Publié par le sénateur Céline Hervieux-Payette le 20 novembre 2009
Le rôle que l’État doit jouer dans la vie des Canadiens a fait l’objet de nombreux débats au fil des ans. Ces débats ont permis de conclure que l’État à l’obligation morale d’aider tous les citoyens, et cette obligation s’applique tout particulièrement aux membres de la société les plus vulnérables, notamment les enfants.
Les scientifiques ont prouvé à maintes reprises que les enfants entre 2 et 12 ans traversent une période de développement critique qui aura une incidence sur les adultes qu’ils deviendront. Pour cette raison, nous devons repenser les comportements que notre société juge acceptables pour élever les enfants et développer leur plein potentiel.
Les parents ne sont pas souverains dans leur façon de traiter un enfant, un conjoint ou un membre de la famille. Les enfants sont des êtres humains qui ont droit aux mêmes privilèges que leurs parents, notamment le droit à la vie, à la liberté, et plus important encore, à l’intégrité physique.
La société doit examiner de plus près les nouveaux rôles que les parents doivent assumer et qui résultent d’une récente prise de conscience. Et c’est cette prise de conscience qui me pousse à utiliser mon rôle de législatrice pour proposer des modifications aux méthodes éducatives traditionnelles. Le projet de loi S-209 que je propose pour protéger les enfants ne criminalisera jamais les parents mais cherche à les aider dans la recherche d’une éducation non violente. C’est pourquoi ce projet de loi prévoit une période de sensibilisation avant son entrée en vigueur.
Le recours aux valeurs religieuses comme l’éducation, le pardon, le respect et la compassion doivent nous permettre de créer une société plus harmonieuse. Ces valeurs sont représentées dans le projet de loi S-209 et reflètent une vision nouvelle de l’enfant dans nos sociétés modernes.
Le 20 novembre 2009 marquera le 20e anniversaire de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant. Nous devons profiter de cette occasion pour adopter le projet de loi S-209. Le Canada a signé cette Convention, mais il ne fait pas suffisamment d’efforts pour protéger les enfants contre la violence éducative. Il est urgent de prouver non seulement à la communauté internationale que le Canada est fidèle à sa réputation en matière de droits humains, mais aussi de prouver à nos enfants que le Canada veille à ce qu’ils puissent développer leur plein potentiel.
Le Canada a beaucoup appris d’autres pays en matière de droits des enfants, notamment ceux qui ont adopté des lois semblables au projet de loi que je propose. Ces pays ont réussi à légiférer les comportements sans toutefois compromettre le droit des parents d’éduquer leurs enfants en les incitants à une éducation positive.
La relation parent-enfant au Canada doit changer; le projet de loi S-209 doit servir de fondation pour protéger davantage les droits des enfants. On ne peut arriver à une société harmonieuse sans méthodes éducatives pacifiques. Il ne faut jamais oublier que les enfants d’aujourd’hui seront les parents de demain et qu’il revient aux adultes d’adopter les comportements qu’ils espèrent que leurs enfants reproduiront un jour.