Déclaration faite le 15 avril 2010 par la sénatrice Maria Chaput
L'honorable Maria Chaput :
Honorables sénateurs, c'est un grand honneur pour moi de prendre la parole aujourd'hui afin de rendre hommage à l'un des grands parlementaires canadiens de notre histoire.
Le regretté sénateur Jean-Robert Gauthier fut un homme exceptionnel. Il représenta avec conviction les intérêts des francophones du Canada et, jusqu'à la fin de ses jours, lutta en faveur de l'égalité de nos deux langues officielles.
C'est l'honorable Jean-Robert Gauthier lui-même qui, en 1977, proclama ceci :
Le minimum à atteindre dans toutes les provinces serait le droit de vivre dans sa langue maternelle, le droit des parents de faire instruire leurs enfants dans la langue maternelle de leur choix [...], le droit de communiquer avec le gouvernement et les instances publiques dans la langue officielle de son choix et le droit de se défendre en justice dans l'une ou l'autre des langues officielles.
Si, aujourd'hui, nous nous rapprochons quelque peu de ce « minimum à atteindre », c'est grâce à la ténacité de Jean-Robert Gauthier.
Que ce soit à titre de conseiller scolaire, député ou sénateur, il n'a jamais hésité à rappeler aux Canadiens et à leurs gouvernements successifs l'importance des communautés de langues officielles au sein de la fédération canadienne.
C'est Jean-Robert Gauthier qui a mené d'arrache-pied le combat pour obtenir des écoles françaises homogènes dans la région de la capitale nationale, et il remporta cette victoire haut-la-main.
C'est Jean-Robert Gauthier qui osa tenir tête à M. Trudeau, en 1982, en votant contre le rapatriement de la Constitution. Il voulait que les droits de la communauté franco-ontarienne soient enchâssés dans la Constitution et il refusa de lâcher prise. Il vota selon sa conscience.
En 2005, un projet de loi présenté par l'honorable sénateur fut adopté par le Parlement. Ces amendements à la Loi sur les langues officielles rendirent exécutoire l'engagement du gouvernement fédéral à l'égard des minorités de langues officielles. Ainsi, il « donna des dents » à la loi, ce qui, de ce fait, vint arc-bouter les protections linguistiques.
Les francophones du Canada reconnaissent les efforts de ce parlementaire canadien, son dévouement extraordinaire à la sphère publique et tous les bienfaits qu'il a apportés.
Je me permets de reprendre les paroles de l'ancien ministre ontarien Bernard Grandmaître, qui a dit :
Des gens de la trempe de Jean-Robert Gauthier, il n'y en a pas beaucoup. Il sert déjà d'exemple et il va continuer à servir d'exemple. J'espère que d'autres vont continuer à faire vivre son héritage et à tenir son flambeau.
À Monique Gauthier et à sa famille, je tiens à exprimer mes plus sincères condoléances et mes plus profonds remerciements de l'avoir partagé avec nous.