Publié par la sénatrice Sharon Carstairs (retraité) le 01 décembre 2008
Créé en 1976, le Comité des droits de l'homme des parlementaires de l'UIP aide les législateurs à représenter leurs électeurs librement, efficacement et sans courir de risques. Depuis sa création, le Comité s'est penché sur un grand nombre de cas impliquant plus de 100 pays. La sénatrice canadienne Sharon Carstairs a pris en juin 2007 les fonctions de présidente du Comité des droits de l'homme des parlementaires de l'UIP. Enseignante de profession, la sénatrice Carstairs a été la première femme nommée au poste de Chef de file adjoint du gouvernement au Sénat canadien, en 1997.
Javed Hashmi a été libéré au Pakistan après avoir passé quatre ans en prison pour des motifs politiques. Hussam Khader, membre du Conseil législatif palestinien, a été libéré au terme de six années d'emprisonnement, auxquelles un procès inique l'avait condamné, et six membres du Congrès national colombien ont été libérés des mains des FARC, l'un d'entre eux, Oscar Lizcano, après plus de huit années passées en captivité... Voici certains des cas de parlementaires — incapables d'exercer les devoirs parlementaires pour lesquels ils ont été dûment élus — ayant connu un dénouement heureux l'année dernière.
Le Comité se réjouit bien évidemment de la résolution de ces affaires, mais ne saurait oublier les autres parlementaires, originaires de 32 pays et dont le nombre dépasse les 300, dont les dossiers lui ont été remis et restent à ce jour sans solution. A l'heure actuelle, le Comité s'occupe du cas de parlementaires assassinés à Sri Lanka et au Liban, ainsi que de disparitions de parlementaires au Belarus, en Erythrée et au Rwanda. Personne ne sait si ces parlementaires sont morts ou vivants. Le Comité a été saisi du cas de parlementaires dont le mandat a été révoqué de façon sommaire, en Equateur et en République démocratique du Congo, par des tribunaux ne leur ayant pas accordé un procès équitable ainsi que, en Afghanistan, par des collègues parlementaires eux-mêmes.
D'autres législateurs ont continué à être arrêtés en Palestine avant d'être emmenés en Israël, où aucune information n'a été diffusée concernant les accusations dont ils font l'objet ni leur procès et aucune garantie donnée en matière de procès équitable. Des parlementaires ont été molestés et torturés au Zimbabwe sans qu'aucune enquête ne soit déclenchée pour arrêter les coupables, le fardeau de la preuve reposant sur la victime et non sur l'Etat. Ce ne sont que quelques uns des exemples que le Comité permanent de cinq membres, épaulés par cinq suppléants, examine tout au long de l'année. Les membres représentent les cinq groupes géopolitiques composant l'UIP. Le Groupe des Douze plus dispose de deux représentants, l'Asie-Pacifique, l'Afrique et l'Amérique latine se répartissant les trois autres. A l'heure actuelle, les membres du Comité sont originaires d'Algérie, de Belgique, du Canada, du Mexique et des Philippines. Quatre d'entre eux ont occupé des fonctions de ministre dans leur pays et tous ont été membres actifs de leur parti politique. Ils ont été tout d'abord choisis par leur groupe géopolitique, avant que leur candidature ne soit ratifiée lors d'une séance du Conseil directeur par l'ensemble des délégués. Tous se consacrent à faire ce qu'ils peuvent pour faciliter la vie des parlementaires de leur propre pays et du monde entier.
L'un des membres actuels du Comité, le sénateur Pimentel des Philippines, fait bénéficier le Comité de son expérience de parlementaire ayant lui-même été à quatre reprises jeté en prison pour s'être opposé aux activités du gouvernement de l'époque. Cette expérience directe est souvent précieuse pour examiner le cas d'autres personnes détenues dans des conditions similaires dans des pays dans lesquels l'Etat de droit n'est pas correctement appliqué.
Le Comité se réunit quatre fois par an pour une trentaine d'heures de discussion des différents cas lors de chacune de ces réunions. Il entend les élus en personne ou leurs représentants, ainsi que les représentants des parlements dont ils étaient ou sont encore membres. Le Comité cherche des solutions et rédige des rapports. Certaines affaires sont traitées sous le sceau de la confidentialité. Il s'agit de cas dont le Comité estime qu'ils avancent véritablement vers une résolution. D'autres sont rendus publics et soumis deux fois par an à l'approbation des membres du Conseil directeur. Il serait exagéré de dire que le Comité aime son travail. Comment pourrait-on aimer apprendre dans quelles situations terribles se trouvent, dans un bien trop grand nombre de pays, des collègues parlementaires ? Toutefois, l'ardeur au travail du Comité ne se dément jamais, car il a conscience que, dans un autre lieu ou à un autre moment, ses propres membres pourraient se trouver dans les mêmes difficultés. Je fais activement de la politique depuis 24 ans. C'est le travail le plus difficile et le plus important que j'aie jamais fait. Je dois admettre qu'avant de devenir membre de ce Comité, le travail d'autres parlementaires oeuvrant dans des conditions bien moins favorables que les miennes n'était pas une de mes priorités. Ce comité m'a appris à quel point il est important de tenir présent à l'esprit que nous appartenons tous à la communauté mondiale et m'a rappelé que je porte une responsabilité à l'égard de mes frères humains, et plus particulièrement de mes collègues parlementaires, qui s'efforcent de faire pour leur peuple ce que je fais pour le mien, à savoir faire de ce monde un monde meilleur.