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Roméo Dallaire

L’honorable lieutenant général Roméo A. Dallaire, O.C., C.M.M., G.O.Q., C.S.M., C.D., L.O.M. (É. U.) (ret.), B.ès S., LL.D. (hon.), D.Sc.Mil (hon.), D.U., Le lieutenant-général (retraité) et sénateur Roméo Dallaire a reçu l'Ordre du Canada en 2002 en reconnaissance de ses efforts au cours de la Mission des Nations Unies pour le Rwanda. Il a été nommé au Sénat le 24 mars 2005.

Discours et débats

Troisième lecture du projet de loi C-15, Loi modifiant la Loi réglementant certaines drogues et autres substances et apportant des modifications connexes et corrélatives à d'autres lois, tel que modifié

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Déclaration faite le 11 décembre 2009 par la sénatrice Sharon Carstairs (retraitée)

L'honorable Sharon Carstairs :

Honorables sénateurs, un jour de 1968, je suis entrée dans ma salle de classe. Après avoir pris les présences, j'ai demandé où était Chris. On m'a répondu que Chris venait d'être condamné à une peine d'emprisonnement de deux ans moins un jour pour possession simple de marijuana.

Je répète : deux ans moins un jour pour possession de marijuana, à 18 ans.

Honorables sénateurs, si vous ne croyez pas que l'expérience que ce garçon a vécue en prison a changé sa vie à tout jamais, c'est que vous ignorez tout de l'influence qu'ont les prisons sur les jeunes dans ce pays.

Cet incident m'a fait connaître le sort que nous réservions aux personnes qui consomment une drogue à laquelle je n'ai jamais touché — non pas que je sois blanche comme neige, mais parce que je suis asthmatique. La première fois que j'ai fumé une cigarette, j'ai cru que j'allais mourir. Je n'allais certainement pas tenter de fumer quoi que ce soit d'autre, mais bon nombre de mes amis l'ont fait, eux. Je présume que quelques-uns d'entre nous l'ont probablement fait.

Honorables sénateurs, je peux vous dire que beaucoup de mes élèves l'ont fait. Si vous avez des adolescents, ou des petits-enfants à l'adolescence ou au début de la vingtaine, et que vous décidez de discuter franchement avec eux, à mon avis, vous constaterez que beaucoup d'entre eux ont déjà fumé de la marijuana. Ils ont eu un certain contact avec l'alcool également. La différence, c'est que l'alcool, pour une raison ou pour une autre, semble entraîner une bien plus grande dépendance que la marijuana. On a d'ailleurs bien peu de preuves, si tant est qu'il y en ait, que la consommation de marijuana crée la dépendance ou mène à la consommation d'autres drogues.

Ce qui est intéressant au sujet de ce projet de loi et des modifications dont il a fait l'objet, avec l'accord de la majorité des membres du comité, c'est que seuls ces aspects ont été abordés, mis à part la considération particulière concernant nos Autochtones, qui sont, proportionnellement, neuf fois plus nombreux que tout autre groupe dans les établissements carcéraux.

Si je vivais dans un monde idéal, je ne laisserais pas un enfant fumer une seule cigarette. Je ne laisserais pas un enfant prendre un verre. Je ne laisserais pas un enfant consommer une drogue, quelle qu'elle soit. Je ne laisserais certainement pas les gens surconsommer de l'OxyContin, une drogue parfaitement légale prescrite par les médecins et qui, comme nous venons de l'apprendre, a causé 100 décès en Ontario.

Il ne fait aucun doute que nous avons un problème de drogue, de drogues légales et illégales. L'alcool et le tabac sont des drogues légales. Ce sont vraiment des drogues. Ne pensons jamais le contraire. Nous faisons le choix d'en consommer, la plupart du temps avec modération, parfois sans trop de modération, et ce fut un peu le cas hier soir, à mon avis. Cependant, ces drogues sont légales.

Pour des raisons que je ne comprends pas, nous avons décidé de rendre la marijuana illégale. Il y a eu des tentatives pour la décriminaliser et même pour la légaliser, mais nous nous y sommes opposés totalement. Pourquoi? Personne encore n'a été en mesure de me fournir une réponse acceptable sans ajouter du même souffle que nous devrions également rendre illégales toutes les autres drogues.

Si, par souci de cohérence, nous voulons rendre l'alcool et le tabac illégaux, qu'il en soit ainsi. Rendons donc toutes les drogues illégales.

Il faut reconnaître que les jeunes prennent des risques. Comme vous le savez sans doute, récemment, j'ai présenté, en compagnie de collègues du Sénat, un rapport sur le vieillissement. Dans ce rapport, nous nous demandons entre autres si les aînés peuvent prendre des risques. On a souvent tendance à surprotéger les aînés et à dire qu'il ne faut surtout pas les laisser prendre des risques, alors que nos adolescents prennent des risques quotidiennement. N'importe quel gamin qui monte sur une planche à roulettes met sa vie en péril, mais il est certain que ce jeune va quand même vouloir faire l'expérience, pour s'affirmer. Dans le même ordre d'idées, lorsque les jeunes sortent, ils fument un joint pour faire comme les copains. Le joint passe d'une main à l'autre et, par le fait même, honorables sénateurs, ces jeunes deviennent, aux termes du Code criminel, des trafiquants. Ils n'ont même pas à vendre le joint ou à toucher un sou pour cette drogue pour se faire coller cette étiquette. Le seul fait de l'avoir passée à une autre personne en fait automatiquement des trafiquants.

Il faut davantage de preuves pour montrer qu'il s'agit vraiment de trafic que le simple fait d'offrir un joint ou de le passer à une autre personne.

J'ai toujours été profondément troublée à l'idée qu'un policier qui souhaite arrêter un grand nombre de jeunes pour une infraction liée à la marijuana pourrait simplement envoyer 20 voitures de patrouille remplies de policiers pour cueillir les jeunes à la sortie d'un concert rock. Les policiers pourraient arrêter une quantité innombrable de jeunes parce que presque tous auraient fumé de la marijuana. Est-ce que la police procède de cette façon? Non, elle ne le fait pas. Au Canada, nous permettons l'existence d'une position totalement injuste à cet égard. Dans les collectivités où les autorités décident de vraiment sévir contre la drogue, ces jeunes sont appréhendés, alors qu'ils ne le sont pas ailleurs. Notre approche est totalement injuste. Les sénateurs se sont employés à rectifier un

peu la situation avec ce projet de loi, mais ils n'ont absolument rien modifié, sauf en ce qui concerne la marijuana.

Honorables sénateurs, le tabac fait d'innombrables victimes au Canada. La consommation d'alcool engendre souvent des gestes violents qui causent bien des blessures et des décès. Du point de vue statistique, la consommation de marijuana est rarement fatale. Les statistiques le prouvent. Si nous voulons réagir aux statistiques, on peut le faire, mais si nous voulons être raisonnables et pragmatiques, alors nous devons veiller à ce que les jeunes reçoivent les traitements dont ils ont besoin, et non le séjour en prison dont ils auraient besoin, selon certains. Sinon, à mon avis, il y aura de plus en plus de criminels endurcis à long terme. Nous n'avons pas de programmes au Canada pour traiter les jeunes à risque de consommer de la drogue. Il n'y a aucun traitement digne de mention. Ce que ce projet de loi va accomplir, c'est envoyer plus de jeunes en prison. Vont-ils recevoir des traitements en prison? Non, car ces programmes n'existent pas. Vont-ils recevoir des traitements dans la rue? Non, car ces programmes n'existent pas. On n'a qu'à jeter un coup d'œil aux listes d'attente des traitements pour toxicomanes dans toutes les collectivités. La majorité des gens qui veulent ces traitements n'y ont pas accès. Ceux qui ont la chance de vivre dans une famille nantie peuvent se faire envoyer dans un centre de traitement privé aux frais de leurs parents. Alléluia, ces enfants recevront peut-être les traitements dont ils ont besoin.

Par contre, la vaste majorité des jeunes, surtout des jeunes Autochtones, n'ont pas accès à ces programmes. Ils n'y ont pas accès à Winnipeg. Ils n'y ont pas accès à Brandon. Ils n'y ont pas accès à Portage la Prairie. Ils n'y ont pas accès à Thompson. Ils n'y ont pas accès à Flin Flon. Ils n'y ont pas accès à Churchill, et ils n'y ont accès dans aucune des collectivités autochtones. De tels programmes n'existent tout simplement pas.

Oui, honorables sénateurs, j'appuie ces amendements. J'en appuierais encore beaucoup plus, mais je suis en faveur de ceux-ci parce qu'ils tentent de rendre justice aux jeunes et aux jeunes adultes de ce pays.

Veuillez s'il vous plait appuyer ici pour lire ce débat dans son intégralité


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