Publié par les sénateurs David Angus, Grant Mitchell et Elaine McCoy le 13 juillet 2009
OTTAWA — L’un des plus grands défis que va se devoir de relever notre génération est de résoudre le problème combiné que constituent les pressions que subissent notre modèle énergétique actuel et l’ampleur des changements climatiques.
Définir la politique du Canada en la matière va susciter des débats publics qui décideront de notre avenir. Notre Comité, le Comité sénatorial permanent de l’énergie, de l’environnement et des ressources naturelles, se prépare à étudier, lors de la prochaine session d’automne, les problèmes que connaît le secteur de l’énergie.
Nous allons passer l’été à étudier les divers documents disponibles sur la question afin de mieux connaître les ressources énergétiques, et notamment en énergies de remplacement ou renouvelables, dont dispose le Canada, ainsi que le fonctionnement des différentes politiques et infrastructures énergétiques fédérales, provinciales et territoriales.
Nous nous intéresserons notamment aux politiques et aux marchés de fixation du prix du carbone qui se mettent peu à peu en place partout dans le monde. Nous nous intéresserons tout particulièrement aux principes régissant le système de plafonnement et d’échange que les États-Unis sont sur le point d’instaurer. Nos voisins ont décidé d’adopter une politique de fixation du prix du carbone fondé sur le plafonnement et l’échange, et nous souhaitons déterminer la meilleure façon, pour le Canada, de mettre en place un régime similaire qui puisse s’intégrer au régime américain.
Lorsque le Sénat reprendra ses travaux à l’automne, nous entendrons divers témoins et consulterons tout un éventail de Canadiens. Nous souhaitons entendre autant de points de vue que possible, des industriels aux scientifiques, en passant par les défenseurs de l’environnement et les représentants des gouvernements provinciaux et territoriaux.
Notre comité veut entendre ce que les Canadiens ont à proposer, et découvrir par lui-même le travail de ceux qui investissent dans les énergies de demain. Nous nous rendrons à Washington (D.C.) pour y rencontrer les décideurs américains et voyagerons à travers le Canada en vue d’y tenir des tables rondes et des réunions publiques dans le cadre de nos consultations. Nous publierions, au cours des deux prochaines années, plusieurs rapports assortis de recommandations sur ce que pourrait être, pour le Canada, un avenir énergétique durable.
Notre comité est unanimement conscient qu’il s’agit là d’un travail important, qui ne saurait attendre.
Nous nous dirigeons vers un monde où les émissions de carbone seront contrôlées. Afin d’atténuer les changements climatiques, nous devons apprendre à gérer nos émissions en gaz à effet de serre et changer la façon dont nous produisons l’énergie nécessaire à nos automobiles, à nos maisons, à nos entreprises et à nos industries.
Alors que les pressions sur le modèle énergétique actuel ne cessent d’augmenter, le Canada va devoir faire des choix difficiles. Comment devons-nous gérer nos exportations d’énergie? Devons-nous envisager un programme de sécurité énergétique Est/Ouest? Les ressources énergétiques canadiennes sont indispensables pour répondre à la demande mondiale en énergie, mais nous devons également réduire nos émissions de GES de façon draconienne : pouvons-nous faire les deux, et d’une façon qui assure notre prospérité future tout en garantissant notre sécurité environnementale?
Aux États-Unis, la Chambre des représentants a adopté la Loi Waxman-Markey, qui constitue une première étape, mais une étape importante, vers l’établissement d’un régime américain de plafonnement et d’échange afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre.
D’éventuelles dispositions « environnementales » protectionnistes, dans le cadre du système de plafonnement et d’échange américain, pourraient avoir de graves répercussions sur le Canada. Nous devons nous préparer à nous aligner sur les Américains, et ce, tout particulièrement, pour garantir la compétitivité de nos industries.
Trop longtemps, nous n’avons payé qu’une fraction du coût réel de l’énergie que nous consommions. Comme le disent familièrement les économistes, « on n’a rien pour rien », et nous commençons tout juste à payer le coût différé de l’énergie bon marché. Mais cette hausse des prix va également créer des occasions en or pour les sociétés et les entrepreneurs canadiens. Le développement de technologies liées aux énergies propres s’est déjà révélé payant, et cette tendance ne peut que s’accentuer.
Nous devons relever le défi de repenser toutes nos façons de faire. Les Canadiens se sont déjà attelés à la tâche, et c’est aux responsables publics et aux parlementaires de définir le cadre dans lequel pourront se développer ces innovations en matière d’énergie.
Le sénateur conservateur W. David Angus est le président du Comité sénatorial permanent de l’énergie, de l’environnement et des ressources naturelles. Le sénateur libéral Grant Mitchell en est le vice-président, et la sénatrice conservatrice-progressiste Elaine McCoy est une membre active du Comité.