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L'impact des démences sur la société canadienne

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Déclaration faite le 22 avril 2010 par la sénatrice Elizabeth Hubley

L'honorable Elizabeth Hubley :

Honorables sénateurs, j'aimerais remercier madame le sénateur Carstairs d'avoir attiré l'attention du Sénat sur la question de l'impact des démences sur la société canadienne.

La Société Alzheimer du Canada a publié récemment un rapport intitulé Raz-de-marée : Impact de la maladie d'Alzheimer et des affections connexes au Canada, qui montre nettement que les démences seront un fardeau de plus en plus important pour les personnes et la société dans son ensemble. Selon la société, en moins d'une génération, le nombre de cas d'Alzheimer ou d'affections connexes aura plus que doublé. Le nombre d'heures que les Canadiens consacrent chaque année à prendre soin d'un être cher passera de 231 millions à 756 millions. Ces familles vivent avec un énorme fardeau psychologique, physique et financier. Si on ne fait rien, ce fardeau continuera de s'alourdir.

Madame le sénateur Carstairs a très bien résumé le rapport et a recommandé des mesures à adopter lorsqu'elle a amorcé ce débat il y a quelques semaines. Je ne reviendrai pas sur les points qu'elle a soulevés. J'aimerais plutôt concentrer mon propos sur un segment extrêmement important de notre société, les Autochtones du Canada.

La première recommandation du rapport Raz-de-marée est d'accélérer les investissements dans tous les secteurs de la recherche sur les démences. Les collectivités autochtones auraient le plus à gagner d'une telle initiative. Il semble y avoir un manque de recherche sur les démences au sein des groupes autochtones. Il y a également un manque de statistiques fondamentales propres aux collectivités sur l'incidence et l'impact des démences. Pour l'heure, ces collectivités n'ont même pas fait l'objet des recherches les plus élémentaires.

Le rapport Raz-de-marée a quantifié les problèmes potentiellement grandissants liés aux démences pour les prochaines années. On prévoit que, d'ici 2038, le nombre de Canadiens atteints de démence va plus que doubler et dépasser un million de personnes. Honorables sénateurs, cela équivaut à toute la population de la Saskatchewan. Il ne faut pas s'en surprendre. Nous savons que la vieillesse est le plus important facteur de risque associé à la démence et que la population canadienne est vieillissante. On peut s'attendre à ce que le nombre de cas de démence augmente au fur et à mesure que la population vieillira.

Pourquoi, alors, n'avons-nous pas souvent entendu parler de la démence parmi les collectivités autochtones? C'est malheureusement un fait que la démence est un état associé à la vieillesse et que les Autochtone canadiens ne vivent tout simplement pas aussi longtemps que le reste de la population. Ils courent donc moins de risques de développer une forme de démence. Cela signifie-t-il qu'il y a moins de démence parmi les Autochtones? Pouvons-nous attribuer cela à l'espérance de vie? Nous ne le savons pas, parce que personne ne s'est encore penché sur cette question.

Une autre théorie avancée au sujet de la démence chez les Autochtones se rapporte à leur culture. Certains peuples autochtones considèrent en effet la démence comme une étape normale du vieillissement. La médecine occidentale considère la démence comme une maladie qu'il faut combattre. Dans certaines collectivités autochtones, la démence est simplement considérée comme une étape de plus dans le cycle normal de la vie. C'est pourquoi on ne signale pas toujours les cas de démence dans ces collectivités. Si on ne considère pas la démence comme une maladie traitable, pourquoi appeler le médecin?

Honorables sénateurs, ces réalités ne font que masquer un problème qui va s'aggraver dans les collectivités autochtones. En fait, selon le rapport Raz-de-marée, les cas de démence vont augmenter parmi la population en général au cours de la prochaine génération, et le problème sera encore plus important chez les collectivités autochtones.

Nous savons que le principal facteur de risque lié à l'apparition de la démence est l'âge. Les peuples autochtones ont pour ainsi dire évité ce problème en raison de leur espérance de vie plus courte, mais la situation change. Selon Statistique Canada, il y avait en 1975 un écart de 11 ans entre l'espérance de vie d'un Autochtone et d'un non-Autochtone au pays. En 2000, cet écart n'est plus que de 7,4 ans. Une étude réalisée en 2008 indique que l'écart était inférieur à cinq ans. Quant aux femmes, cet écart, qui était de presque 12 ans en 1975, est passé à environ six ans. L'espérance de vie des Autochtones augmente. La situation des Autochtones s'améliore par rapport à celle du reste du pays sur ce point, mais cette amélioration s'accompagne d'une augmentation des cas de démence. Ce qui était auparavant rare, simplement en raison de l'écart dans l'espérance de vie, deviendra un problème plus fréquent.

Que pouvons-nous déduire d'autre de ce que nous savons de la condition des Autochtones? Leur espérance de vie s'améliore, mais nous savons que les maladies courantes ne sont pas les mêmes chez les Autochtones et les non-Autochtones. Nous savons que les Canadiens autochtones ont plus de problèmes cardiovasculaires. Nous savons que la prévalence du diabète est plus élevée dans les collectivités autochtones. L'arthrite est aussi plus fréquente chez les Autochtones que dans le reste de la population, et le taux d'obésité y est également plus élevé. Donc, les maladies cardiovasculaires, le diabète, l'arthrite et l'obésité sont quatre problèmes plus fréquents dans les collectivités autochtones que parmi la population canadienne en générale. Or, ces quatre problèmes de santé sont également des facteurs de risque associés à la maladie d'Alzheimer.

Honorables sénateurs, vous pouvez comprendre pourquoi, à mesure que l'espérance de vie des Autochtones rejoint la moyenne nationale, on craint que les problèmes de démence ne deviennent encore plus fréquents chez les Autochtones que dans le reste de la population du Canada. Plusieurs des importants facteurs de risque relatifs à la démence sont plus courants dans les collectivités autochtones que dans le reste du Canada. Toutefois, les recherches sur la prévalence de la démence et de la maladie d'Alzheimer chez les Autochtones sont insuffisantes, et nous ne savons donc pas à quel point le problème est répandu.

Cependant, la Société Alzheimer du Canada a reconnu qu'on n'en savait pas suffisamment à cet égard et a créé un groupe consultatif d'accès aux Autochtones dans le but d'accroître les connaissances sur l'impact de la démence au sein des peuples autochtones. Le groupe veillera à réunir les éléments de recherche existants et les conclusions des travaux en cours et à orienter la recherche future sur cette question. J'ai hâte de voir les résultats de ses travaux.

En terminant, je remercie le sénateur Carstairs d'avoir soulevé cette importante question au Sénat.


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