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Le problème de pauvreté du Canada ne va pas se régler de lui-même

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Publié par le sénateur Art Eggleton le 30 novembre 2011

Il y a 22 ans, la Chambre des communes votait à l’unanimité pour l’éradication de la pauvreté infantile au Canada avant la fin de l’an 2000. Tous les partis avaient appuyé la motion; il semblait alors que nous étions enfin en mesure de veiller à ce qu’aucun enfant n’ait plus à vivre sans avoir suffisamment à manger ou sans avoir de logement. Toutefois, un nouveau rapport de Campagne 2000 révèle que, plus de deux décennies plus tard, 639 000 enfants vivent toujours dans la pauvreté. Ce nombre équivaut à un enfant sur dix. La situation des enfants autochtones est encore pire. Il est choquant d’apprendre que dans les réserves, un enfant sur quatre vit sous le seuil de la pauvreté. Le plus alarmant est qu’un enfant sur trois vivant sous le seuil de la pauvreté a au moins un parent qui travaille à temps plein.

Et si le nombre de Canadiens vivant encore dans la précarité n’est pas suffisamment inquiétant, les coûts associés à la pauvreté le sont assurément. On estime à l’heure actuelle que la pauvreté coûte au Canada au moins 24 milliards de dollars par année et que 20 % de tous les coûts de soins de santé sont directement attribuables à la pauvreté. Voyons les choses ainsi : un enfant qui vient au monde dans la pauvreté est plus à risque de mourir pendant son enfance et, s’il vit, il aura probablement un poids à la naissance inférieur et plus de handicaps. À mesure qu’il grandira, il souffrira de malnutrition et éprouvera des problèmes de santé. Il manquera plus de jours de classe et, lentement mais sûrement, il prendra de plus en plus de retard et entraînera des coûts considérables pour la société.

Si nous pouvions résoudre le problème dès le départ et empêcher les enfants de grandir dans la pauvreté, les gains réalisés tant sur le plan financier que sur le plan de la qualité de vie augmenteraient de façon spectaculaire.

Voilà pourquoi je prie ce gouvernement d’établir enfin une stratégie nationale à long terme viable afin d’éliminer la pauvreté au Canada. La stratégie doit mettre l’accent sur ce que le Conseil national du bien-être social qualifie de modèle d’investissement. Plutôt que de payer pour améliorer légèrement la qualité de vie d’une personne à court terme, nous devons investir dans des solutions à long terme. Comme on le dit si bien, le modèle d’investissement que nous appliquons actuellement « équivaut à obtenir la moitié d’une dose d’antibiotiques; l’infection disparaît quelque temps, avant de réapparaître, encore plus virulente ». Nous ne pouvons continuer ainsi.

En fait, nous ne sommes pas si loin de l’objectif, même en tenant compte des dépenses actuelles. Le dernier rapport du Conseil national du bien-être social indique que l’écart de pauvreté au Canada est de 12 milliards de dollars. Ce montant annuel représente ce qui serait nécessaire pour veiller à ce que chaque Canadien vive au-dessus du seuil de la pauvreté. S’il est vrai que l’investissement de départ pourrait être important, il reste que les gains réalisés à long terme surpasseraient de loin les coûts initiaux, compte tenu des milliards de dollars économisés annuellement en coûts associés à la pauvreté. 

Il est temps de cesser de panser le problème et de s’attaquer à ses causes profondes.

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