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Maria Chaput

L Experte-conseil, directeur, directrice adjointe, directrice général, auteur, et bénévole sont quelques-uns des rôles et des responsabilités occupés par la sénatrice Maria Chaput au cours de sa carrière. Nommé au Sénat le 12 décembre, 2002, elle est la première franco-manitobaine femme à siéger au Sénat.

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Publié par le sénateur Grant Mitchell le 04 février 2008

Le leadership est la question dont les conservateurs s’efforceront de faire l’enjeu décisif des prochaines élections fédérales. Or, ils ne seront pas en mesure de revendiquer quelque leadership que ce soit face à la crise des changements climatiques. Pourtant, cette question appelle un leadership éclairé à la hauteur de son importance historique et, si les sondages disent vrai, les changements climatiques devraient représenter la question dominante des élections.  

Toutefois, l’actuel gouvernement conservateur ne passera pas à l’histoire pour avoir exercé un leadership positif, ne serait-ce qu’un tant soit peu. Il laissera plutôt l’héritage peu glorieux de ses tactiques : l’intimidation, le contrôle et le musellement dont nous avons été témoins ces deux dernières années -  plus fréquemment ces deux derniers mois. L’intimidation et le contrôle trahissent l’insécurité et l’incompétence. Les bons leaders ne recourent pas à l’intimidation, car ils ont confiance de pouvoir diriger en persuadant et en inspirant. Ils ne contrôlent pas, car ils comprennent que la largeur de vues et le talent que suppose le gouvernement d’un pays vont au-delà de la largeur de vues et du talent d’une seule personne.

Souvent, ce sont des défis historiques qui révèlent les grands leaders. Churchill aurait peut-être été confiné à une note de bas de page dans l’histoire n’eût été de la Deuxième Guerre mondiale. La crise des changements climatiques est historique. Ce fait est avéré par la science et par l’observation que font les simples profanes des phénomènes climatiques, que les cyniques sont les seuls à contester.

Pour les cyniques, et ils sont nombreux au sein de l’actuel gouvernement conservateur, le haut-commissaire britannique au Canada a formulé un argument très persuasif. Même si le consensus sur les changements climatiques n’a jamais été aussi fort dans les milieux scientifiques, supposons ensemble, pour les fins de l’argumentation, qu’il n’y a que 50 p. 100 de chances que ces changements soient en cours et qu’ils résultent de l’activité humaine. S’il y avait 50 p. 100 de chances d’une attaque terroriste, voudrions-nous que notre gouvernement n’agisse pas ou très peu pour contrer cette menace?

Au lieu de s’attaquer à la crise des changements climatiques comme étant l’enjeu qui pourrait marquer son leadership, Harper a battu en retraite, proférant une litanie d’excuses, mais agissant très peu.

Stephen Harper a d’abord récité le mantra voulant que les libéraux n’aient rien fait pendant 13 ans. Sa réaction étrange à cette observation a consisté à ne rien faire lui-même, sauf abolir les programmes relatifs aux changements climatiques du gouvernement libéral précédent, en faisant valoir qu’ils étaient inefficaces. Lors de sa comparution devant le Comité sénatorial de l’environnement, la ministre de l’Environnement d’alors a admis qu’elle n’avait jamais mené à bien un examen de ces programmes, ce qui nous pousse à nous demander comment elle a pu constater qu’ils étaient inefficaces. (En fait, le Conseil du Trésor avait procédé à un examen dont il avait conclu qu’ils étaient très efficaces.)

Les pressions politiques se renforçant, Harper a tenté de redorer le blason de sa crédibilité en matière de changements climatiques en ramenant une version décimée des programmes libéraux. Son actuel ministre de l’Environnement ne cesse de promettre un programme complet, mais il n’en a pas encore fait l’annonce. Leur réaction récente à la Loi de mise en œuvre du Protocole de Kyoto, adoptée en 2007 (projet de loi C-288), représente un refus caractérisé d’honorer nos obligations de Kyoto, en dépit du fait que le Parlement leur a donné instruction de le faire.

En fait, le Plan vert libéral présenté par Stéphane Dion tout juste huit mois après sa nomination comme ministre de l’Environnement visait à réduire les gaz à effet de serre (GES) de 270 mégatonnes (1 mt =1,0 million de tonnes) par année, de 2008 à 2012, ce qui aurait permis au Canada de se conformer à son obligation de Kyoto. Même des écologistes indépendants ont concédé que le programme pourrait se traduire par une réduction d’au moins les deux tiers de ce volume de GES, et M. Dion aurait disposé de trois ans de plus pour améliorer encore davantage le respect des obligations de Kyoto.

M. Dion a agi dans un contexte politique beaucoup plus difficile que celui d’aujourd’hui. L’environnement ne dominait pas la liste des préoccupations des Canadiens et M. Dion a mené son action au nom d’un gouvernement minoritaire confronté à une opposition dirigée par M. Harper, qui avait déclaré que Kyoto était un complot socialiste visant à ruiner les économies occidentales. L’inaction totale du gouvernement Harper nous paraît encore plus flagrante aujourd’hui, à la lumière des éléments de preuve de plus en plus nombreux indiquant que cette question est au premier rang des préoccupations des Canadiens.

Stephen Harper a également soutenu que la lutte contre les changements climatiques aurait des effets néfastes sur l’économie. Fait intéressant, les conservateurs n’arrivent pas à la conclusion que les dépenses de milliards de dollars consacrées à l’achat de chars d’assaut, d’hélicoptères et d’avions de transport militaires nuiront de quelque façon que ce soit à l’économie. En fait, elles vont probablement stimuler l’économie. La réaction économique massive des Canadiens aux besoins créés par la Deuxième Guerre mondiale n’ont pas affaibli l’économie. Cet effort a jeté les bases d’une économie industrialisée moderne pour les générations à venir.

Il s’ensuit que les investissements nécessaires à la lutte contre les changements climatiques, pour soutenir de nouvelles technologies, des projets industriels et la recherche-développement, stimuleront l’économie, eux aussi. J’en veux pour preuve d’autres grandes interventions environnementales, comme la lutte contre les effets de CFC sur la couche d’ozone et contre les pluies acides. Les deux ont suscité de sombres prédictions de catastrophe économique, de perte d’emplois, de « récession due aux pluies acides » ou de banqueroute de secteurs d’activité. Rien de tout cela ne s’est matérialisé. L’expérience nous enseigne que les grandes initiatives environnementales sont beaucoup moins coûteuses et arrivent à bon port beaucoup plus rapidement que ce qui avait été prévu à l’origine.

Il est très instructif de constater que Harper ne fournit jamais d’exemples de vigoureuses politiques ou initiatives des entreprises dans le domaine de l’environnement qui portent atteinte à l’économie ou à des sociétés. Souvent, c’est l’inverse qui est vrai : manifestement, les dommages causés à l’environnement nuisent aux entreprises et aux économies.

Les témoins du secteur privé qui ont comparu devant le Comité sénatorial de l’environnement au printemps 2007 se sont montrés rassurants quant à l’atteinte des réductions des émissions. L’Association des produits forestiers du Canada a indiqué que ses membres avaient déjà ramené leur bilan carbone à 44 p. 100 de moins qu’en 1990, soit un progrès sept fois plus grand que l’objectif du Canada en vertu de Kyoto, qui était de 6 p. 100 sous les niveaux de 1990. L’Association canadienne des producteurs de produits chimiques a fait état d’une réduction jusqu’à 56 p. 100 de moins que les niveaux de 1990, neuf fois plus que les objectifs de Kyoto. Manufacturiers et Exportateurs du Canada a annoncé une réduction revenant à 7,4 p. 100 de moins que les niveaux de 1990, alors que la productivité s’est accrue de près de 50 p. 100.

Si nous maintenions le cap actuel, cela serait beaucoup plus susceptible de porter atteinte à notre économie que la recherche de réductions des émissions de GES. Au fur et à mesure que le monde se sensibilise aux incidences des changements climatiques, il va restructurer sa demande de produits qui émettent des GES. Une loi américaine, récemment signée par le président Bush, interdit aux organismes gouvernementaux d’acheter du pétrole « sale » et le pétrole extrait des sables bitumineux est considéré comme « sale » par ce texte de loi. Même si les conservateurs ne croient pas en la réalité des changements climatiques, le monde commence à y croire et les marchés sont s’ajuster en conséquence. Ces marchés présentent des possibilités et il est périlleux de les ignorer.

Stephen Harper fait fi des éléments de preuve nous indiquant que la lutte contre les changements climatiques ne sera pas aussi financièrement onéreuse qu’il voudrait nous le faire croire. Selon des témoins du secteur privé qui ont comparu devant le Comité sénatorial de l’environnement, le coût de l’atteinte de nos objectifs de Kyoto d’ici la fin 2012 s’élève à 30 milliards de dollars, soit 6 milliards de dollars par année, chiffre accepté par un sénateur conservateur lors du débat du printemps sur le projet de loi C-288. Cela représente moins de la moitié d’un pour cent du PIB annuel du Canada, qui est de 1,4 billion de dollars. Le coût de la réduction de 2 p. 100 de la TPS atteint 12 milliards

de dollars. En outre, rien n’indique que ce montant de 30 milliards de dollars représente un « coût » qui pèse sur l’économie. Il est davantage probable qu’il constitue un investissement qui la stimulera. Difficile de voir comment la lutte contre les changements climatiques aura des effets néfastes sur l’économie.

À la conférence du Commonwealth en Ouganda et à celle de Bali sur les changements climatiques, Harper a avancé un nouvel argument, à savoir qu’il est inutile que le Canada mettre en œuvre des réductions obligatoires des émissions si les grands pays émetteurs, particulièrement l’Inde, la Chine et les États-Unis, ne le font pas aussi. Cet argument a un vernis d’authenticité trompeur. Si Harper était sérieux, il exercerait des pressions évidentes (pour qu’elles soient portées à son crédit), particulièrement sur les États-Unis, afin qu’ils acceptent des réductions obligatoires des émissions. Mais rien ne nous dit qu’il veut lancer une véritable campagne diplomatique à l’endroit des États-Unis. Il n’y a pas d’indice de hauts fonctionnaires négociant des programmes coordonnés. Harper n’a pas rencontré le président des États-Unis pour l’amener à accepter des objectifs de réductions obligatoires des émissions. Certes, nous n’aurions probablement pas pu remporter la Première et la Deuxième Guerre mondiales sans les États-Unis, mais le fait de nous être engagé trois ans avant eux dans chaque cas a facilité la victoire une fois que les États-Unis sont entrés en guerre.

Pourquoi les conservateurs ne font-ils rien de substantiel pour contrer les changements climatiques? Parce ce que ces conservateurs républicains de la droite pure et dure ne considèrent pas que le gouvernement a un grand rôle à jouer légitimement; ils n’arrivent tout simplement pas à comprendre qu’ils ont la responsabilité d’être les meneurs de nos concitoyens dans ce combat. Peut-être se disent-ils que si cette question des changements climatiques intéresse grandement la population, alors c’est à cette dernière qu’il revient de s’y attaquer. Cela revient à dire que si la population croyait qu’il importait de gagner la Deuxième Guerre Mondiale, alors c’était à la population de s’en charger, comme si on pouvait y parvenir sans un gouvernement qui inspire et mène l’action collective.

Le Canada compte une tradition qui consiste à ce que les pouvoirs publics œuvrent de concert avec les entreprises, les chercheurs et d’autres pour relever des défis, de la construction du chemin de fer à l’exploitation des sables bitumineux. Selon une opinion largement répandue, les technologies permettant de régler le problème des émissions de GES existent, mais nombre d’entre elles ne sont pas rentables. Imaginez un gouvernement fédéral capable de former des partenariats avec des entreprises, d’autres gouvernements et des établissements de recherche pour cerner, disons, cinq technologies pouvant faire des percées, et un gouvernement fédéral capable de se consacrer à leur viabilité. Dans ce contexte, je pense à la captation et au stockage du carbone.

Les gouvernements libéraux ont compris que les pouvoirs publics ont un important rôle à jouer pour insuffler un leadership dans la société lorsque de grands défis se posent. Ce n’est pas le cas des conservateurs. Stéphane Dion est le premier leader canadien animé de l’engagement et possédant la crédibilité qui sont nécessaires à une lutte efficace contre les changements climatiques et qui a une chance de devenir premier ministre. Les prochaines élections fédérales offrent nettement l’occasion de faire un choix de valeurs et le choix que feront les Canadiens aura des répercussions considérables.

 


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