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L Nommée au Sénat le 13 juin 2001 par le Très honorable Jean Chrétien, la sénatrice Mobina Jaffer représente la Colombie Britannique et la division sénatoriale Colombie Britannique. En 2005, elle figurait parmi les 100 femmes les plus influentes au Canada.

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Ramenons Omar Khadr au pays

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Publié par le sénateur Roméo Dallaire le 31 mars 2008

Citoyen canadien, Omar Khadr était un enfant soldat de 15 ans lorsqu’il aurait tué un militaire américain dans un échange de feu en Afghanistan. Là doit s’arrêter le débat sur son rapatriement. Que les gouvernements canadiens passés et actuel n’aient pas réussi à obtenir sa libération et son rapatriement en dit long sur l’hypocrisie d’un pays qui se targue de défendre les droits de la personne et de respecter le droit international.

 

C’est au Canada que les enfants soldats qui sont citoyens canadiens doivent subir leur procès en bonne et due forme et, surtout, être rééduqués après avoir été élevés de force dans l’extrémisme et la violence.

 

Tous les détails concernant les activités d’Omar Khadr en Afghanistan et sa capture par les Américains ne font que renforcer l’argument en faveur de son rapatriement. Omar se trouvait dans un fortin pris d’assaut par les forces américaines et a été frappé de deux coups de feu dans la poitrine pendant le raid. Après sa capture, il a été transféré dans l’infâme prison américaine de Bagram où il a été traité en combattant adulte et très probablement maltraité et torturé.

 

Depuis 2002, M. Khadr est interrogé sans relâche au sinistre camp de détention américain de Guantanamo Bay. Après des années d’incarcération, il a été accusé en février 2007 de crimes de guerre et de terrorisme devant un tribunal militaire que l’administration Bush a arbitrairement créé et continue de manipuler. Ce tribunal de fortune admet les déclarations obtenues sous la contrainte et cache des preuves éventuellement disculpatoires. En dépit des protestations internationales, M. Khadr sera le premier enfant soldat à être jugé pour crimes de guerre par un pays occidental, y compris les États-Unis.

 

Le gouvernement conservateur du Canada fait preuve d’un lamentable manque d’esprit de décision et d’efforts dans l’affaire Khadr. Ayant reconnu d’emblée qu’un procès en bonne et due forme était hors de question à Guantanamo, nos autres alliés ont vite plaidé avec succès en faveur de la libération et du rapatriement de leurs ressortissants. M. Khadr est aujourd’hui le seul citoyen d’un pays occidental encore incarcéré à Guantanamo.

 

Même si le Canada n’a pas de système établi à l’égard des enfants soldats, il peut en apprendre beaucoup de pays qui en ont un. Le Rwanda et la Sierra Leone, par exemple, pays que nous qualifions avec condescendance de sous-développés, utilisent à la fois la démobilisation, la justice pénale pour adolescents et la rééducation à l’égard des enfants soldats victimes de mauvais traitements et chargés de commettre des actes innommables.

 

Même en Afghanistan où la guerre bat son plein, des milliers d’anciens enfants soldats sont encadrés par des programmes de rééducation spécialement conçus par l’ONU. Ces programmes ont pour principe que, peu importe ce qu’ils ont fait pendant un conflit, les enfants soldats sont eux-mêmes des victimes incapables de prendre des décisions comme un adulte armé des notions conventionnelles de responsabilité et de culpabilité.

 

Malgré mes questions répétées au Sénat et les protestations de groupes de défense des droits humains au sujet du sort d’Omar Khadr, le gouvernement canadien reste sourd et aveugle à l’évidence. Il ne fait que débiter la même ritournelle : il « fait face à de graves accusations » et il « est traité humainement ».

 

Sur son statut d’enfant soldat, le gouvernement garde un silence scandaleux. Peut-être est-il intimidé par le fait que la présumée victime de Khadr était américaine. Ou peut-être ferme-t-il les yeux sur le sort d’Omar parce qu’il n’aime pas les vues politiques de sa famille. N’est-il pas ironique que le gouvernement ait fait des pieds et des mains pour endiguer l’indignation suscitée par les atteintes possibles aux droits humains des détenus afghans alors qu’il fait fit de ceux de M. Khadr, un Canadien?

 

La position du Canada dans l’affaire Khadr viole l’esprit du protocole de l’ONU sur les enfants soldats et tourne en ridicule les efforts que nous déployons dans d’autres dossiers de droits de la personne.

 

Le récent rapport Manley sur la mission du Canada en Afghanistan observe à juste titre que notre intervention là-bas « confère une dimension concrète à nos valeurs communes » et nous permet de jouer un rôle accru sur la scène mondiale. Si le courage et le professionnalisme de nos soldats en Afghanistan rehaussent bel et bien notre statut de puissance intermédiaire émergente, la façon dont le gouvernement gère d’autres dossiers nuit manifestement à notre crédibilité. Au Darfour, par exemple, nous tournons froidement le dos à notre responsabilité de protéger.

 

La communauté internationale observe tous les faux pas flagrants du Canada sur la scène mondiale et compare soigneusement nos paroles à nos actions. Si nous continuons d’accuser des écarts entre les deux, nous passerons bientôt pour le « méchant petit Canadien » -- hypocrite au sein de la communauté internationale et sans cœur au pays. Dans le cas d’Omar Khadr, nous risquons de passer pour les deux à la fois.

 

- Le lieutenant-général (ret.) Roméo Dallaire est sénateur libéral et ancien commandant de la Mission des Nations Unies pour l'assistance au Rwanda.


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