Publié par le sénateur David Smith le 01 avril 2008
En février, j’ai dirigé une délégation de trois sénateurs qui s’est rendue à Iqaluit, la capitale du Nunavut, située sur l’île de Baffin, dans le grand Nord. En 1999, les Territoires du Nord-Ouest ont été divisés en deux parties distinctes. Quand le Nunavut a été créé, ce qui restait des Territoires du Nord-Ouest a continué de s’appeler ainsi, et Yellowknife en est demeurée la capitale.
Iqaluit, appelée anciennement Frobisher Bay, est devenue la nouvelle capitale du Nunavut, qui comprend non seulement toute la partie est de l’Arctique, mais aussi les régions à l’ouest et au nord de la baie d’Hudson, où la première langue autochtone est l’inuktitut, celle du peuple inuit.
Puisqu’il y a deux sénateurs dont la langue maternelle est l’inuktitut, MM. Willie Adams et Charlie Watts, le Comité permanent du Règlement est présentement chargé de formuler des recommandations sur la mise en place d’un système par lequel ces deux sénateurs pourraient s’adresser tant au Sénat qu’à deux comités en particulier (Peuples autochtones et Pêches et océans) dans leur langue maternelle, et qui permettrait de fournir la traduction de leurs propos en français et en anglais à leurs collègues sénateurs.
L’Assemblée législative du Nunavut compte 19 députés, et on y offre l’interprétation simultanée de l’inuktitut à l’anglais et vice-versa. Des interprètes francophones nous ont accompagnés, et le jour de la présentation du Budget, au moment de l’allocution du ministre des Finances, toutes les délibérations ont été traduites dans les trois langues. La langue inuktitut (que certains appellent encore « eskimo » comme autrefois) est bien vivante au Nunavut. Environ 85 % de la population la parlent, et durant les déclarations des députés et la période des questions auxquelles nous avons assisté lors de notre passage à l’Assemblée législative, presque 90 % du dialogue était en inuktitut. Les enfants apprennent cette langue à l’école et écoutent des émissions en inuktitut d’origine canadienne ou diffusées par des chaînes du Groenland.
J’ai dirigé la délégation en ma qualité de vice-président du Comité permanent du Règlement, et les sénateurs Fernand Robichaud (Nouveau-Brunswick) et Bert Brown (Alberta) étaient aussi des nôtres. Le sénateur Willie Adams, qui représente le Nunavut, a été notre hôte. Malgré le grand froid (la température a atteint –40 degrés, ce qui est la même température en Celsius et en Fahrenheit), l’accueil a été très chaleureux.
Grâce aux relations établies et à l’information recueillie durant ce voyage ainsi qu’à des recherches en cours, nous sommes convaincus de pouvoir instaurer une période d’essai durant laquelle le Sénat du Canada pourra offrir les services de traduction nécessaires en faisant appel à une infrastructure pratique et économique qui respectera cette ancienne langue canadienne.