Déclaration faite le 11 décembre 2009 par la sénateure Pierrette Ringuette
L'honorable Pierrette Ringuette :
Honorables sénateurs, au moment même où les parlementaires du Canada se dépêchent d'aller retrouver leur famille pour la période des Fêtes, les familles canadiennes feront face à l'hiver le plus difficile financièrement des deux dernières décennies.
Hier, la manchette de tous les journaux canadiens portait sur le même sujet : « La Banque nationale triple ses bénéfices »; « Les bénéfices de la CIBC dépassent les prévisions »; « Les bénéfices des banques en hausse »; « Primes records au sein des banques canadiennes ».
Je vais vous citer un article :
Les primes versées par les six principales banques canadiennes vont atteindre la somme record de 8,3 milliards de dollars pour l'exercice de 2009, ce qui représente une hausse de 18 p. 100 par rapport à l'exercice précédent et d'environ 4 p. 100 par rapport à 2007, selon une analyse réalisée par le Globe and Mail.
Il s'agit là des institutions financières que tous les contribuables canadiens ont supposément renflouées ces huit derniers mois grâce au rachat de 60 milliards de dollars d'hypothèques et de 12 milliards de dollars de contrats de crédit-bail automobile, sans compter les 30 milliards de dollars de liquidité provenant de la Banque du Canada.
Il existe peut-être d'autres chiffres que ceux que je viens de citer, mais au moins nous savons que les contribuables canadiens ont fourni 102 milliards de dollars à ces institutions financières et qu'aujourd'hui, avant le pire Noël et le pire hiver que les Canadiens auront à traverser, elles affichent des bénéfices et des primes records.
Comment pouvons-nous accepter que nos contribuables continuent de payer des taux d'intérêt records de 18 à 30 p. 100 pour les cartes de crédit, alors que le taux du financement à un jour de la Banque du Canada se situe à 0,25 p. 100 et que le taux préférentiel moyen est d'environ 5 p. 100? Comment pouvons-nous accepter que notre Loi sur la faillite et l'insolvabilité offre davantage de sécurité aux banques qu'aux employés et aux retraités? Où sont passés nos principes d'équité et de respect à l'endroit de nos concitoyens et de leur famille?
Voici une dernière citation, mais non la moindre :
Nous arrivons à la fin d'une époque en matière de leadership d'entreprise, et peut-être même de leadership tout court. La détermination, une qualité, a été remplacée par la mesquinerie et l'avarice, deux terribles défauts.
Les récompenses ont été perverties. Les gens les plus riches ont fait un nombre incroyable d'erreurs presque sans devoir rendre de comptes [...] À trop d'occasions, les leaders nous ont divisés au lieu de nous unir.
Il s'agit d'une déclaration de Jeffrey Immelt, président de General Electric, faite à l'académie de West Point.