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L’enquête sur les femmes disparues en quête de soutien

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Publié par la sénatrice Mobina Jaffer le 06 juillet 2011

Il y a bien des années lorsque plusieurs femmes autochtones ont été portées disparues, leurs proches et collègues ont demandé l’aide de la police, mais malheureusement celle-ci n’a pas entendu leur appel.

À l’époque, nous avons tous gardé le silence. Après une foule de démarches, certains cas ont été portés devant des tribunaux, ce qui a permis à quelques familles d’avoir enfin accès à la justice. Malheureusement, il y a encore plusieurs autres familles qui continuent à ce jour de souffrir énormément, car leurs causes n'ont jamais été entendues par les tribunaux.

À l'époque, nous avons tous gardé le silence. Le procureur général a en fin de compte demandé la création d'une commission sur les femmes disparues. Celle-ci non seulement donnera l'occasion à ces familles d'exprimer leur peine mais répondra également à quelques-unes de leurs questions au sujet du manque de rigueur dans la protection de leurs êtres chers. Par ailleurs, la commission examinera le processus de coordination des enquêtes sur les affaires de femmes disparues et sur les multiples homicides perpétrés en Colombie-Britannique et recommandera des améliorations qui pourraient empêcher de pareilles tragédies de se reproduire.

Malheureusement, la Commission n'a pas été entièrement établie pour plusieurs raisons dont beaucoup sont d'ordre logistique. Garderons-nous tous le silence de nouveau? Refusera-t-on la représentation juridique aux familles des femmes disparues? Leurs cris continueront-ils à être ignorés?

Je félicite notre gouvernement pour avoir demandé une enquête publique afin de savoir si la disparition et la mort de plus de 65 femmes en Colombie-Britannique auraient pu être prévenues ou éclaircies plus tôt grâce aux méthodes d'enquête policière de haut niveau. En effet, il est difficile d'imaginer une question plus urgente que de savoir si la disparition des femmes les plus vulnérables de notre collectivité aurait pu être évitée. C'est une tragédie aux proportions épiques.

Wally Oppal, qui est à la tête de la Commission sur les femmes disparues, a recommandé que le gouvernement prenne en charge les frais juridiques de 12 groupes, qui selon lui ont un intérêt légitime dans les travaux de sa commission, mais Barry Penner, le procureur général, a malheureusement rejeté sa recommandation.

Le coût des enquêtes publiques doit assurément être pris en considération. Toutefois, il devrait y avoir un équilibre entre ces coûts et le besoin d'instaurer un processus équitable d'examen. La plupart des groupes d'intérêt sont des fournisseurs de service de première ligne qui n'ont ni les moyens ni la capacité de participer à l'enquête sans y être représentés. Il est irréaliste de penser que ces groupes pourraient procéder à des contre-interrogatoires techniques de témoins professionnels et examiner les centaines de milliers de documents sans l'aide d'un conseiller juridique.

C'est leur point de vue qui doit cependant être entendu si on veut éviter que la Commission ne commette les mêmes erreurs qu’aurait commises la police. Sans la présence de ces groupes, les preuves de la police ne seront pas passées au peigne fin, et le conseiller juridique de la Commission se retrouverait dans une situation intenable : maintenir l’équilibre entre le besoin d’avoir une enquête juste et celui d’être objectif.

Le gouvernement paie les frais d’un avocat qui représente les familles de 10 victimes présumées de Robert Pickton. Il soutient que les 12 groupes qui n’ont pas reçu de financement seront toujours en mesure de faire entendre leurs voix dans la phase d’ « étude » de l’enquête s’ils ne peuvent pas participer aux audiences de témoins. Mais ce n’est pas la vraie nature du problème.

Les 12 groupes et les femmes qu’ils représentent ont besoin et méritent qu’on leur donne l’occasion, par l’entremise de leurs représentants, d’avoir des réponses à leurs questions ignorées ou contournées depuis tant années. C’est le moins qu’on puisse faire pour eux. Leur refuser cette occasion signifie que beaucoup de questions demeureront sans réponses, et que nous ne nous rapprocherons aucunement de notre but : nous attaquer aux vrais problèmes auxquels se heurtent les femmes marginalisées qui vivent dans des collectivités pauvres.

J’exhorte publiquement la première ministre Christy Clark à réexaminer cette question. Ayant déjà présidée le Groupe de travail sur la violence familiale en Colombie-Britannique et siégée au Comité canadien sur la violence faite aux femmes, j’ai personnellement vu les situations de vulnérabilité dans lesquelles de nombreuses femmes autochtones se retrouvaient.

En tant que peuple compatissant et bienveillant, les Canadiens ont depuis longtemps reconnu la nécessité de créer des commissions d’enquête pour faire la lumière sur des affaires sociales et politiques inquiétantes. Dans la plupart des cas, elles ont contribué à cicatriser les plaies et à entraîner des changements positifs là où les lois étaient déficientes.

Il faut agir maintenant. Les familles des victimes souffrent depuis beaucoup trop longtemps. Aidons-les enfin à essuyer leurs larmes.


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