Publié par le sénateur Grant Mitchell le 10 août 2009
L’énergie éolienne représente une bonne occasion de garantir l’avenir de l’énergie durable et abordable au Canada.
Alors que de nombreux pays prennent conscience de la pression qui pèse sur les systèmes d’énergie actuels et du fait que l’utilisation du carbone sera beaucoup plus limitée à l’avenir, l’énergie éolienne refait surface. Les États-Unis sont les meneurs mondiaux de la production d’énergie éolienne, mais la Chine les suit de près. En fait, la Chine a connu la plus importante expansion nationale sur le marché mondial de l’énergie éolienne.
Cependant, le Canada traîne derrière, tant sur le plan du développement des installations que sur celui du soutien à une politique sur l’énergie éolienne. Cela doit changer pour plusieurs raisons.
Les impératifs économiques mettent de la pression sur nos systèmes de production d’énergie actuels. L’administration Obama cherche obstinément à instaurer un système de plafonnement et d’échange, qui présente des risques sérieux pour la compétitivité des entreprises canadiennes. Notre capacité à exporter vers les États-Unis pourrait être limitée si nous ne respectons pas leurs normes d’émission. Le système américain de plafonnement et d’échange provoquera également la hausse des prix de l’énergie conventionnelle puisque ceux-ci commenceront à refléter le vrai prix du carbone.
Pour répondre aux défis économiques et environnementaux à venir, le Canada peut développer ses ressources éoliennes de classe mondiale, et il doit le faire.
De toutes les sources d’énergie renouvelable, le vent est le plus commercialisé, ce qui signifie que la technologie existe déjà, qu’elle est facilement accessible, et que des installations pour en tirer profit peuvent facilement être mises en place. La croissance du marché mondial de l’énergie éolienne entraînera davantage d’économies d’échelle. La technologie continuera de s’améliorer et les prix, de descendre.
L’énergie éolienne pourrait également nous aider à finalement réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Notre système d’électricité, quoiqu’il soit un émetteur moindre que celui des États-Unis, est tout de même responsable d’environ 17 % des émissions canadiennes totales. Bien que la moitié de l’électricité du Canada soit d’origine hydrolique – ce qui en fait un système électrique relativement propre – de nombreuses régions dépendent encore du charbon. Le fait de remplacer le charbon qui alimente les usines de production d’électricité par une source d’énergie renouvelable nous permettrait de réduire nos émissions de façon importante.
L’énergie éolienne peut diversifier notre économie, entraîner des revenus supplémentaires pour nos agriculteurs et revigorer l’économie des milieux ruraux.
Les cibles provinciales de production d’énergie éolienne combinent objectifs environnementaux et revitalisation du milieu rural. Le village de Murdochville, au Québec, est un bon exemple de municipalité rurale en déclin dont l’économie a été ravivée par les parcs éoliens construits sur ses pentes. En effet, en partie à cause de la politique provinciale, un certain pourcentage des pièces et des turbines d’un parc éolien doivent être fabriqués localement.
Les petits propriétaires fonciers et les agriculteurs peuvent tirer profit du développement de l’énergie éolienne en louant des portions de leurs terres aux promoteurs de projets d’énergie éolienne ou en mettant sur pied des projets communautaires qui visent à fournir de l’énergie au réseau électrique. Les agriculteurs peuvent recevoir jusqu’à 7 000 $ par année en redevances tout en continuant à exploiter la majeure partie de leurs terres.
Nous avons besoin d’un moyen bien ciblé d’améliorer le développement de nos ressources éoliennes de façon rentable. Les gouvernements ont un rôle à jouer dans le soutien de cet objectif, particulièrement en ce qui a trait à la création de programmes incitatifs efficaces. Un des obstacles auquel sont confrontés les promoteurs est l’incertitude du marché de l’énergie, incertitude que des initiatives comme le programme « écoÉNERGIE pour l'électricité renouvelable » peuvent contribuer à réduire.
Ce programme, quoique modeste au départ, a été exploité au maximum et il devrait manquer de fonds à l’automne. Contrairement à l’appui politique que les promoteurs de l’énergie éolienne reçoivent ailleurs, ici on ne prévoit pas renouveler le programme. Sans ce type de programme, il sera difficile de faire décoller l’industrie de l’énergie éolienne, en particulier lorsque les investisseurs comparent les marchés canadien et américain.
Le Canada est reconnu comme étant une puissance énergétique mondiale, mais qu’est-ce qui l’empêche de devenir un chef de file de l’énergie éolienne? Les impératifs économiques et environnementaux soulignent tous l’importance de l’énergie éolienne. Pour favoriser un système énergétique durable et abordable, le gouvernement doit réfléchir à long terme et offrir un meilleur soutien politique au développement de l’énergie éolienne au Canada.