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Un « second regard pondéré » sur la science et la technologie

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Publié par le sénateur Art Eggleton le 06 avril 2009

En période de difficultés économiques, il importe que le Canada soit à la fine pointe de la science et de la technologie.  L’innovation scientifique et technologique est justement ce qui peut permettre à notre économie de récupérer, à notre productivité et notre compétitivité d’augmenter, et c’est ce qui nous donnera la possibilité de résoudre des problèmes tels, notamment, ceux qui résultent des changements climatiques.

La science est aussi ce qui permet de pousser plus loin les limites du possible et de faire advenir des choses qu’on croyait n’être que du domaine du rêve.  De la découverte de l’insuline, qui a permis aux diabétiques de mener une vie normale, à l’identification des gènes liés à l’autisme et à la fibrose cystique, l’innovation scientifique au Canada a permis d’améliorer un grand nombre de vies.

Au cours des dix dernières années, le gouvernement fédéral a investi considérablement dans la recherche de niveau international et dans l’infrastructure des universités canadiennes, et a encouragé le secteur industriel à investir lui aussi en recherche et développement.  Pour que le Canada puisse continuer de faire bonne figure dans une économie axée sur le savoir, il doit continuer d’innover et doit rester à l’avant-garde du progrès technologique.

En 2007, le gouvernement fédéral a élaboré la stratégie Réaliser le potentiel de la science et de la technologie au profit du Canada afin d’orienter les investissements du gouvernement en science et en technologie. La stratégie établissait quatre secteurs prioritaires - science et technologie environnementale, ressources naturelles et énergie, santé et sciences de la vie, technologies de l’information et des communications – dans lesquels la recherche canadienne est déjà de calibre mondial et où le gouvernement estime devoir centrer les efforts. La stratégie a aussi pour but d’accroître l’investissement du secteur privé en recherche et développement, et d’augmenter le nombre des applications pratiques de la recherche au Canada.

Cette stratégie s’est retrouvée dans le collimateur récemment en raison de coupures budgétaires imposées aux principaux organismes canadiens qui financent la recherche au Canada : les Instituts de recherche en santé du Canada, le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada et le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada.  Sous prétexte d’« efficacité et de recentrage », ces trois groupes ont été priés de retrancher 148 millions de dollars de leurs budgets sur trois ans.

Ce geste du gouvernement fédéral n’avait rien de surprenant aux yeux d’une bonne partie de la communauté scientifique.  L’an dernier, le Comité sénatorial des affaires sociales, des sciences et de la technologie avait publié un rapport en réponse à la politique du gouvernement.  Il s’agissait d’un effort de bonne foi pour amener la communauté scientifique à mieux comprendre les tenants et les aboutissants de la stratégie du gouvernement. 

Le Comité pensait lui aussi qu’il fallait en priorité orienter les efforts vers la recherche de pointe pour que le Canada reste sur la brèche à l’échelle mondiale. Mais le Comité estimait que le gouvernement ne devrait pas financer exclusivement les quatre secteurs prioritaires mais conserver une certaine souplesse afin de soutenir l’excellence dans tous les domaines et faire progresser l’ensemble de notre structure scientifique.  Le Comité estime que le Canada possède des atouts à l’extérieur de ces quatre secteurs prioritaires, qui sont de calibre international et ont besoin d’être soutenus.  Par exemple, les robots Canadarm 2 et Dextre, qui sont aujourd’hui utilisés par la Station spatiale internationale, sont deux magnifiques projets de robotique qui n’auraient jamais vu le jour dans le cadre de l’actuelle stratégie puisqu’ils ne s’inscrivent pas dans l’un des quatre secteurs prioritaires ciblés.

Le Comité voyait les avantages qu’il y a à favoriser l’entreprenariat en misant davantage sur la commercialisation de la recherche scientifique, mais il estimait que cet objectif ne devait pas se réaliser au détriment de la recherche fondamentale. Or, comme la recherche fondamentale est une exploration, mue par la curiosité, l’intuition et les champs d’intérêt, elle n’offre souvent aucune garantie de gain commercial à court terme.  Mais c’est cette recherche qui conduit aux grandes idées et aux révolutions technologiques de demain, comme en témoigne la mise au point d’un nouveau test sérologique pour la détection du cancer de l’intestin.

Et puis, les théories qui se dégagent de la recherche fondamentale servent de fondement à la recherche appliquée. Ce sont les découvertes et l’information nouvelles issues de la recherche fondamentale qui alimentent l’activité commerciale en procurant des idées, des données et des compétences humaines qui font avancer la technologie et nous font progresser sur les marchés mondiaux. Une politique qui fait primer la science appliquée sur la recherche fondamentale est une politique à courte vue.

Le budget 2009 a injecté de l’argent en science, mais la plus grande partie de cet argent est allé à la construction de l’infrastructure scientifique. Si la recherche n’est pas suffisamment subventionnée, nous risquons de nous retrouver avec un tas de beaux immeubles dans lesquels il y aura de moins en moins de gens.

Le gouvernement doit aussi accorder plus d’attention à la réglementation et aux plafonds de crédit d’impôt du Programme de recherche scientifique et développement expérimental, qui accorde des incitatifs fiscaux aux entreprises canadiennes pour favoriser l’accès au capital-risque; il faut aussi travailler à normaliser avec les provinces et les établissements d’enseignement, les règles qui régissent la propriété intellectuelle.

Alors que notre voisin du sud injecte 25 milliards de dollars dans la recherche scientifique, il importe que le Canada reste dans la course.  J’estime qu’il faut prévoir un financement stable et à long terme pour bien asseoir la totalité de notre base scientifique. Nos scientifiques pourront ainsi lancer des projets à longue portée et le gouvernement montrera qu’il comprend la nature de leur travail. Ce serait aussi un moyen d’indiquer à nos scientifiques que nous voulons qu’ils restent au Canada, et un moyen d’attirer chez nous les meilleurs scientifiques du monde.  Le niveau de vie des Canadiens en dépend, il faut corriger ces lacunes pour que le Canada joue un rôle de chef de file dans l’économie du savoir du 21e siècle.  

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