Déclaration faite le 25 mars 2010 par la sénateure Lucie Pépin (retraité)
L'honorable Lucie Pépin :
Honorables collègues, j'applaudis à la décision du premier ministre de mettre la santé des mères et des enfants au cœur de l'ordre du jour de la réunion du G8. Ce choix va contribuer à réduire le taux de mortalité maternelle.
Chaque année, un demi-million de femmes meurent en raison des complications liées à leur grossesse ou à l'accouchement. Plusieurs autres souffriront de séquelles graves et durables.
Un grand nombre des décès maternels sont attribuables à des hémorragies, à des avortements non médicalisés, à l'hypertension, à des problèmes éprouvés lors de l'accouchement et à des infections.
Si nous, Canadiens, voulons sauver la vie de mères d'ailleurs, nous devons axer notre action sur les causes profondes qui provoquent ces décès. Au tiers monde, les femmes décèdent parce qu'elles ont des grossesses trop rapprochées et à un trop jeune âge ou parce qu'elles accouchent dans de mauvaises conditions.
Selon un récent rapport du Guttmacher Institute, dans ces pays, chaque année, 75 millions de femmes se retrouvent enceintes sans le vouloir. D'après les prévisions de cet institut, en prévenant 50 millions de ces grossesses, on éviterait 22 millions d'avortements, 7 millions de fausses-couches, 1,4 million de morts infantiles et 142 000 décès provoqués par un accouchement ou un avortement mal pratiqué. Un demi-million d'enfants éviteraient ainsi de perdre leur mère.
Toute stratégie efficace en vue d'améliorer la santé maternelle passe par un contrôle des naissances et par une prise en charge des besoins en contraception.
La planification familiale ne doit pas être seulement une option. Le contrôle des naissances doit être un élément central dans tout plan visant à sauver les mères. C'est un message axé sur la prévention que le Canada doit transmettre à ses partenaires du G8.
Le Canada pourrait également prêcher par l'exemple en rétablissant les crédits des organismes de développement, comme International Planning Parenthood, qui aident les femmes démunies dans les zones rurales à accéder à des consultations prénatales et à des soins obstétricaux.
Les solutions auxquelles il faut donner priorité pour sauver la vie des mères sont connues et expérimentées, et il ne s'agit pas de pro- choix, de pro-vie ou d'anti-choix. Le Canada ne peut tout faire seul, mais nous pouvons faire la différence en orientant les actions du G8 vers les secteurs prioritaires. J'espère que le gouvernement en tiendra compte lorsque la ministre Oda rendra publiques les modalités de la mise en œuvre de cette louable initiative en avril prochain.