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L Un éducateur et avocat qui est très engagé dans sa communauté, le sénateur George Furey est l'un des citoyens les plus en vue de Terre-Neuve et du Labrador. Nommé au Sénat par le Très honorable Jean Chrétien, il représente Terre-Neuve-et-Labrador.

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L’histoire est-elle en train de se répéter?

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Publié par le sénateur Art Eggleton le 08 décembre 2008

Comme la crise économique s’aggrave, et que de nombreux Canadiens s'inquiètent au sujet de leur emploi, de leur retraite et de leur niveau de vie, il peut être utile d’examiner des périodes semblables de l’histoire canadienne. Peut-être pourrons-nous dégager des leçons des générations passées et nous en inspirer. 

La dernière grande crise économique de l’ampleur de celle à laquelle les Canadiens sont actuellement confrontés remonte à la grande dépression. Le 29 octobre 1929, connu sous le nom de mardi noir, la Bourse de New York s’est effondrée. Les investisseurs ont perdu des millions de dollars. Des petits épargnants ont perdu en un instant les économies de toute une vie. La Bourse de Toronto a suivi, entraînant dans sa chute des banques et des créanciers. Le revenu global des Canadiens a chuté de 50 p. 100 et le taux de chômage a bondi de 4 p. 100 à 27 p. 100. Plus d’un Canadien sur quatre était sans emploi.

Le gouvernement canadien a réagi mollement et trop tard. En 1930, le gouvernement était dirigé par le premier ministre Richard Bennett. Devenu millionnaire par ses propres moyens, Bennett avait une vision résolument conservatrice et anti-interventionniste en matière d’économie. Il a décidé de créer des camps d'assistance-chômage pour permettre aux hommes de recommencer à travailler. 

Dirigés par le ministère de la Défense, les camps payaient les hommes 20 cents par jour pour effectuer des travaux de construction dans les bois. Les hommes travaillaient, mais les salaires étaient bas, même en fonction des normes en vigueur pendant la dépression. Cette mesure n’a donc pas beaucoup aidé à stimuler l’économie canadienne. Les salaires ne permettaient pas de consommer à un rythme suffisant, ce qui a nui à la reprise des activités dans les entreprises canadiennes. Trois ans après l’ouverture des camps, les protestations contre les conditions de travail se sont soldées par l’émeute de Regina – l’épisode le plus violent des années 1930, au cours duquel un policier a été tué, des dizaines d’hommes ont été blessés et 130  ont été arrêtés. 

En 1935, Bennett a changé le cap de l’intervention gouvernementale. Le 2 janvier, dans son adresse radiophonique à la nation, il a affirmé que « [l]a réforme signifie l’intervention du gouvernement… Elle signifie la fin du laissez-faire. » À ce moment, les Canadiens en avaient toutefois assez, c’est pourquoi Bennett a perdu les élections de 1935 au profit de Mackenzie King.

Nous pouvons tirer de nombreuses leçons de cette page de l’histoire canadienne. Les gouvernements fédéral et provinciaux doivent agir de manière énergique en période de grave crise économique. Le gouvernement a un rôle à jouer pour protéger les Canadiens, pour protéger leurs emplois et pour leur permettre de toucher un salaire suffisant. Il a été démontré qu’un solide filet de sécurité sociale s’impose pour protéger les chômeurs en période de transition, de sorte qu’ils puissent répondre aux besoins de leurs familles et contribuer à l’économie canadienne. 

Tirons des leçons de notre passé et ne refaisons pas les mêmes erreurs.   

 

Art Eggleton est un sénateur libéral de Toronto. Il est membre du Comité permanent des finances nationales et président du Comité permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie. 


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