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Copenhague doit être une occasion de faire preuve de crédibilité et de leadership

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Publié par le sénateur Grant Mitchell le 08 septembre 2009

L’initiative américaine de lutte contre le changement climatique nous impose dès maintenant l’obligation économique d’avoir un cadre opérant pour gérer nos propres émissions de GES.

En préparation pour le sommet de Copenhague, il faut que l’atténuation du changement climatique soit perçue comme un enjeu qui va au-delà de l’environnement. Le Canada est confronté à des défis économiques qui sont autant d’occasions de nous hisser parmi les leaders dans la lutte contre le changement climatique.

Les preuves sont nombreuses : le changement climatique bouleversera nos systèmes économiques et commerciaux contemporains, tant au pays qu’à l’échelle internationale, et nous devons ménager une transition vers l’économie du futur, où les émissions de carbone seront beaucoup plus limitées. Des études internationales sérieuses ne cessent d’ailleurs de prédire que le coût de l’inaction surpassera de loin celui des mesures prises rapidement pour réduire nos émissions.

Cet enjeu est peut-être même plus économique qu’environnemental. L’initiative américaine de lutte contre le changement climatique nous impose dès maintenant l’obligation économique d’avoir un cadre opérant pour gérer nos propres émissions de GES. Même si le projet de loi Waxman-Markey a été dilué, tout semble indiquer que le gouvernement Obama fera adopter sous peu une loi sur le plafonnement et les échanges.

Si le Canada ne dispose pas d’un système de plafonnement et de bourse du carbone sérieux compatible avec le système américain, nos industries et nos entreprises seront gravement désavantagées. En effet, lorsque les entreprises canadiennes seront forcées d’acheter des crédits pour répondre aux normes américaines, cet argent sera versé dans le marché américain des crédits de carbone, au profit des entreprises et des emplois américains. Pire encore, il est possible que les États-Unis invoquent le changement climatique pour dissimuler des mesures protectionnistes, en imposant des « tarifs verts » sur le contenu en carbone de nos produits.

En plus de ces défis, nos entreprises sont limitées simplement par l’incertitude causée sur le marché canadien par l’ambiguïté du gouvernement face aux règlements sur les GES. La plupart des entreprises conviennent de la nécessité de s’attaquer au problème des émissions, mais elles veulent savoir exactement à quoi s’en tenir du point de vue du règlement afin de pouvoir bien adapter leur mode de gestion. En retardant l’inévitable, le gouvernement rend un bien mauvais service à nos entreprises.

Trêve de mesures défensives! De nouveaux débouchés économiques émergent de la crise du changement climatique. De nouvelles technologies naîtront, stimulées par les règlements imposant des réductions. Les gouverneurs américains font déjà des pieds et des mains pour attirer dans leur État des constructeurs œuvrant dans les énergies de remplacement, comme les fabricants d’éoliennes. Les matériaux changeront pour répondre aux normes d’efficacité énergétique. La demande de captage et de stockage de carbone entraînera la création de grands chantiers aux quatre coins de la planète. L’économie d’énergie dans les transports ouvre de vastes perspectives d’innovation. Les bourses du carbone seront attirées vers les endroits où les technologies nécessaires à leur bon fonctionnement auront été découvertes et où elles seront gérées le plus efficacement dès le départ. De nouvelles économies émergeront et les premiers arrivés se tailleront la part du lion.

Le gouvernement a annoncé des cibles de réduction des émissions de GES d’ici 2020, de 20 % par rapport au niveau de 2006. Même si cette cible n’est pas appuyée par des données scientifiques, ce serait tout de même un début. Ce dont le Canada ne dispose pas, toutefois, c’est d’un moyen clair et détaillé pour les atteindre. Le règlement imposant des plafonds d’émission aux grands émetteurs a été retardé, et une fois qu’il sera adopté, il faudra du temps pour qu’il prenne effet dans tous les secteurs. Voilà ce qui prêtera à controverse lorsque le Canada siégera à la table des négociations à Copenhague.

Nombreux sont ceux qui prétendent que les mesures de lutte contre le changement climatique nuiront à notre économie. D’un autre côté, nul ne peut nier que si nous poursuivons notre inaction, nous allons lui nuire gravement. À moins d’agir rapidement de façon décisive, nous risquons de nous retrouver entre l’arbre et l’écorce : d’une part, le changement climatique peut causer des ravages, et d’autre part, nous ne serons pas en mesure de profiter des débouchés économiques qui se présenteront.

Notre crédibilité internationale est importante dans ce domaine. Nos principaux partenaires concentrent leurs efforts sur le changement climatique comme jamais auparavant. Même la Chine, qui se montrait autrefois évasive sur cette question, investit massivement dans les énergies nouvelles. Quant au Canada, il semble laisser aller les choses.

Copenhague représente une occasion de faire preuve de crédibilité et de leadership dans le dossier climatique sur la scène mondiale. Certains des plus grands moments de l’histoire canadienne se sont déroulés sur l’échiquier international en temps de crise. Le monde a besoin que le Canada prenne les rênes dans ce dossier; les Canadiens aussi.

 


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