Restez en contact

facebook Forum des idées youtube flickr

Rencontrez

Art Eggleton

L La carrière publique du sénateur Art Eggleton s’étend sur plus de 35 ans, à l’échelon municipal, d’abord à la Ville de Toronto, puis à la Chambre des communes. Il a été nommé au Sénat le 24 mars 2005 par le Très honorable Paul Martin. Il représente la province de l'Ontario.

Publications

Asia bibi et la loi sur le blasphème

Plus sur...

Partager

Commentaires

Lisez les commentaires sur cette page ou ajoutez-en un.
Publié par le sénateur Céline Hervieux-Payette le 08 août 2011

J'ai besoin de toi ... Voici les mots d'Asia Bibi, une femme dont l'histoire a touché la vie de millions de gens et a remis à l’heure du jour le débat sur la liberté de religion et les droits de l’homme du Pakistan jusqu'à la l'Organisation des Nations Unies.

En tant que pratiquants catholiques, Mme Bibi et sa famille sont minoritaires à Ittan Wali, un village entièrement composé de musulmans. Cette réalité a créé de vives tensions entre elle et les autres femmes de son village.

Le 14 Juin 2009, elle a été accusé de blasphème par sa voisine pour avoir offert un verre d'eau à une femme qui semblait être en détresse. À ce moment, sa voisine a crié que la femme ne devait pas accepter le verre puisque Mme Bibi avait apparemment contaminé l'eau par sa confession religieuse. Pour ce «crime», elle a été sévèrement battue et ensuite emmenée au poste de police où le Mollah du village lui a donné deux choix: se convertir à l'islam ou mourir.

Son procès devant le tribunal régional de Nankana a été court et rapide. Pour le plus grand plaisir des trois mollahs qui étaient présents lors de la prononciation de la sentence, Asia Bibi est devenue la première femme condamnée à la peine de mort pour blasphème depuis le dernier siècle au Pakistan.

Les tensions religieuses ont continué au Pakistan avec l'assassinat du gouverneur musulman du Pendjab Salman Taseer et le ministre des Minorités religieuses Shabaz Bhatti, alors que ces derniers militaient pour modifier loi sur le blasphème au Pakistan. À ce jour, critiquer publiquement la loi sur le blasphème ou prendre la défense de Mme Bibi équivalent à un haut risque de mort. Toute réforme interne du système judiciaire pakistanais est impensable puisque les menaces de violence sont trop sérieuses, ce qui laisse la communauté internationale comme la seule voix capable d'exercer une pression sur la société pakistanaise.

J'ai entendu parler de l'histoire de Mme Bibi pour la première fois lors d'une réunion du Forum interparlementaire des Amériques (FIPA). Une association que j'ai fondée et présidée pendant 5 ans. Notre rôle est de promouvoir et de favoriser la démocratie, les droits humains et la coopération entre tous les États des Amériques.

Lors de cette réunion, l'histoire de Mme Bibi a grandement sensibilisé la Commission des femmes de FIPA, qui elle a décidé de déposer une motion exigeant la libération d'Asia Bibi sur la base des droits de l’homme conformément avec les principes énoncés dans la Déclaration Universelle des droits de l'homme dont le Pakistan est signataire.

Le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies a récemment adopté le commentaire 34, lui-même basé sur les recommandations du Centre Européen pour le Droit et la Justice suivantes: «puisque toute restriction à la liberté d'expression constitue une sérieuse entrave des droits de l’homme, il n'est pas compatible avec le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) qu’une sérieuse entrave soit incluse des lois traditionnelles, religieuses ou coutumières».

Le cas de Mme Bibi illustre bien les dangers de l'extrémisme religieux et l'intolérance mais aussi la façon dont la communauté internationale peut combattre le terrorisme et l'intolérance en faisant pression sur les pays délinquants en matière de droits de l’homme et de libertés religieuses.

Comme Human Rights Watch fait remarquer, les institutions du Pakistan souffrent d’un manque d'indépendance et leur cadre juridique actuel favorise l'extrémisme religieux plutôt que le respect des droits de l’homme. Si le Pakistan veut devenir une démocratie libre et ouverte il doit immédiatement commencer à réformer son système judiciaire et juridique. Le système judiciaire au Pakistan doit donc s’éloigner des chefs religieux, les militaires et les élites politiques. Par ailleurs, une meilleure formation doit être donnée à toutes les forces de l’ordre pour protéger les libertés religieuses et les droits de l’homme des citoyens plutôt que de les persécuter.

Deuxièmement, le gouvernement pakistanais doit immédiatement abroger la loi sur le blasphème et résister aux extrémistes religieux qui défient constamment les principes des droits de l’homme et de la démocratie en menaçant le Pakistan avec la peur et la répression. Le gouvernement Pakistanais a une obligation envers la communauté internationale en tant que membre de l'Organisation des Nations Unies et une responsabilité envers ces citoyens pour assurer le développement social et économique du Pakistan au 21e siècle.

Troisièmement, le terrorisme, l'extrémisme et la pauvreté peuvent être combattus avec un investissement sérieux et important dans l'éducation au Pakistan. Le taux d'alphabétisation du Pakistan est de 58% et plonge en dessous de 20% dans certaines communautés rurales. L’analphabétisme contribue à une croissance de la discrimination et facilite la propagation de l'extrémisme. Le Pakistan a besoin d'augmenter son contrôle sur médersa et superviser le programme d’enseignement afin d’assurer que son contenu n’aille pas à l’encontre du droit international et des droits de l’homme.

Enfin, les minorités religieuses doivent participer activement dans la société pakistanaise pour qu’ils puissent être reconnus et inclus au sein du gouvernement, la fonction publique, l’économie et la société civile.

Comme la communauté internationale augmente sa pression sur le Pakistan, nous pouvons seulement espérer qu'ils choisiront de s'ouvrir vers l'extérieur plutôt que de se fermer du reste du monde. Le sort du Pakistan en tant que société moderne repose entièrement sur sa capacité à réformer ses institutions et à épargner la vie d'une pauvre fermière sans instruction, nommée Asia Bibi.

Écrit par : L’honorable Céline Hervieux-Payette, c.p.
Sénateur, fondatrice et ancienne présidente de FIPA

Publications récentes

Les familles d’enfants autistes en crise : rien n’a changé

31 mars, 2014 | Par le sénateur Jim Munson | Le 2 avril est la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme. Le mois dernier, un comité spécial de l’Assemblée législative de l’Ontario a publié un rapport provisoire sur les services de développement en Ontario. Les recommandations finales seront présentées au gouvernement de l’Ontario en mai.

Reddition de comptes et transparence pour l’ensemble du Parlement

25 mars, 2014 | Par le sénateur Percy Downe | J’ai parlé à de nombreux Canadiens récemment et ils souhaitent plus de transparence et une meilleure reddition de comptes de la part du gouvernement. Ils ne veulent pas de slogans. Ils ne veulent pas de promesses. Ils veulent qu’on agisse, et comme le Sénat et la Chambre des communes sont le lien principal entre les Canadiens et le gouvernement, il est de notre devoir de répondre aux demandes de la population. Les temps changent. Les attentes changent. Les normes changent. Ce qui était acceptable il y a 20 ans ou 10 ans ne l’est plus maintenant.

Harper et le mythe de la création d’emploi

4 févr., 2014 | Par le sénateur Art Eggleton | Avec près de 46 000 Canadiens qui ont perdu leur emploi en décembre, force est d’admettre que l’économie ne se porte pas aussi bien que le prétend le gouvernement Harper. Même si on nous répète que non seulement notre économie va bien, mais que nous faisons figure de leader mondial à ce chapitre, ce n’est malheureusement pas le cas.

Agents libres chez les sénateurs d’Ottawa : le nouveau Sénat

4 févr., 2014 | Par le sénateur James Cowan | Mercredi, le Sénat est entré dans une ère nouvelle. Justin Trudeau a annoncé que les 32 sénateurs libéraux en exercice ne seraient plus membres du Caucus libéral national. Son but : contribuer à éliminer la partisanerie excessive qui a entravé le Sénat dans son rôle de second examen objectif. Il a promis aux Canadiens que lorsqu’il deviendra premier ministre, il mettra également fin au favoritisme dans les nominations au Sénat en mettant en place un processus public, ouvert, transparent et non partisan pour nommer et confirmer les sénateurs.

Arguments pour un Sénat non élu

30 janv., 2014 | Par le sénateur Art Eggleton | Les sénateurs canadiens expriment souvent leur frustration face au peu d’attention que suscitent leurs travaux — l’étude approfondie de politiques et le « second examen objectif » des mesures législatives présentées à la Chambre des communes.
« 1 2 3 4 5  ... »