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Nick Sibbeston

L Nommé au Sénat par le Très honorable Jean Chrétien, le sénateur Nick Sibbeston représente les Territoires du Nord-Ouest et la division sénatoriale Territoires du Nord-Ouest. Sa nomination remonte au 2 septembre 1999.

Discours et débats

Les Jeux olympiques d'hiver de 2010

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Déclaration faite le 27 mai 2010 par le sénateur Jim Munson

L'honorable Jim Munson :

Honorables sénateurs, je sais qu'il se fait tard, mais j'avais promis à Mme le sénateur Raine de prendre la parole sur son interpellation aujourd'hui. Nous avons eu aujourd'hui plusieurs désaccords ou divergences d'interprétation sur divers sujets, mais je pense que nous pouvons nous entendre en ce qui concerne l'interpellation du sénateur. Je prends la parole aujourd'hui pour faire part aux sénateurs de mes réflexions sur l'interpellation du sénateur Raine au sujet des Jeux olympiques d'hiver de 2010.

Notre collègue a fait remarquer, à juste titre, que ces athlètes olympiques sont une source d'inspiration en matière de condition physique et de santé pour les Canadiens, et surtout les jeunes qui étaient parmi nous tout à l'heure.

Les chiffres ne mentent pas, et nous savons que le Canada fait piètre figure en matière de condition physique. Il convient de rappeler ce que le sénateur Raine a dit : près d'un Canadien sur quatre est obèse.

De la même façon que l'on a sonné l'alarme quant aux dangers du tabagisme et à ses effets mortels, nous devons maintenant sonner l'alarme quant aux effets mortels de l'obésité et de la mauvaise forme physique. L'obésité cause des maladies chroniques, comme le diabète, qui durent toute la vie. À l'échelle mondiale, la sédentarité contribue chaque année à 2 millions de décès évitables.

Par ailleurs, il existe des données qui prouvent qu'il est possible d'enrayer cette épidémie d'obésité, et il faut commencer dès l'enfance. Pour être en santé, les enfants et les jeunes ont besoin de 90 minutes d'activité physique par jour, tous les jours. Or, un sondage canadien révèle que seulement 36 p. 100 des enfants dont l'âge se situe entre deux et trois ans et 44 p. 100 de ceux dont l'âge se situe entre quatre et cinq ans font régulièrement des activités physiques ou sportives non structurées toutes les semaines. Au Canada, moins du tiers des enfants vont à l'école à pied ou à vélo, et une seule province, soit le Manitoba, a rendu obligatoire l'éducation physique quotidienne pour les élèves de tous les niveaux jusqu'à la douzième année.

Que font les jeunes à l'intérieur s'ils ne jouent pas? Ils passent six heures par jour, en moyenne, les jours de semaine, assis devant la télévision ou l'ordinateur, et sept heures par jour les fins de semaine.

Que devrions-nous faire? Tout comme nous avons fait apposer sur les paquets de cigarettes des mises en garde sur les effets du tabac sur la santé, nous devrions insister pour qu'on imprime sur les écrans des télés, des ordinateurs et autres objets dotés d'écrans un message clair indiquant ceci : « Mise en garde : passer trop de temps devant un écran est mauvais pour la santé. Le manque d'exercice peut entraîner des problèmes de santé, dont l'obésité, le diabète, les maladies du cœur et la dépression ». Le Sénat a déjà mené une étude et publié un rapport sur la dépression.

Oui, la dépression. Nous savons que l'activité physique contribue à la santé du corps et de l'esprit. Je sais que les parties de hockey et de ballon-panier que je joue une fois par semaine avec mes amis contribuent énormément à mon bien-être physique et mental. Demandez-le à mon épouse!

On a découvert que l'activité physique contribue à prévenir la maladie d'Alzheimer. L'activité physique améliore la santé des enfants, mais elle les rend aussi plus heureux et meilleurs à l'école. En Ontario, une initiative visant à inciter les jeunes à faire plus d'exercice a donné lieu à une hausse de 36 p. 100 des points obtenus en lecture et de 24 p. 100 en mathématiques.

Les Nations Unies, l'Organisation mondiale de la santé, la Société canadienne de pédiatrie, l'Institut canadien de la recherche sur la condition physique et le mode de vie et la Fondation des maladies du cœur du Canada s'entendent pour dire que tous les écoliers devraient faire de l'exercice tous les jours. L'éducation physique à l'école s'impose, bien sûr, mais j'aimerais proposer autre chose pour les enfants, même si cela peut sembler dérisoire. J'aimerais défendre le droit des enfants à passer du temps, chaque jour, à jouer à des jeux non structurés, le droit des enfants à jouer dehors.

La plupart des enfants canadiens ne font plus cette activité ordinaire que nous faisions tous à un certain moment. Les écoles déploient de grands efforts pour atteindre de hautes normes d'excellence et, pour cela, elles ont raccourci ou éliminé les récréations. Souvenez-vous de l'époque où vous jouiez aux billes ou faisiez n'importe quoi dehors dans le froid. En passant, la récréation était ma matière préférée à l'école.

La récréation est très importante. Des études montrent que la récréation, en plus de contribuer à la forme physique, aide les enfants à rester concentrés une fois de retour en classe. Lorsqu'ils sont actifs, les enfants produisent de la dopamine, un neurotransmetteur qui contribue à la mémoire et à la capacité de régler des problèmes. Le fin mot de l'histoire, c'est que le jeu conduit à l'excellence.

Cela est particulièrement important pour les enfants atteints d'hyperactivité avec déficit d'attention dont le nombre, comme nous le savons, augmente. Pensez un peu au cas de James Watt. Plusieurs l'appellent l'inventeur du moteur à vapeur. Selon la légende, James rêvassait dans la cuisine de sa maison où la bouilloire était sur le poêle. En regardant dans le vide, il a constaté que le couvercle de la bouilloire se soulevait à mesure que la vapeur s'accumulait. Il a compris qu'il était possible d'utiliser la puissance de la vapeur et le reste, comme on dit, fait partie de l'histoire.

Demandons-nous si le jeune James aurait été capable d'une telle pensée s'il avait fixé un écran d'ordinateur ou s'il avait expédié ses devoirs afin de se rendre avec ses parents à un entraînement de soccer, puis à une leçon de violon où chez un copain à l'autre bout de la ville pour jouer. Tout est maintenant organisé.

Je parle de jeux non structurés. Soyons un peu imprudents, donnons un peu de liberté à nos enfants. Nous ne devons pas oublier qu'il est normal que les enfants s'ennuient un peu de temps à autre. Selon un rapport de l'American Academy of Pediatrics, les périodes non structurées aident les enfants à faire appel à leur créativité. Ils découvrent alors ce qu'ils aiment et ils ont le temps de perfectionner leurs aptitudes à la vie en société. Ils apprennent à régler des problèmes. Les enfants qui ont des périodes de jeu non structurées sont en général plus résilients.

Et peut-on penser au simple fait de se rendre à l'école à pied ou à bicyclette? Songez un peu à quel point les enfants seraient plus heureux et en meilleure santé et à quel point notre air serait plus pur et nos rues plus sûres si les enfants se rendaient à l'école à pied ou à bicyclette. Cependant, nous vivons dans un contexte où les parents se font tellement de souci pour la sécurité de leurs enfants qu'ils insistent pour les conduire en auto à l'école, même si le taux de criminalité est à son plus bas depuis des décennies.

Cette crainte liée à la sécurité de nos enfants est devenue malsaine. Songez aux terrains de jeu modernes. Vous n'y trouverez pas de bascule ni de carrousel. Ces installations sont jugées trop dangereuses, tout comme les grimpeurs et les glissoires dont la hauteur est de six pieds. Nous voulons créer un monde où aucun enfant ne risque de se blesser, mais nous créons aussi une génération d'enfants qui sont inactifs, qui ont un surpoids et qui ne vivent pas les aventures et les risques normaux, qui jouent un rôle si important dans l'enfance.

J'ai travaillé en étroite collaboration avec les athlètes des Jeux olympiques spéciaux et il fut une époque, il y a longtemps, où nous avions des noms terribles pour désigner les personnes présentant une déficience intellectuelle. On ne permettait pas à ces enfants de jouer ou de pratiquer un sport. Peut-on imaginer une telle situation? Ces olympiens spéciaux n'étaient pas autorisés à faire du sport. On en compte 32 000 au Canada et des millions dans le monde. Le Dr Frank Hayden, qui est un bon ami — nous l'appelons Dr Frank au sein du mouvement des Jeux olympiques spéciaux —, a convaincu Eunice Shriver, de la famille Kennedy. L'initiative a fonctionné dans les deux sens. Elle n'a pas été uniquement l'œuvre des Kennedy, elle a été lancée ici, dans notre pays. Un rapport a été présenté il y a longtemps, au milieu des années 1960, pour dire qu'il n'y avait rien de mal à permettre aux personnes ayant une déficience intellectuelle de jouer, de participer à des activités sportives et de faire partie de notre société.

Je pense que le reste de la société doit revoir sa position et permettre aux enfants de faire les mêmes choses.

Si les jeunes ne sont pas confrontés à des risques, comment vont- ils développer leur confiance et leur jugement? Aux États-Unis, certaines écoles ont banni le jeu de poursuite appelé « chat » et d'autres jeux où il faut courir, de crainte que les enfants tombent et se blessent. Il va sans dire que tout accident mortel ou grave qui survient sur un terrain de jeu est une tragédie, mais de tels accidents sont plus rares que les foudroiements. Dans nos efforts de prévention, nous sommes en train de créer une génération de jeunes qui ne peuvent faire une seule traction à la barre fixe, ni avoir la condition physique nécessaire pour une bonne séance de chat.

Honorables sénateurs, les recherches montrent clairement que les enfants qui n'ont pas l'occasion de jouer ne deviennent pas des adultes heureux et en santé. Je félicite le sénateur Nancy Greene Raine de son initiative afin que les Jeux olympiques servent d'inspiration pour améliorer la condition physique des adultes et des enfants. Ces jeux ont effectivement été une inspiration, tout comme les Jeux paralympiques. J'ai passé une semaine sur place.

Nous employons l'expression « À nous le podium ». Nous avons effectivement pris le podium d'assaut et c'était à la fois excitant et merveilleux. Cela dit, je pense que le moment est venu de revenir à l'essentiel. Nous avions déjà une terminologie particulière il y a longtemps avec ParticipACTION. C'était bien. J'ai encore mon tee- shirt orné d'une espadrille rose.

Je crois toutefois qu'il est temps que nous appliquions cette devise à nos terrains de jeux ». Il est temps que nous retournions sur les terrains de jeux du Canada : ceux derrière l'école ou au bout de la rue, ceux où tout le monde se rassemble l'été après le souper et joue jusqu'à ce que les lampadaires s'allument dans les rues.

Je rentre chez moi à pied. Toutefois, lorsqu'ils rentrent chez eux, la plupart des sénateurs sautent dans un taxi et descendent l'avenue Bronson jusqu'à l'aéroport. Il y a un petit parc juste avant le pont Bronson. Peut-être qu'un jour il y aura un parc à mon nom. Quoi qu'il en soit, il y a là un parc et il porte le nom du sénateur Eugene Forsey. C'est un charmant petit parc pour enfants. Il est toujours vide. Parfois, quand je passe devant, je vois les grilles fermées à clé. Je ne comprends pas cela. Le sénateur Forsey était un homme charmant qui a bien servi son pays, et quelqu'un a bien entendu eu l'idée de nommer un parc en son honneur. Ceux d'entres nous qui travaillaient dans les médias à l'époque parlaient souvent au sénateur Forsey, car ils ne comprenaient pas les rouages du Parlement. Ce parc est là, mais je n'y vois jamais qui que ce soit. Nous devons être plus proactifs.

Nous confinons nos enfants dans un cocon à l'intérieur de nos foyers. Nous croyons les protéger, mais je crois que c'est le contraire qui se produit; en restant à l'intérieur, nos enfants deviennent obèses.

En conclusion, j'appuie la proposition du sénateur Raine et je vais reprendre ses paroles :

[...] nous devons utiliser le système scolaire pour mettre en œuvre les programmes d'éducation physique nécessaires. Ces programmes doivent commencer à l'école maternelle et perdurer jusqu'à la douzième année.

Ce sont les paroles du sénateur. Cette proposition n'a rien de compliqué. Pour aider les enfants à devenir des adultes en santé, il faut s'assurer que les écoles offrent des cours d'éducation physique, limiter le temps que les enfants passent devant des écrans et les obliger à aller jouer et explorer à l'extérieur. Nous devons laisser les enfants jouer.


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