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Grant Mitchell

L Le sénateur Grant Mitchell a fait carrière dans la fonction publique, dans le milieu des affaires et sur la scène politique en Alberta. Il a été nommé au Sénat en 2005 par le Très honorable Paul Martin.

Discours et débats

L'honorable Jerahmiel S. Grafstein, C.R.—Hommages

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Déclaration faite le 09 décembre 2009 par le sénateur James Cowan, le sénateur Serge Joyal, le sénateur David Smith, la sénatrice Joyce Fairbairn (retraitée), le sénateur Art Eggleton, le sénateur Tommy Banks (retraité), le sénateur Peter Stollery (retraité), le sénateur Terry Mercer et le sénateur Jim Munson

L'honorable James S. Cowan (leader de l'opposition) :

Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd'hui pour rendre hommage à notre collègue, le sénateur Grafstein. Cependant, je vous avoue que c'est un défi de taille. Comment peut-on rendre hommage à une force de la nature déguisée en être humain?

Certains d'entre vous se souviendront du vieux film Zelig, dont le personnage principal se trouvait toujours par hasard là où quelque chose d'important arrivait, où que ce soit au monde. Le sénateur Grafstein a été un peu comme ça. Toutefois, au lieu d'être un personnage innocent comme celui de Woody Allen, en général, le sénateur Grafstein a joué un rôle de premier plan dans des projets auxquels beaucoup d'autres voulaient participer.

Le grand empire CHUM a été fondé par Jerry Grafstein et Allan Waters en 1954, lorsqu'ils ont acheté une petite station de radio de Toronto, appelée 1050 CHUM, qui était en difficulté. L'empire a fini par comprendre 33 stations de radio, 12 stations de télévision et 21 Chaînes spécialisées.

Industrie Canada, ministère qui a été établi pour fournir des ressources et des politiques favorisant l'innovation au Canada, a commencé par être désigné sous le nom du ministère de la Consommation et des Affaires commerciales au moment de sa création, en 1967, sous le premier ministre Trudeau. Oui, Jerry Grafstein était là, à titre de conseiller spécial, au moment de sa fondation.

À Washington, tout le monde connaît Jerry Grafstein. L'inauguration du président Obama? Eh oui, il était là.

Le pape lui-même a mentionné qu'il connaissait seulement deux personnes à Toronto, la plus grande ville du Canada. Eh oui, l'une d'elles est Jerry Grafstein. Comme nous l'avons appris il y a quelques semaines, ils se sont rencontrés il y a quelques années, par l'entremise de notre ancien collègue, le sénateur Stanley Haidasz.

Comme nous le savons tous ici, le sénateur Grafstein est comme cela. Si quelque chose doit être fait, il est là et prêt à intervenir avec un plan, avant même que la plupart des gens se rendent seulement compte qu'il y a un problème.

Le sénateur Grafstein est né à London, en Ontario, où il a fréquenté l'Université Western Ontario. Il a ensuite étudié le droit à l'Université de Toronto. Il a été admis au Barreau de l'Ontario en 1960.

Très jeune, Jerry est devenu un fervent libéral. Au fil des ans, il a occupé plusieurs postes au sein du Parti libéral du Canada, au niveau de sa circonscription, puis au niveau national. Cependant, les titres ne donnent pas une idée juste de la profondeur de son engagement envers les idéaux, les principes et la vision du Canada propres au Parti libéral.

En 1966, Jerry a été le fondateur et rédacteur en chef du Journal of Liberal Thought. Il a été adjoint administratif du très honorable John Turner lorsque celui-ci occupait le poste de registraire général du Canada. Il a été conseiller auprès du ministère des Transports et de l'Agence canadienne de développement international et a été membre du comité consultatif du ministère de la Justice. Le sénateur Grafstein a été cofondateur et président de Red Leaf Communications Company, un consortium de publicité qui a bien servi le Parti libéral pendant de nombreuses d'années. Le sénateur Grafstein a également trouvé le temps de pratiquer le droit au sein de l'étude bien connue de Toronto Minden Gross, où il est arrivé dans les années 1960. Il est pour quelque chose dans le fait qu'elle se situe maintenant parmi les études de premier plan au Canada.

En 1984, le premier ministre Trudeau l'a appelé à siéger au Sénat. Certains aiment dire que le Sénat est un dortoir rempli de gens qui ne font pour ainsi dire rien. J'invite ces gens à rencontrer Jerry Grafstein. Je vous donne une liste abrégée des projets auxquels il a été associé au Sénat.

Le sénateur Grafstein a été un membre actif de nombreux groupes et associations interparlementaires en Europe, en Asie et en Amérique latine, y compris de l'Union interparlementaire et de l'Association parlementaire canadienne de l'OTAN.

Il a été pendant plus de 10 ans coprésident du Groupe interparlementaire Canada-États-Unis. En juillet 2007, il a été élu vice-président de l'Assemblée parlementaire de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, la plus grande organisation gouvernementale des droits de la personne dans le monde.

Son engagement au service de la collectivité est légendaire. Il a coprésidé le Comité préparatoire du Sommet économique de Toronto; il a été membre du conseil exécutif du comité chargé de promouvoir la candidature de Toronto pour l'obtention des Jeux olympiques de 2008; il a organisé la fin de semaine « Le Canada aime New York », en 2001, afin d'aider New York dans la foulée des événements du 11 septembre, puis le concert des Rolling Stones, à Toronto, en 2003, afin d'aider Toronto à se remettre de la crise du SRAS, de même que le téléthon Le Canada pour l'Asie, en 2004, qui a permis de recueillir 15 millions de dollars pour venir en aide aux victimes du tsunami. Il a été fait commandant honoraire du Corps des Marines des États-Unis et chef honoraire des pompiers de la ville de New York.

Le sénateur Grafstein a siégé pour ainsi dire à tous les comités sénatoriaux permanents au cours de ses 25 années de service. Il a présidé le Comité sénatorial permanent des banques et du commerce et il a été l'un des sénateurs qui a servi le plus longtemps au sein du Comité sénatorial permanent des affaires étrangères et du commerce international.

Le sénateur Grafstein a présenté une longue liste de projets de loi d'initiative parlementaire — dont, bien sûr, le projet de loi S-201, qui prévoyait la création d'un musée national du portrait. Et ce n'est pas tout. Il a aussi présenté un projet de loi d'initiative parlementaire prévoyant la création du poste de poète officiel du Parlement et coparrainé un projet de loi désignant le Jour commémoratif de l'Holocauste. Il a présenté un projet de loi ajoutant l'attentat suicide aux infractions visées dans le Code criminel, le projet de loi S-205, qui a franchi l'étape de la deuxième lecture à l'autre endroit. Son projet de loi sur l'eau potable est aussi à l'étude dans à endroit. Une longue liste de ses projets de loi d'initiative parlementaire figure toujours au Feuilleton du Sénat.

Notre distingué collègue quitte le Sénat, c'est vrai, mais il s'est arrangé pour nous laisser beaucoup de travail après son départ.

Il est membre de l'Institut canadien des affaires internationales. Il a publié des articles, donné des cours, participé à des tribunes et dirigé des conférences sur la technologie, la télévision, la diffusion par câble, le cinéma, la télédiffusion et les finances.

Le sénateur Grafstein est un mécène pour plusieurs organismes dans le domaine des arts et dans celui de la santé. Il a été gouverneur de la Compagnie d'opéra canadienne, membre du conseil d'administration du Festival Shaw, du Festival de Stratford, du Festival du film de Toronto et, enfin, du Festival des festivals. En effet, de quel festival peut-on s'occuper quand on a siégé aux conseils d'administration de ces grands festivals, sinon à un festival qui s'appellerait le Festival des festivals?

Les sénateurs voient ce que je veux dire. Le sénateur Grafstein est une véritable force de la nature. Aucun être humain ordinaire ne pourrait en faire autant en une seule vie.

Sénateur Grafstein, je sais qu'en ce qui vous concerne, votre retraite du Sénat représente seulement une étape de plus dans votre vie et signifie qu'il est temps pour vous de passer à l'étape suivante. Il est impossible de croire que vous mènerez un jour une vie tranquille.

Nous avons tous hâte de vous regarder avec admiration mener votre prochain projet. La tornade Grafstein se remet en marche.

Sénateur Grafstein, je vous transmets nos plus sincères souhaits à vous, à votre épouse, Carole, et à vos garçons, Laurence et Michael.


L'honorable Serge Joyal :

Honorables sénateurs, c'est pour moi un privilège de pouvoir rendre hommage au sénateur Jerry Grafstein à l'occasion de sa retraite du Sénat. Nous perdons peut-être un collègue respecté, mais nous gardons un bon ami.

Je ne parlerai pas des liens qui cimentent notre amitié, car il y a des circonstances plus propices à ce genre de propos. Je rappellerai plutôt aux honorables sénateurs les positions de principe que le sénateur Grafstein a défendues au cours des 26 années qu'il a passées au Sénat.

Ses principaux efforts ont porté sur la reconnaissance de la valeur de la vie humaine en tant que principe fondamental au centre de nos droits et libertés. Il s'est battu pour ces droits ici, au Sénat, il y a 10 ans, lorsque le gouvernement au pouvoir a présenté un projet de loi sur l'extradition qui donnait au ministre de la Justice le pouvoir de permettre l'imposition de la peine de mort à un Canadien détenu à l'étranger. Le sénateur Grafstein était d'avis qu'il ne pouvait pas y avoir deux séries de principes s'appliquant aux citoyens canadiens, l'une visant à les protéger au pays et l'autre donnant des pouvoirs discrétionnaires à l'étranger. Il croit au principe fondamental du caractère sacré de la vie, qui doit être le même partout et en tout temps.

Nous avons perdu la bataille au Sénat sur ce projet de loi, mais, un an plus tard, la Cour suprême a confirmé ce principe dans l'affaire États-Unis c. Burns, et, l'an dernier, la Cour fédérale a réaffirmé ce point dans l'affaire Ronald Smith.

Le deuxième principe d'action du sénateur Grafstein est la protection des minorités et la défense des membres les plus vulnérables de notre société. Du simple fait de leur poids supérieur, les majorités tendent à oublier la condition et le sort des personnes ou des groupes qui ont moins d'influence ou de pouvoir. Les premiers à devoir lutter pour leur reconnaissance sont les peuples autochtones. Le sénateur Grafstein a présenté ou appuyé des modifications législatives, des motions et des interpellations en faveur de leur droit à l'autonomie gouvernementale, de leur droit de vivre dans la dignité et en bonne santé, ainsi que de leur droit de parler leur propre langue.

Le sénateur Grafstein est également préoccupé par le sort des jeunes et les droits de l'enfant. Il était en faveur de donner une deuxième chance aux jeunes pris dans les filets de la justice pénale, en particulier ceux qui proviennent d'un milieu familial pauvre et violent. À un moment donné, son opinion lui a même valu d'être expulsé du Comité sénatorial permanent des affaires juridiques et constitutionnelles.

Le sénateur croit au rôle du gouvernement, pas nécessairement un gouvernement de plus en plus imposant, mais d'un gouvernement amélioré et éclairé. En qualité de président du Comité sénatorial permanent des banques et du commerce, le sénateur Grafstein a lancé et mené à bonne fin une étude relative au renforcement des mesures de protection des consommateurs dans le secteur des services financiers. Il s'est opposé aux fusions bancaires en sachant qu'au bout du compte, ce sont les contribuables qui devraient à assumer le risque des mauvaises décisions en matière d'investissements.

Il ne croit pas que l'égalité des chances puisse reposer uniquement sur le jeu des forces du marché. Le sénateur Grafstein est ce que j'appellerais un « démocrate libéral ». Il est convaincu du bien-fondé du libre marché, mais il estime qu'il faut assurer la redistribution stratégique des richesses au profit de ceux qui vivent sous le seuil de richesse minimum admis dans une société opulente.

Le sénateur est également un Canadien engagé. Il a toujours considéré ses initiatives comme celles d'un bâtisseur de pays, et a toujours préconisé un gouvernement central efficace travaillant à unir les régions, les groupes et les collectivités de tout le pays. Son appui à la création d'un musée du portrait canadien en constitue un exemple.

Il est resté attentif à la richesse culturelle et à la contribution des Canadiens français partout au pays. Participant dynamique au débat sur notre avenir constitutionnel, il était préoccupé de voir comment les institutions du Parlement sont définies dans notre régime de gouvernement de type Westminster. C'est pourquoi il a défendu le rôle du Sénat en tant que Chambre essentielle du Parlement dans le cadre du débat relatif à la Loi sur la clarté.

Il a également gardé un œil sur les défis relatifs à la protection de l'environnement, notamment l'accès à l'eau potable qui est un sujet de préoccupation mondial.

Au chapitre international, ses initiatives ont également été orientées vers la paix dans des régions du monde où des pays voisins ne sont pas encore arrivés à établir les conditions d'une cohabitation pacifique. Son engagement indéfectible a notamment porté sur la situation au Moyen-Orient, la lutte contre l'antisémitisme, la création d'institutions internationales pour faciliter la médiation et le règlement des conflits, entre autres au sein de l'OSCE.

Honorables sénateurs, avez-vous une idée du nombre de projets de loi, de motions, d'interpellations, de questions, d'amendements, d'interventions et de discours que le sénateur a présentés au cours des 26 années au cours desquelles il a siégé au Sénat? Le nombre en est impressionnant.

Aujourd'hui, j'ai pensé qu'il serait approprié d'examiner certains principes et valeurs que le sénateur Grafstein a défendus. Ces principes et valeurs sous-tendent son engagement à agir et donnent une meilleure idée de la véritable étoffe dont est fait cet homme, que nous saluons aujourd'hui à l'occasion de son départ du Sénat. Merci, sénateur Grafstein.


L'honorable David P. Smith :

Honorables sénateurs, je veux rendre hommage à mon ami Jerry Grafstein, que je connais depuis plus de 45 ans. Je l'ai connu alors qu'il était encore dans la vingtaine, figurez-vous. Je suis un peu plus jeune que lui, sinon vous seriez en train de me rendre hommage aujourd'hui.

C'était l'époque où libéral voulait dire jeunesse. Quand on se remémore ce temps-là, on pense à Lester Pearson, Walter Gordon et Keith Davey. On entend Dalida chanter « c'était le temps des fleurs, on ignorait la peur ». Dans nos têtes, le temps des fleurs n'allait jamais s'arrêter, mais il a bien fallu passer à autre chose.

Nous avons travaillé ensemble à d'innombrables campagnes. En fait, je ne puis pas m'empêcher de mentionner l'une d'elles. C'était la course à la direction du parti provincial, en 1964. Un homme du nom d'Andrew Thompson a été élu. Certains sénateurs l'ont peut- être connu, mais probablement pas aussi bien qu'il l'aurait fallu. Quoi qu'il en soit, c'était le temps des fleurs.

Le sénateur Cowan a parlé de la carrière d'avocat du sénateur Grafstein et de ses réalisations au Sénat. Je voudrais parler un peu de ce qu'il a fait pour favoriser la démocratie au sein du parti. Si la démocratie ne fonctionne pas à l'échelon des partis politiques, elle ne fonctionne pas du tout. Il y a des gens des deux côtés du Sénat, comme les sénateurs Meighen, Finley, Nolin et Angus — et j'en oublie peut-être — qui ont permis au Parti conservateur et au Parti libéral de fonctionner. Ces deux partis nationaux sont le ciment qui rassemble le pays, j'en suis convaincu.

Le sénateur Grafstein a œuvré à tous les échelons. Il a œuvré à l'échelon des associations de circonscription puis, au moment de la course à la direction de 1968, nous avions tous les deux été chefs de cabinet de John Turner,. Jerry avant, puis moi. Peu de gens savent que, lors du congrès de 1968, c'est John Turner qui a obtenu la proportion la plus importante du vote des jeunes. Nombreux sont les gens qui tiennent pour acquis que c'était Trudeau. Le congrès s'est déroulé dans l'amitié et s'est terminé sur une bonne note. Tout le monde a fait bloc derrière M. Trudeau, mais nous avions convaincu au départ la plupart des jeunes d'appuyer John Turner.

Jerry a participé en outre aux activités du groupe Red Leaf, une agence de publicité.

Jerry donne un tout nouveau sens au mot « énergie ». Je n'ai pas besoin d'expliquer. Tous les sénateurs savent cela. C'est un fait.

Une autre chose dont je veux parler est la manière dont il a en quelque sorte pris la succession de David Croll, qui était un patriarche de la communauté juive. Jerry a représenté cette communauté d'une manière équitable, harmonieuse et, selon moi, objective quand des questions suscitant des débats animés étaient soulevées. Je respecte tout à fait cela. Il va être difficile à remplacer.

Jerry est aussi devenu un ami. C'est difficile d'imaginer cela maintenant mais, quand il a été nommé au Sénat en janvier 1984, j'étais à l'autre endroit. J'ai organisé un dîner pour lui au café Henry Burger, à l'étage, avec une dizaine de ses amis. Nous avons eu un autre dîner pour lui la semaine dernière et ils étaient 25 fois plus nombreux. L'endroit était bondé. Il n'y avait plus une place libre. C'était tout un spectacle. On ne voit pas souvent cela. C'était tout un hommage. Aucun de ceux qui y étaient ne l'oubliera.

Jerry, vous allez nous manquer. Bien sûr, quelqu'un va vous succéder et occuper votre siège, mais on n'arrivera pas vraiment à vous remplacer puisque vous êtes irremplaçable. Certains des dossiers et des causes que vous avez défendus ont abouti, mais il reste des motions et des projets de loi d'initiative parlementaire qui n'ont pas encore porté fruit. Les graines ont été semées et arrosées;

elles donneront des fruits dont on fera la récolte. Au fil du temps, l'importance de l'héritage que vous nous léguez ira croissante.

La famille de Jerry n'a pu être présente aujourd'hui à cause de la tempête de neige. Carole continuera à le pousser hors de la maison la plupart du temps parce qu'il aura beaucoup d'autres choses à faire.

Tous nos vœux de bonheur à vous-même, Jerry, ainsi qu'à votre famille. Vous nous manquerez. Vous êtes irremplaçable.


L'honorable Joyce Fairbairn :

Honorables sénateurs, c'est à la fois avec tristesse et fierté que je dis adieu à un ami et collègue de longue date, le sénateur Jerry Grafstein, qui a su dynamiser le Sénat. Certes, il a donné un regain d'énergie à notre caucus depuis son entrée au Sénat en janvier 1984. Il est arrivé avec ses compétences d'avocat et de conseiller politique d'expérience pour le Parti libéral à Toronto. À n'en pas douter, il a été une figure marquante du Parlement, notamment au Sénat.

J'ai rencontré Jerry pour la première fois en 1966 lorsqu'il a commencé à travailler pour un nouveau ministre énergique, le très honorable John Turner. Jerry était un assistant de premier ordre qui a contribué à créer le ministère de la Consommation et des Affaires commerciales. En outre, il était un jeune libéral de bon conseil. D'ailleurs, il est toujours un jeune libéral. Non seulement était-il un précieux conseiller et un grand agent de financement, mais il avait également l'admiration de tous. Sa passion pour sa ville et son pays est solidement ancrée. Les liens d'amitié qu'il cultive avec nos voisins, les États-Unis, et sa connaissance de ce pays se sont considérablement approfondis au fil des années. Avec ses 15 années d'expérience, il est le plus ancien coprésident du Groupe interparlementaire Canada-États-Unis. On reconnaît en lui non seulement un grand sénateur, mais également un digne représentant de notre pays, toujours prêt à participer aux discussions et à offrir son aide. Quand il ne se donne pas corps et âme à la politique, il sait être un précieux organisateur communautaire.

C'est lui qui a lancé le slogan « Le Canada aime New York ». Près de 30 000 Canadiens ont répondu à l'appel et sont allés à New York offrir leur aide à la suite des attaques terroristes du 9 septembre 2001. Jerry est également bien connu pour les démarches qu'il a faites pour que les Rolling Stones donnent un concert à Toronto le 30 juillet 2003, alors que la crise du SRAS secouait le pays. Quelque 500 000 personnes, y compris moi, ont assisté à ce concert, reconnu comme la plus grande manifestation extérieure avec admission sur présentation d'un billet jamais organisée dans le monde. Le concert fut également mémorable du fait que j'ai constaté, alors que j'arrivais de Lethbridge, en Alberta, qu'on y vendait du bœuf de l'Ouest afin de soutenir l'industrie canadienne du bœuf, qui se portait mal à cause de la maladie de la vache folle.

Somme toute, Jerry a fait une très belle carrière ici, sur la Colline. Je me souviens que nous étions bien jeunes, et nous sommes encore jeunes, lorsque nous siégions à l'autre bout de l'édifice. C'est également le cas du leader du gouvernement au Sénat, entre autres. Nous étions amis et nous le sommes encore tous. À tous les égards, nous avons bien profité de sa présence, en tant que parlementaires, sans oublier tout ce qu'il a fait pour Toronto, cette ville qu'il aime tant.

Je vous remercie, Jerry, de vos multiples contributions aux activités du Sénat au cours des 25 dernières années. Vous nous manquerez. Vous me manquerez. Vos belles chemises, surtout la rose, vont me manquer. Cela me fera penser à vous chaque fois que je me rappellerai vos chemises. Vous allez nous manquer à tous.

Je fais le vœu, à l'occasion de votre départ, qu'il y ait un jour un musée du portrait. Je serai prête, d'une certaine façon, à vous appuyer dans tout ce que vous voudrez entreprendre et me tiendrai au courant de vos manifestations à venir, car un autre très bel avenir vous attend. Je vous le dis, Jerry, le souvenir de votre passage parmi nous sera impérissable.


L'honorable Art Eggleton :

Honorables sénateurs, j'espère qu'on ne m'en tiendra pas rigueur, mais je tiens à la main le Feuilleton et Feuilleton des Avis d'aujourd'hui. Celui-ci sera beaucoup plus mince à la suite du départ du sénateur Grafstein, car les motions du sénateur occupent plus de la moitié des pages. Certains sénateurs s'en réjouiront peut-être, mais j'estime que, privée de toutes ces contributions du sénateur Grafstein, notre assemblée s'en trouvera appauvrie. Comme on peut le constater à la lecture de ce document, le sénateur a fait des recherches poussées sur ces dossiers, dossiers auxquels il se dévoue avec grande conviction et passion. Il a apporté une contribution exceptionnelle au Canada sur ce plan.

Il a également, comme on l'a signalé, apporté une contribution à l'extérieur du Sénat, au sein de nombreuses organisations qui l'ont notamment amené à représenter le Sénat en Europe et aux États- Unis à titre de membre du Groupe interparlementaire Canada- États-Unis. Il a accompli un travail remarquable.

Je ne puis m'empêcher de croire qu'il a rapidement compris que le titre de « sénateur » faciliterait ses relations avec les États-Unis, où c'est un titre très important qui ouvre de nombreuses portes. Il a su ouvrir beaucoup de portes et faire la rencontre et la connaissance de bien des gens. Il a tiré parti de cette force au profit du Canada dans ses relations avec les États-Unis. Nous ne nous en portons que mieux grâce à sa contribution.

Je dois parler de Toronto, bien entendu. Jerry m'a ardemment appuyé et grandement conseillé durant mon mandat de 11 ans à titre de maire de Toronto, de 1980 à 1991. Aucun maire ne pourrait avoir un meilleur citoyen pour sa ville que Jerry Grafstein. Aucun maire ne pourrait rêver d'un meilleur bâtisseur, d'un meilleur défenseur et d'un meilleur promoteur pour sa ville que Jerry Grafstein. J'ai été très heureux d'avoir été maire d'une ville dont il était un citoyen.

Évidemment, ses nombreuses contributions à la ville de Toronto ont été citées cet après-midi par quelques-uns de mes collègues. Encore une fois, je ne puis passer sous silence le concert des Rolling Stones de juillet 2003. Bien entendu, je n'étais plus maire à ce moment-là. Je siégeais au Parlement et j'étais président du caucus de Toronto. Je me réjouissais d'offrir mon appui. Des gens de tous les horizons m'ont dit qu'on n'y arriverait pas, qu'il était impossible d'organiser un concert en 30 jours avec de telles vedettes et prévoir la venue de 500 000 spectateurs. C'était impossible.

Ne dites jamais à Jerry Grafstein qu'un projet est impossible, car rien n'est impossible pour lui. Ce concert fut une autre de ses grandes contributions à Toronto. L'événement nous a aidés à surmonter la crise du SRAS et à montrer au monde entier que Toronto était bien une destination sûre.

C'est grâce à Jerry Grafstein que nous sommes dans le Livre Guinness des records, comme le sénateur Fairbairn l'a dit. En effet, il a déployé des efforts considérables pour organiser un concert, qui a battu des records de vente de billets, et il a fait tout cela en une très courte période.

Jerry, je veux vous remercier pour vos contributions au Canada, aux affaires internationales et aux questions relatives aux droits de la personne. Je sais que ce sont des questions qui vous tiennent à cœur. Je veux surtout vous remercier pour vos contributions à Toronto. J'espère continuer d'entretenir des relations amicales avec vous, Carole et votre famille.


L'honorable Tommy Banks :

Jerry, j'aimerais brièvement rompre les rangs et m'adresser directement et personnellement à vous.

D'autres sénateurs vous ont dit et vous diront de meilleure façon que moi à quel point vous avez amélioré cet endroit. Le Sénat du Canada ne sera pas pareil sans vous. Comme le sénateur Eggleton l'a signalé, nous sauverons beaucoup d'arbres.

Je veux vous remercier personnellement parce que, comme nous l'avons entendu, vous avez fait preuve d'un dynamisme tous azimuts et, malgré votre nature péripatétique, vous avez toujours été là pour répondre à nos questions. Vous avez été un précieux mentor pour nous tous, et surtout pour moi, au cours des années que j'ai passées au Sénat. Je vous en remercie.

J'aimerais plus particulièrement vous remercier pour votre clairvoyance à propos du problème de l'eau. Vous êtes la seule personne, dans les deux Chambres, à avoir compris ce qui était en jeu et à avoir tenté de résoudre le problème. J'espère que nous serons en mesure de poursuivre votre important travail pour le bien du pays. Merci, Jerry.


L'honorable Peter A. Stollery :

Honorables sénateurs, je veux dire brièvement quelques mots sur Jerry, mon ami et voisin de pupitre occasionnel.

Jerry et moi sommes au Sénat depuis longtemps. Nous nous connaissons depuis plus longtemps que je veux l'admettre. Au cours des années, nous avons parfois eu des différends, comme tout le monde. Jerry a cependant une grande qualité. Il n'est pas rancunier. Nous avons eu quelques disputes au fil des années, mais je sais qu'il est charmant et qu'il est très facile de bien s'entendre avec lui après une dispute.

Jerry, je vous remercie de votre compagnie et de votre bonne humeur.


L'honorable Terry M. Mercer :

Honorables sénateurs, je suis ravi de rendre hommage à mon ami Jerry Grafstein. J'ai connu Jerry bien avant d'être nommé sénateur. Je l'ai connu, cela va sans dire, lorsque j'étais le directeur national du Parti libéral, et aussi à l'époque où je vivais à Toronto et militais pour le parti.

On a décrit Jerry comme un touche-à-tout, et c'est exact. Nous pourrions passer tout l'après-midi à dire des choses intéressantes et à raconter des anecdotes amusantes à son sujet. Certaines l'embarrasseraient peut-être; nous les laisserons donc de côté.

Je me souviens d'une journée en particulier au Sénat. Nous nous étions rencontrés, Jerry et moi, et nous avions parlé d'un problème que je croyais important. Il était d'accord avec moi. Il a dit : « Vous savez, nous devons trouver une solution. » J'ai répondu : « Oui, nous en reparlerons ».

Le lendemain, j'arrivai au Sénat, prêt à parler à Jerry. La Chambre suivait l'ordre du jour comme prévu, puis tout à coup Jerry s'est levé pour présenter un projet de loi sur la question dont nous avions discuté. Alors que je réfléchissais encore à la solution possible, Jerry l'avait déjà trouvée : il présentait le projet de loi S- 217, une mesure instituant la Journée nationale de la philanthropie. Ce projet de loi se trouve actuellement devant un comité de l'autre endroit, et il faut à espérer qu'il finira par avoir force de loi.

Jerry, avec votre inépuisable énergie et votre esprit de décision, vous avez placé la barre très haut pour vos collègues. Le sénateur Angus et le sénateur Fairbairn ont parlé des normes vestimentaires que vous avez établies au Sénat. Si votre départ peut avoir quelque chose de bon pour nous, c'est que nous cesserons d'avoir à souffrir la comparaison avec vos tenues splendides.

J'ai fait un voyage à Washington avec Jerry. Je voyageais avec les membres du Comité sénatorial permanent de l'agriculture et des forêts, que le sénateur Fairbairn présidait à l'époque. Le sénateur Len Gustafson — un sénateur conservateur de la Saskatchewan, un type formidable — était de la partie, et le sénateur Tkachuk était peut-être là également. Il y avait deux comités canadiens à Washington, si bien qu'on a organisé une réception pour que les Canadiens puissent rencontrer les sénateurs américains et les membres du Congrès.

Lorsque nous sommes entrés dans la salle de réception, pour la plupart, nous ne connaissions personne, si ce n'est que nous reconnaissions quelques visages que nous avions vus à la télévision. Quant à Jerry, il connaissait tout le monde, mais surtout, tout le monde le connaissait. J'ai appris toutes sortes d'anecdotes formidables sur le fait que Jerry était connu non seulement sur la colline du Capitole, à Washington, mais qu'il était connu aussi, ou à tout le moins censé être connu, dans les bons restaurants de la ville.

Vous êtes difficilement remplaçable, Jerry. L'énergie que vous déployiez au Groupe interparlementaire Canada-États-Unis nous manquera à tous, des deux côtés du Sénat. Le travail que vous avez accompli et le modèle que vous avez établi, et que d'autres tentent d'égaler, auront une incidence durable. Aussi, une grande partie des mesures législatives que vous avez proposées ont été adoptées ou sont en voie de l'être.

Je siège au Sénat depuis six ans seulement, mais lorsque je partirai d'ici, j'espère pouvoir dire que j'ai accompli au moins 10 p. 100 de ce que vous avez été capable de faire. Merci, Jerry.


L'honorable Jim Munson :

Honorables sénateurs, j'ai posé une question très sérieuse ce matin à propos du sénateur et je vous laisser y répondre, sénateur Grafstein. C'est une question extrêmement importante sur le plan historique. Comme vous le savez, il y a toujours quelqu'un pour vous mettre en boîte en politique. Dites, comment était vraiment Wilfrid Laurier?


Veuillez s'il vous plait appuyer ici pour lire plusieurs hommages pour l'honorable Jerahmiel Grafstein


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