Publié le 19 juin 2008
Ottawa, le 19 juin 2008 – Hier soir, le Sénat a adopté la motion du Sénateur Roméo Dallaire demandant au gouvernement du Canada de négocier avec le gouvernement des États-Unis le rapatriement immédiat du citoyen canadien et ancien enfant soldat Omar Khadr détenu dans la prison de Guantánamo.
La motion déposée le 1er mai dernier par le sénateur et général à la retraite exhorte le gouvernement du Canada à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer le rapatriement et la réhabilitation d’Omar Khadr en vertu des obligations internationales de notre pays relativement aux droits des enfants dans des conflits armés, notamment le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l'enfant, et concernant la participation des enfants aux conflits armés.
« Le Sénat, en tant qu’une des deux chambres représentatives et législatives du Canada, envoie aujourd’hui un message clair au gouvernement : ramenons Omar Khadr à la maison maintenant » a affirmé le sénateur Dallaire.
« Je suis très fier de mes collègues du Sénat d’avoir pris la position de principe que le Gouvernement du Canada ne peut continuer à donner son consentement alors qu’un de ses citoyens est en train de devenir le premier enfant soldat au monde à être jugé pour crimes de guerre. Il est évident que le rapatriement est la seule option qui garantira la protection des droits d’Omar Khadr», a-t-il ajouté.
Le Canada a adopté il y a longtemps une position de principe concernant les droits des enfants à l’échelle internationale. En juillet 2000, il a été un des premiers pays à ratifier le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant, et concernant la participation des enfants aux conflits armés.
Omar Khadr, qui était âgé de 15 ans au moment de sa capture, est le seul citoyen occidental encore détenu à Guantánamo. Au-delà du cas d’Omar Khadr, l’inaction du Canada a des ramifications internationales profondes pour les 300 000 enfants soldats utilisés dans des conflits à travers le monde. La Représentante spéciale de l’ONU pour les enfants et les conflits armés, Radhika Coomaraswamy, a mis en garde que la poursuite judiciaire d’Omar Khadr crée un dangereux précédent en droit international qui pourrait mettre en danger tous les enfants soldats en zones de conflits.
« L’inaction du Canada dans le cas de Khadr compromet notre réputation comme défenseur des droits de la personne et de la justice ici et à travers le monde » a conclu le sénateur Dallaire.