoir s'attaquer aux problèmes graves auxquels le monde est confronté aujourd'hui.
Honorables sénateurs, l'avenir des enfants d'aujourd'hui n'est pas dans 20 ans, mais dans cinq ou six ans. Dans ce monde aux prises avec une incroyable révolution des communications, les enfants sont membres d'une génération qui est consciente des problèmes qui existent dans le monde et qui pourra combattre pour le respect des droits de la personne, l'environnement et le désarmement nucléaire.