Publié par le sénateur Robert Peterson (retraité) le 23 avril 2012
Le Canada se classe au septième rang mondial quant à la superficie de ses sols arables et il est donc on ne peut mieux placé pour profiter du boom des ventes de produits alimentaires. Les Prairies pourraient ainsi devenir l’équivalent économique canadien de la Silicon Valley. Pourtant, malgré toutes ses belles paroles, le gouvernement conservateur est en train de gaspiller cette occasion économique.
La croissance démographique, l’expansion économique et l’évolution des régimes alimentaires dans les pays en développement sont à l’origine d’une croissance sans précédent de la demande pour les produits alimentaires, ce qui représente des occasions d’affaires phénoménales pour les puissances agricoles comme le Canada.
Selon les Nations Unies, la population mondiale atteindra huit milliards d’habitants en 2028, comparativement à six milliards en 1999. La FAO prévoit que l’apport calorique moyen des habitants des pays en développement augmentera de 40 %, passant de 2 020 à 2 800 calories par jour. En outre, les classes moyennes de ces pays commencent à prendre de l’ampleur.
Le Canada se classe au septième rang mondial quant à la superficie de ses sols arables et il est donc extraordinairement bien placé pour profiter du boom des ventes de produits alimentaires. Les Prairies pourraient ainsi devenir l’équivalent économique canadien de la Silicon Valley.
Pourtant, malgré toutes ses belles paroles, le gouvernement conservateur est en train de gaspiller cette occasion économique.
Au cours de leurs six années au pouvoir, les conservateurs ont tourné le dos pendant longtemps aux géants économiques de l’Asie parce qu’ils considéraient cette région comme une priorité « libérale ». Ils ont plutôt conclu des accords de libre-échange avec des pays qui, pris ensemble, représentent à peine 2 % de l’économie mondiale. Aujourd’hui, le Canada doit rattraper le temps perdu dans les marchés les plus importants de la planète.
Les conservateurs ont déployé énormément d’efforts pour éliminer le monopole de la Commission canadienne du blé, qui était la seule agence à pouvoir commercialiser le blé récolté dans les Prairies. Cette décision s’est avérée être un grand pas en arrière. Grâce à son envergure, la Commission générait des primes de 600 millions de dollars qu’elle remettait aux agriculteurs. Elle empêchait les guerres de prix entre agriculteurs et les protégeait contre le duopole ferroviaire. La Commission permettait également de maintenir l’excellente réputation de qualité du blé canadien qui permettait de le vendre à un prix supérieur sur le marché. Les États-Unis et nos autres compétiteurs étrangers détestaient la Commission – un signe indubitable de son succès –, mais son mandat a toujours été jugé légal dans toutes les contestations commerciales à l’échelle internationale.
Aujourd’hui, la Commission n’a plus ce statut monopolistique et l’avenir des agriculteurs n’est pas rose. Les multinationales attiseront la rivalité entre eux pour faire chuter les prix et amasseront des stocks de céréales lorsque les prix seront bas afin de pouvoir de les faire baisser encore plus. À preuve, les plans d’affaires des nouveaux venus – tant vantés par le gouvernement – reposent explicitement sur une baisse des prix des céréales.
Les conservateurs ont également passé beaucoup de temps à tergiverser quant à la façon de mieux réglementer les services ferroviaires. Le besoin est bel et bien réel. Les statistiques montrent que les agriculteurs et les entreprises céréalières n’obtiennent qu’une fois sur deux les services qu’ils ont demandés. Le problème s’étend à d’autres grands secteurs de l’économie, de la foresterie à la vente au détail. Malgré tout, les conservateurs promettent depuis six ans - six ans! – que leur examen des services ferroviaires mettra fin à ces flagrants abus de pouvoir sur le marché, mais cet exercice ne semble toujours pas mener à des actions concrètes. Au lieu de s’engager à présenter une loi que les Canadiens attendent depuis trop longtemps, les conservateurs n’ont rien d’autre à offrir que des belles paroles.
Le NPD, quant à lui, ne saurait guère mieux gérer l’économie. Il s’est opposé à tous les accords commerciaux jamais présentés au Parlement et préfère fermer nos portes au lieu d’en ouvrir de nouvelles à nos produits. Les agriculteurs canadiens se retrouvent donc avec bien peu de leadership au palier fédéral.
Comment le gouvernement peut-il aider les agriculteurs canadiens à profiter pleinement de cet envol de la demande pour les produits alimentaires? La réponse est simple : seul le Parti libéral saurait établir un équilibre permettant de percer de nouveaux marchés pour les produits alimentaires canadiens, d’adopter des lois sensées qui amélioreront les services ferroviaires pour tous les expéditeurs, et de protéger les intérêts de tous les agriculteurs du Canada. Il est grand temps que nous travaillions ensemble à prendre la place qui nous revient sur les marchés agricoles mondiaux!
Le sénateur Robert Peterson, de la Saskatchewan, est le porte-parole du Parti libéral en matière d’agriculture et d’agroalimentaire au Sénat.