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Le moment est venu de s’attaquer à la pauvreté

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Publié par le sénateur Art Eggleton le 09 août 2008

le sénateur Art Eggleton

En 1970, un comité sénatorial spécial, présidé par le sénateur David Croll, s’est penché sur la pauvreté au Canada.  Le rapport Croll, comme il fut appelé par la suite, a sorti la pauvreté de l’ombre et a porté l’attention du public sur un problème que bien des gens auraient préféré ignorer.  Comme ce rapport l’a très bien établi, toutefois, « Les pauvres n'ont pas choisi de vivre dans la misère. La pauvreté est une affliction pour eux et une honte pour notre nation entière. Ce sont les enfants des pauvres, combien nombreux, qui sont les victimes les plus déshéritées; pour eux, il reste encore moins d'espoir dans une société dont le système de sécurité sociale détruit dès le début le rêve d'une meilleure vie.»

Aujourd’hui, 38 ans plus tard, le défi que pose la pauvreté est toujours aussi présent et « l’horrible sous-culture de la pauvreté » décrite dans le rapport Croll demeure une réalité pour un trop grand nombre de nos concitoyens.

L’année dernière, le Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie a entrepris une étude approfondie des principaux problèmes sociaux auxquels sont confrontées les grandes villes canadiennes, en se penchant d’abord sur la pauvreté, le logement et le sans-abrisme.  Le comité a tenu sept séances et entendu 32 témoins représentant 20 organismes. Les témoignages entendus étaient vraiment consternants.

Malgré près de deux décennies de croissance économique sans précédent, une proportion incroyable d’un Canadien sur dix, soit plus de 3,4 millions de personnes, vit toujours dans la pauvreté.  Près du tiers des travailleurs canadiens à faible revenu ne gagnent pas assez d’argent pour simplement suivre la hausse du coût de la vie.  Pour ces gens, revenu insuffisant, logement inabordable, vêtements inadéquats et nutrition déficiente constituent la triste réalité de leur vie quotidienne.

Plus de 800 000 des personnes vivant dans la pauvreté sont des enfants. Il s’agit là d’un chiffre d’autant plus troublant que notre pays s’était engagé en 1989 à éradiquer la pauvreté chez les enfants d’ici l’an 2000.  C’est à peine si nous avons fait bouger les choses et une autre génération a été perdue aux mains du désespoir et des attentes envolées.

Même si la pauvreté est présente partout au pays, elle crée des problèmes particuliers en milieu urbain, car la population de notre pays se concentre de plus en plus dans les villes. En effet, quatre Canadiens sur cinq vivent dans des centres urbains comptant plus de 10 000 habitants.  Dans la majorité de ces centres urbains, le pourcentage de la population qui vit dans la pauvreté est supérieur à la moyenne nationale. 

La pauvreté urbaine est beaucoup plus qu’un simple problème urbain.  Elle constitue une menace grandissante pour la croissance et l’avenir de notre pays.  Comme l’a déclaré à notre comité la représentante de Centraide de la région du Grand Toronto, « ... des niveaux chroniques de pauvreté, la polarisation des possibilités d’emploi, la faiblesse des salaires et le caractère inabordable et impropre des logements dans les grandes villes constituent un défi fondamental pour l’avenir du Canada et la qualité de vie des Canadiens. »

À une époque où la concurrence pour le talent ne se fait plus simplement entre pays mais entre villes, les centres urbains sont devenus le point de mire de l’activité économique locale et, en fait, les moteurs de la prospérité nationale.  Régler les problèmes que posent la pauvreté, le logement et le sans-abrisme constitue donc à la fois une question morale et un impératif économique.

Une fois notre ronde de séances initiale terminée, il est devenu clair que nous étions confrontés à des réalités sociales et économiques bien différentes de celles constatées par le sénateur Croll dans les années 1970.  C’est pourquoi nous avons tenu d’autres séances et avons maintenant entendu plus de 90 témoins.   

Même s’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives ou soumettre des recommandations finales, sept dures réalités ont émergé : premièrement, les régimes canadiens de soutien du revenu sont mal en point et n’atteignent tout simplement plus leurs objectifs; deuxièmement, le fait de disposer d’un emploi ne suffit plus pour sortir les Canadiens de la pauvreté; troisièmement, trop de Canadiens n’ont pas accès à un logement adéquat et abordable; quatrièmement, le gouvernement fédéral n’a pas l’organisation interne voulue pour lui permettre de relever les défis liés à la pauvreté, au logement et au sans-abrisme; cinquièmement, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux n’ont pas d’organisation commune pour apporter une réponse coordonnée; sixièmement, les villes doivent participer à la réduction de la pauvreté; et septièmement, les programmes et les activités doivent être mieux pensés afin de permettre de réaliser ce pour quoi ils ont été conçus.

L’un des messages le plus souvent livré aux membres du comité a été l’importance du logement, qui constitue pour la plupart des Canadiens la plus importante source de dépense.  En tant que fondement de la vie familiale, le logement fournit la base d’avantages clés comme une meilleure santé, de meilleurs résultats académiques, une meilleure intégration à la communauté et une plus grande stabilité d’emploi. 

Pourtant, près de 30 p. 100 des familles canadiennes ont de la difficulté à trouver un logement abordable.  Ce défi est encore plus grand pour les femmes seules, 42 p. 100 des femmes chef de famille ayant de la difficulté à trouver un logement abordable.  Les adultes vivant seuls, les chefs de famille monoparentale, les personnes handicapées, les nouveaux immigrants, les membres de minorités visibles et les Autochtones consacrent souvent plus de la moitié de leur revenu au logement.

Les membres du comité ont entendu diverses suggestions créatives destinées à régler la question du logement abordable, y compris accorder des subventions ou des allocations au logement aux personnes dans le besoin, consacrer une partie du financement fédéral accordé au logement à des projets d’accès au logement abordable et créer des incitatifs fiscaux afin de favoriser la construction de plus de logements abordables.  Ces suggestions et bien d’autres se trouvent dans notre rapport intérimaire disponible à l’adresse http://senate-senat.ca/cities-villes.asp.

La prochaine étape des travaux du comité consiste à tenir des séances à divers endroits au pays et à rencontrer des personnes qui vivent dans la pauvreté.  Nous voulons savoir si les programmes et services existants leur viennent en aide ou si elles survivent simplement dans des ghettos à faible revenu, quelles leçons il est possible de tirer de leur expérience et comment nous pouvons faire une réelle différence dans leur vie et celle du pays.  Le comité devrait remettre son rapport final accompagné de recommandations d’ici six mois.

En 1961, le président Kennedy avait prévenu que « si une société libre ne parvient pas à améliorer le sort de la majorité des pauvres, elle ne pourra pas sauver la minorité des riches. »  Il avait compris qu’aucun pays, si puissant soit-il, ne peut ignorer le sort de ses citoyens les plus démunis; qu’aucun pays, si prospère soit-il, ne peut se permettre de renoncer à la contribution que pourraient faire des millions de ses citoyens si ceux-ci en avaient l’occasion.  Aujourd’hui, dans une économie mondiale, il est plus important que jamais de créer de telles occasions et de libérer la contribution créative de ceux qui sont enfermés dans la pauvreté. 

Mais les paroles ne suffisent pas.  Comme le sénateur Croll l’a souligné il y a plus de 30 ans, « les bonnes intentions n’ont jamais à elles seules été suffisantes pour alléger le poids de la pauvreté. »  Il avait raison.  Le temps est venu d’agir.  Il faut cesser d’inventer des excuses et commencer à apporter des changements. 

Le sénateur Art Eggleton est président du Comité permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie, et du Sous-comité sur les villes.


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